Les ri­ve­rains ex­cé­dés par les ex­cès de vi­tesse

Alors qu’un nou­vel ac­ci­dent a été dé­plo­ré sur l’axe re­liant Elbeuf à Orival, le 5 oc­tobre, les ri­ve­rains dé­plorent la vi­tesse ex­ces­sive de nom­breux au­to­mo­bi­listes sur cette route très fré­quen­tée.

Le Journal d'Elbeuf - - La Une - Guillaume VERDU

Le mu­ret fait de la peine à voir. Lar­ge­ment ébré­ché en son mi­lieu, vi­dé d’une par­tie de ses briques tom­bées en contre-bas, le pe­tit édi­fice si­tué le long de la route d’elbeuf, à Orival, au pied d’une vieille mai­son cô­té Seine, ne semble plus pou­voir pro­té­ger grand-chose.

« À 50 km/h, on se fait klaxon­ner »

Ce pe­tit mur est l’une des vic­times du der­nier ac­ci­dent de la route sur­ve­nu sur cet axe, le 5 oc­tobre. Un de plus, sur cette RD938 si fré­quen­tée (plus de 18 000 vé­hi­cules par jour) re­liant Elbeuf et Rouen, sillon­nant entre le lit du fleuve et les fa­laises de cal­caire. Ce jour-là, une BMW s’était dé­por­tée sur la gauche de la chaus­sée et avait per­cu­té deux voi­tures cir­cu­lant en sens in­verse. L’ac­cro­chage n’avait heu­reu­se­ment pas fait de bles­sé grave mais avait in­ter­rom­pu la cir­cu­la­tion pen­dant plus d’une heure.

Pas de quoi sur­prendre les ha­bi­tants de cette rue, ha­bi­tués au chant des si­rènes des pom-

piers et au ma­nège des po­li­ciers qui dé­blaient la chaus­sée. « Ce­la fait plus de soixante ans que

j’ha­bite ici, j’ai dé­jà vu une quin­zaine de morts », se déses­père une ri­ve­raine. « Le pro- blème, c’est que beau­coup de conduc­teurs ne res­pectent pas le code de la route » , pour­suit un autre ha­bi­tant de la rue, qui pointe la vi­tesse ex­ces­sive de nom­breux vé­hi­cules.

« Se­lon la pré­fec­ture, ce n’est pas une zone ac­ci­den­to­gène »

De quoi faire vivre un en­fer aux ha­bi­tants de la rue d’elbeuf, sou­vent in­com­mo­dés par le bruit. Et qui sur­tout se sentent en in­sé­cu­ri­té quand ils mettent le pied de­hors, par­ti­cu­liè­re­ment aux heures de pointe. « Par­fois, on met dix mi­nutes pour tra­ver­ser la route », dé­plore l’un d’eux. Même dé­lai au mo­ment de sor­tir sa voi­ture de chez soi. « Il faut être très pru­dent car il y a des fous qui roulent très vite, ex­plique un autre ri­ve­rain. Pour preuve, quand on est à 50 ki­lo­mètres à l’heure (la vi­tesse maxi­male au­to­ri­sée, NDLR), on se fait par­fois klaxon­ner. »

Et ce ne sont pas les ra­dars pé­da­go­giques, ins­tal­lés par la mu­ni­ci­pa­li­té d’orival en 2009, qui changent les com­por­te­ments. « Il y a peu, j’ai failli me faire fau­cher alors que je par­tais tra­vailler, peste un ha­bi­tant de la rue, qui en­vi­sage de

dé­mé­na­ger. Un au­to­mo­bi­liste ar­ri­vait très vite, le por­table à l’oreille. Heu­reu­se­ment qu’il a don­né un coup de vo­lant pour évi­ter le trot­toir au der­nier mo­ment, si­non… »

« Je n’ai pas de so­lu­tion ma­gique pour ré­gler le pro­blème, lance Da­niel Du­chesne, maire d’orival. La mé­tro­pole de­vrait ins­tal­ler une si­gna­li­sa­tion pour rap­pe­ler qu’il est in­ter­dit de dou­bler dans cette rue, sauf les vé­hi­cules lents. De toute fa­çon, quand il s’agit de vi­tesse, on n’ar­ri­ve­ra ja­mais vrai­ment à so­lu­tion­ner to­ta­le­ment. »

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