Ma­nu Lo­ren­té nous a quit­tés

Après Ro­land Ma­rie, c’est une autre fi­gure em­blé­ma­tique du noble art qui a quit­té le ring. Ma­nu Lo­ren­té est dé­cé­dé le 6 oc­tobre, à l’âge de 78 ans.

Le Journal d'Elbeuf - - La Une -

« Je veux mou­rir au so­leil ! », avait confié Ma­nuel Lo­ren­té - Ma­nu pour tous - à son ami Pa­trick Bailli­vet. Il est dé­cé­dé le 6 oc­tobre à Sal­ly, au Sé­né­gal. « Il s’était re­ti­ré au Sé­né­gal de­puis le mois de jan­vier, un pays qu’il af­fec­tion­nait tout par­ti­cu­liè­re­ment », pour­suit l’ar­bitre na­tio­nal (membre de la Com­mis­sion Na­tio­nale des Of­fi­ciels de la FFB). Ma­nu ve­nait de souf­fler ses 78 bou­gies, le 13 sep­tembre.

La boxe était une de ses pas­sions. Ma­nu connais­sait tout de cette dis­ci­pline spor­tive exi­geante. Il a tout fait : boxeur, en­traî­neur, ar­bitre et dirigeant (pré­sident du co­mi­té dé­par­te­men­tal 76). Il a si­gné sa pre­mière li­cence en 1954 au ring de la Val­lée de Notre-dame-de-bon­de­ville. En 1962, de re­tour de son ser­vice mi­li­taire en Al­gé­rie, et après cinq sai­sons chez les ama­teurs, Ma­nu prend une li­cence pro à Rouen. À la fin de cette même sai­son il re­tourne à son club de la Val­lée comme en­traî­neur.

Avec l’ar­bi­trage, Ma­nu prend toute sa di­men­sion, il gra­vit tous les ni­veaux de la hié­rar­chie pour di­ri­ger les com­bats ama­teurs en cham­pion­nats de France, d’eu­rope, du monde, et des ren­contres in­ter­na­tio­nales. L’ar­bi­trage lui a per­mis de voya­ger aux quatre coins du globe. Seuls les Jeux Olym­piques ne fi­gurent pas au pal­ma­rès de cet ar­bitre in­ter­na­tio­nal in­tègre. « Un coup de gueule lors des cham­pion­nats du monde ama­teurs de Mu­nich m’a cer­tai­ne­ment pri­vé de ma sé­lec­tion aux

JO de Los-an­geles en 1984. J’ai cer­taines va­leurs sur les­quelles je ne tran­sige pas… Faut pas tou­cher à la boxe. J’ai tou­jours gar­dé mon in­té­gri­té » , nous confiait-il, il y a quelques an­nées. Son ca­rac­tère bien trem­pé lui a va­lu quelques ini­mi­tiés au plus haut ni­veau fé­dé­ral. Mais aus­si et sur­tout de so­lides ami­tiés. « C’est mon pa­pa dans la boxe »

Vi­sion­naire, c’est lui qui fut à l’ori­gine du Ring de l’ag­glo­mé­ra­tion El­beu­vienne.

« Il m’a don­né l’en­vie d’ar­bi­trer. Il m’a bien mis en route. Je l’ap­pré­ciais beau­coup. Il était droit dans ses dé­ci­sions. Il m’a ai­dé bé­né­vo­le­ment dans l’or­ga­ni­sa­tion du pre­mier ga­la de boxe dans

l’en­ceinte du centre de dé­ten­tion des Vi­gnettes » , se sou­vient Ro­bin Dol­pierre, ar­bitre in­ter­na­tio­nal.

« C’était mon pa­pa dans la boxe ( sic). Il in­car­nait la droi­ture, le res­pect, la gé­né­ro­si­té… Il m’a fait confiance dès le dé­but. Il avait dé­ci­dé pour moi ce que je suis de­ve­nue. Ce qu’il m’a ap­pris reste en moi. Trans­mettre était sa mis­sion » , ex­plique Sé­ve­rine Gos­se­lin, ar­bitre in­ter­na­tio­nale, pré­si­dente de la Com­mis­sion Na­tio­nale de la Boxe Fé­mi­nine, la voix cas­sée par l’émo­tion.

Sur le plan pro­fes­sion­nel, Ma­nu ( père de Gilles et Ma­nue­la) était connu pour être le pa­tron de la dis­co­thèque l’ha­cien­da, de Saint-pierre-lèsEl­beuf, qu’il a créé en 1971, et dont il a pas­sé les rênes à son fils

Gilles en 2001.

Ma­nu ha­bi­tait Tour­ville- laRi­vière de­puis 1995, une com­mune qu’il ap­pré­ciait tout par­ti­cu­liè­re­ment.

Il avait aus­si une pas­sion pour les ani­maux. Dans les an­nées 70, il a pos­sé­dé un pu­ma. Quelques la­mas gam­ba­daient, dans les an­nées 2000, sur le ter­rain de sa pro­prié­té tour­vil­laise.

Ma­nu Lo­ren­té a consa­cré plus de cin­quante ans de sa vie à la boxe. Il res­te­ra un exemple pour beau­coup.

Le Jour­nal d’elbeuf pré­sente ses condo­léances à sa fa­mille et à ses amis.

Dan LEMONNIER Les ob­sèques de Ma­nu Lo­ren­té se­ront cé­lé­brées lun­di 23 oc­tobre, à 14 h, en l’église de Saint-louis de Saint-pierre-lès-elbeuf.

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