Les jeunes cheffes à l’ate­lier cui­sine

Le Journal d'Elbeuf - - Eure -

Le ju­ke­box, la Re­nault 4L, les meubles… Tout est vin­tage chez Elo­die Cre­von. « Sauf la mai­son qui est neuve », sou­rit cette ha­bi­tante de Bosc-ro­ge­ren- Rou­mois ( com­mune dé­lé­guée de Bos­rou­mois). La jeune femme, âgée de 31 ans, cultive cet es­prit de­puis son en­fance. « J’ai tou­jours été ber­cée dans cet uni­vers, par le biais des vieilles voi­tures, ex­plique-t-elle. Mes pa­rents sont col­lec­tion­neurs, j’ai fait plu­sieurs ex­po­si­tions avec eux où j’ai cô­toyé de près les robes à pois. » Ces robes qu’elle dé­niche dans les fri­pe­ries ou dans les bou­tiques spé­cia­li­sées. Et qu’elle porte à l’oc­ca­sion de ral­lyes tou­ris­tiques pro­po­sés par l’as­so­cia­tion Ate­lier 46, ba­sée à El­beuf, et dont elle est se­cré­taire.

Le mois der­nier, c’est au Havre qu’elo­die a mis en pra­tique sa pas­sion du ré­tro en par­ti­ci­pant à la pre­mière édi­tion du concours de Miss Pin-up Normandie ! Une ré­fé­rence à ces fa­meuses re­pré­sen­ta­tions pho­to­gra­phiques ou des­si­nées de femmes sé­dui­santes, un sym­bole de charme et de sen­sua­li­té, sans vul­ga­ri­té.

Or­ga­ni­sé dans un pub ir­lan­dais et ani­mé par un groupe de ro­cka­billy, l’évé­ne­ment a réuni sept can­di­dates âgées entre 22 et 33 ans. « Ce­la s’adresse à des per­sonnes pas­sion­nées par les an­nées 1950 et beau- Elo­die Cre­von, (à gauche), 2e dau­phine, en com­pa­gnie de Miss Pin-up Normandie (au centre) et de la 1re dau­phine (à droite), lors du concours or­ga­ni­sé au Havre.

coup de gens aiment cet uni­vers, si­gnale Elo­die. Il n’y a pas de cri­tère d’âge, ni de poids ou de men­su­ra­tion. Ce concours donne confiance à la femme et per­met de la mettre en avant avec toutes ses qua­li­tés, même après avoir eu des en­fants. Au dé­part, ce concours ne se dé­rou­lait que par In­ter­net, puis des élec­tions ré­gio­nales ont été mises en place. Chaque ré­gion a sa Miss et ses deux dau­phines. »

Les can­di­dates ont com­men­cé par se pré­sen­ter. Puis il fal­lait dé­fi­ler en te­nue de jour pin-up et en te­nue de soi­rée. Avant un show per­son­nel de deux mi­nutes. Si cer­taines ont choi­si

une pe­tite pièce de théâtre, Elo­die, elle, a pré­fé­ré une danse sur un rock des an­nées 50 en te­nue d’époque. « En duo avec mon ma­ri, qui n’est pour­tant pas dan­seur, mais foot­bal­leur », sou­rit la jeune ma­man. Sa per­for­mance a sé­duit le ju­ry qui l’a dé­si­gné 2e dau­phine. La voi­là qua­li­fiée pour la grande fi­nale qui se dé­rou­le­ra le 28 oc­tobre à Mi­mi­zan dans les Landes. « En étant dau­phine, on ne peut pas pré­tendre au titre de Miss Pin-up France, mais on peut être dé­si­gnée coup de coeur du ju­ry ou coup de coeur du co­mi­té Miss Pin-up France. »

Ce sont 39 can­di­dates qui vont se re­trou­ver dans un hô­tel ré­ser­vé pour l’oc­ca­sion, avec pis­cine chauf­fée, et à 100 m de la plage… Le mo­ment s’an­nonce ma­gique. « Il y au­ra beau­coup de pho­to­graphes, des ba­lades sont pré­vues en ville avec des vieilles voi­tures. Ils ont mis des moyens, on ne s’ima­gine pas en ar­ri­ver là quand on s’ins­crit », s’amuse cette se­cré­taire en mi­lieu hos­pi­ta­lier, oc­cu­pée main­te­nant à ré­flé­chir au choix de ses robes, avec le sou­ci de se dé­mar­quer.

« Il faut trou­ver une ori­gi­na­li­té. J’aime les robes fa­çon Ma­ri­lyn Mon­roe ou Bri­gitte Bar­dot. Il y a des pin-up très ro­ckeuses avec des ta­touages, moi je pré­fère l’époque où les ta­touages n’avaient pas en­core fait leur ap­pa­ri­tion. »

En at­ten­dant la conclu­sion de cette ex­pé­rience, son bon ré­sul­tat ob­te­nu à l’échelle de la Normandie lui a dé­jà per­mis de ra­me­ner une écharpe et de re­ce­voir des fé­li­ci­ta­tions des ha­bi­tants. Il faut dire qu’elo­die n’est pas une in­con­nue dans le vil­lage : an­cienne com­mer­çante, elle avait aus­si été élue deux fois dau­phine de Miss Bosc-ro­ger dans le pas­sé. « J’ai re­çu des mes­sages, c’est mar­rant. Les gens sont contents que quel­qu’un de la com­mune soit ré­com­pen­sé. »

An­tho­ny BON­NET Les jeunes cheffes dans l’ac­tion.

Les gar­çons de leur âge n’ont pas en­core adhé­ré au concept de faire une cui­sine simple, na­tu­relle, dans un grand ma­ga­sin, ils sont res­tés dans leurs clubs d’ac­ti­vi­tés du mer­cre­di après-mi­di, c’est pour­quoi elles étaient cinq ce 18 oc­tobre au Sim­ply-mar­ket de Bos­rou­mois.

À la sor­tie des caisses, les mains dans la pâte de flan, coif­fées de cha­peaux aux cou­leurs de l’arc-en-ciel, elles ont confec­tion­né leur re­pas avec des pro­duits frais. Jo­siane Tro­ley, pré­si­dente de l’as­so­cia­tion « Ami­ca­le­ment vôtre », as­su­rait l’en­ca­dre­ment avec une autre ma­man. C’est dans le cadre de l’opé­ra­tion Quar­tier Éner­gie, en par­te­na­riat avec le ma­ga­sin Sim­ply-mar­ket, mé­cène de cet évé­ne­ment, que les en­fants ont dé­cou­vert et réa­li­sé un menu : « Flan au sur­imi, Bro­chettes de lé­gumes, Bricks aux fruits ». Il s’est ré­pé­té avec suc­cès ce wee­kend des 21, 22 oc­tobre.

L’as­so­cia­tion, ba­sée à El­beuf, fé­dère trois ac­tions, l’épi­ce­rie so­ciale, le res­tau­rant l’arc-en­Ciel, et Se­conde Vie, ré­cu­pé­ra­tion et li­vrai­son de mo­bi­lier. Elle a par­ti­ci­pé à Oc­tobre Rose en or­ga­ni­sant un re­pas cous­cous pour y re­ver­ser les fonds. Les ob­jec­tifs de ces ac­tions sont, bien sûr, la so­li­da­ri­té, mais sur­tout rompre l’iso­le­ment, le dé­nue­ment, et mon­trer le che­min de l’au­to­no­mie aux plus dé­mu­nis d’entre nous. La carte à 1 € dans le ma­ga­sin peut en être le pre­mier geste.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.