Une pé­ti­tion lan­cée contre la vi­site noc­turne

Des ha­bi­tants d’el­beuf s’in­dignent contre une vi­site pa­tri­mo­niale du ci­me­tière Saint-jean, pré­vue ven­dre­di 3 no­vembre. La Mé­tro­pole en­tend main­te­nir l’évé­ne­ment, alors que des contes­ta­taires en­vi­sagent de blo­quer l’ac­cès au ci­me­tière.

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Près de 250 si­gna­tures en une se­maine. La pé­ti­tion pu­bliée dans l’après-mi­di du mer­cre­di 18 oc­tobre par An­tho­ny To­nel ren­contre un cer­tain suc­cès sur in­ter­net. Son but ? L’an­nu­la­tion d’une vi­site gui­dée au ci­me­tière Saint-jean, à El­beuf, or­ga­ni­sée par le ser­vice pays d’art et d’his­toire de la Mé­tro­pole Rouen Normandie, pro­gram­mée ven­dre­di 3 no­vembre. La Mé­tro­pole change sa com­mu­ni­ca­tion

« En cette pé­riode d’hal­lo­ween, quoi de mieux qu’un ci­me­tière pour ho­no­rer les morts. » Ce sont ces termes, uti­li­sés pour la pro­mo­tion de l’évé­ne­ment, qui sont à l’ori­gine de la po­lé­mique. « Cette phrase nous a gla­cé le sang » , té­moigne An­tho­ny To­nel, ha­bi­tant du Neu­bourg à l’ori­gine de la pé­ti­tion. « Un ci­me­tière n’est pas un lieu de fête » , pré­cise ce­lui qui a plu­sieurs membres de sa fa­mille et amis en­ter­rés dans ce ci­me­tière.

Après des pro­tes­ta­tions émises par des ha­bi­tants ou­trés, la for­mu­la­tion de la pré­sen­ta­tion

a été mo­di­fiée. La Mé­tro­pole, qui plaide une com­mu­ni­ca­tion mal­adroite, an­nonce dé­sor­mais une « vi­site du pa­tri­moine fu­né­raire », avec des in­for­ma­tions sur « cer­tains per­son­nages en­ter­rés dans le ci­me­tière, en­trés dans l’his­toire

d’el­beuf » . Mais le rectificatif n’a pas suf­fi à adou­cir la co­lère de tout le monde.

L’ac­cès au ci­me­tière blo­qué pour em­pê­cher la vi­site ?

« Cette vi­site est payante

(6,50 €, NDLR). Pour­quoi faire payer pour un hom­mage ? Les cé­ré­mo­nies pour les sol­dats morts à la guerre sont bien gra­tuites. Et puis, le fait de faire ce­la à la tom­bée de la nuit donne sur­tout l’im­pres­sion de cher­cher un pré­texte

pour faire la fête » , lance An­tho­ny To­nel, qui sou­haite l’an­nu­la­tion de la ma­ni­fes­ta­tion, « ou un chan­ge­ment de lieu pour rendre hom­mage aux grands per­son­nages de la ville ».

Alors que cer­tains contes­ta­taires en­vi­sagent de blo­quer

l’ac­cès au ci­me­tière le soir de la vi­site, la Mé­tro­pole n’en­vi­sage pas d’an­nu­ler cet évé­ne­ment. « Il s’agit d’une vi­site gui­dée me­née par un guide confé­ren­cier, pré­cise Émi­lie Lhoste, res­pon­sable du ser­vice pa­tri­moines au pôle cultu­rel de la

Mé­tro­pole. Je re­con­nais qu’il y a pu avoir des mal­adresses dans le texte de pré­sen­ta­tion. Mais le but est de mettre en avant l’in­té­rêt pa­tri­mo­nial du ci­me­tière Saint-jean. »

« In­té­rêt pa­tri­mo­nial »

Con­cer­nant les ré­serves émises par An­tho­ny To­nel sur le ca­rac­tère payant de la vi­site et son ho­raire, Émi­lie Lhoste pré­cise que « ce n’est pas l’en­trée du ci­me­tière qui est payante, mais la par­ti­ci­pa­tion à la vi­site gui­dée, avec un confé­ren­cier qui a ef­fec­tué un tra­vail de re­cherche en amont. Et le fait de vi­si­ter la nuit, à la lueur des bou­gies, per­met de mieux ap­pré­cier le pa­tri­moine du ci­me­tière, en met­tant en avant des dé­tails qu’on ne voit pas en plein jour. »

Guillaume VER­DU

Le ser­vice pa­tri­moines de la Mé­tro­pole Rouen Normandie or­ga­nise une vi­site gui­dée du ci­me­tière Saint-jean d’el­beuf, mais n’ima­gi­nait pas se heur­ter aux ré­ti­cences d’ha­bi­tants d’el­beuf, qui mettent en avant le res­pect des dé­funts.

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