Iden­ti­té à af­fir­mer, fier­té à reconquérir

Focus, lors de la ses­sion d’hier, sur la construc­tion de l’at­trac­ti­vi­té ni­ver­naise

Le Journal du Centre - - Actualité Nièvre - Jean-ch­ris­tophe Hen­riet

Cet au­tomne, le Dé­par­te­ment choi­si­ra sa stra­té­gie pour faire de la Nièvre une des­ti­na­tion de vie choi­sie. Hier, c’était “point d’étape” en conclu­sion des études.

«Au­jourd’hui, nous avons une vi­sion de ce que les Ni­ver­nais pensent d’eux­mêmes », a ré­su­mé, hier, pour ses col­lègues du Conseil départemental, la pré­si­dente de l’agence de dé­ve­lop­pe­ment tou­ris­tique de la Nièvre, Va­nes­sa Louis­sid­ney.

Le temps fort de la ses­sion du Conseil départemental de la Nièvre a été consa­cré au point d’étape sur la pro­blé­ma­tique de l’at­trac­ti­vi­té de la Nièvre. De son dé­faut d’at­trac­ti­vi­té plus pré­ci­sé­ment et des moyens d’y pal­lier.

Di­rec­teur du ca­bi­net d’études Fu­tou­risme, Jean Pi­nard a com­men­cé son ex­po­sé à l’as­sem­blée par un exemple gla­cial à la fin “hap­py end” : De­troit. Une ville amé­ri­caine in­dus­trielle si­nis­trée qui s’est ré­in­ven­tée. Il a mis en pers­pec­tive, qu’au­de­là d’un slo­gan à bon compte, il s’agi­ra pour notre dé­par­te­ment da­van­tage de se com­por­ter « comme une marque ».

2.660 personnes ont par­ ti­ci­pé à l’en­quête. Des plus et des moins ont émer­gé. Da­van­tage de moins que de plus. Dans le dé­sordre : « Une per­cep­tion de dé­clin, pas d’iden­ti­té as­su­mée, une opposition Nièvre­mor­van (sic : pro­ba­ble­ment Fu­tou­risme a confon­du Nièvre et Val de Loire ?), le dé­par­te­ment pas vrai­ment en Bour­gogne, un dy­na­misme éco­ no­mique non re­con­nu, ou en­core un sen­ti­ment d’en­cla­ve­ment à géo­mé­trie va­riable ».

Cô­té plus : l’at­ta­che­ment à la Nièvre, la qua­li­té de vie per­çue et re­con­nue, et la per­cep­tion très po­si­tive de la part des tou­ristes et des pri­mo­ar­ri­vants.

Fu­tou­risme in­ter­roge : « À quoi rat­ta­cher la Nièvre ? » Et pro­pose : « L’iden­ti­té, c’est se po­si­tion­ner de fa­çon non consen­suelle ».

« Ici le temps est choi­si, pas su­bi »

Étu­dier n’est pas contra­dic­toire avec sug­gé­rer : « Ici, le temps est choi­si, et pas su­bi ! ». Le Ni­ver­nais est tel­le­ment mo­deste qu’il n’a pas son­gé à hu­mi­lier ou faire ba­ver d’en­ vie le ci­ta­din des mé­tro­poles en le nar­guant d’un dé­fi­ni­tif : « En douze mi­nutes, j’ai dé­po­sé mes en­fants à l’école, puis j’ai ga­ré ma voi­ture sans parc­mètre à proxi­mi­té de mon tra­vail ».

Hu­mi­lia­tion d’au­tant plus forte que « ce ter­ri­toire crée de l’at­ta­che­ment ». Tra­duire : dans ces ho­ri­ zons ver­doyants, ar­ro­sés au­tant qu’en­so­leillés et vierges de pol­lu­tion, la qua­li­té de vie est in­com­pa­rable !

Tout n’est pas rose : des seize dé­par­te­ments à deux heures de Pa­ris, la Nièvre a le plus faible nombre d’étu­diants et le plus faible taux de moins de 30 ans. Mais aus­si des atouts forts, tel le prix au mètre car­ré le plus faible.

Au fait : qui vou­lons­nous at­ti­rer ? Des tou­ristes ? Des ré­si­dents per­ma­nents ? Conser­ver nos jeunes ?

Le pré­sident du Conseil départemental, Pa­trice Jo­ly, a sup­po­sé, sans que per­sonne ne s’émeuve, que « nous sommes peu­têtre pre­miers dans la ca­té­go­rie “au­to­dé­ni­gre­ment” (la fa­meuse Niè­vrose ?) ». Et a en­chaî­né sur une op­por­tu­ni­té : « Dans les dé­cen­nies qui viennent, dix mil­lions de Fran­çais de plus peu­ple­ront notre pays. Se­ra­ce pour ren­for­cer en­core la concen­tra­tion des grandes mé­tro­poles ? ».

Sug­gé­rer, et le faire sa­voir, qu’ici c’est qua­si­ment le Pa­ra­dis, pour­rait sus­ci­ter bien des vo­ca­tions à s’ins­tal­ler dans une na­ture pré­ser­vée, à deux pas (heures) de la plus belle ville du monde. ■

PHO­TO DA­NIEL GOBEROT

POINT FORT. La qua­li­té de vie “Made in Nièvre” pour­rait être agi­tée comme pro­vo­ca­teur d’en­vie à vivre ici.

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