San­té pu­blique contre risques po­ten­tiels

Le gou­ver­ne­ment va rendre obli­ga­toire la vac­ci­na­tion contre huit ma­la­dies en plus des trois exis­tantes

Le Journal du Centre - - Le Fait Du Jour - My­riam Dé­borbe

Cet été, le gou­ver­ne­ment an­non­çait vou­loir rendre obli­ga­toires huit nou­veaux vac­cins. Quelle est la cou­ver­ture dans la Nièvre pour les vac­cins obli­ga­toires ? Et pour ceux qui doivent le de­ve­nir ?

C’est un su­jet qui a beau­coup fait par­ler cet été, l’an­nonce du gou­ver­ne­ment de rendre obli­ga­toires huit vac­cins en plus de trois qui le sont dé­jà : hae­mo­phi­lius in­fluen­zae B, co­que­luche, hé­pa­tite B, rou­geole, oreillons, ru­béole, mé­nin­go­coque C et pneu­mo­coque. Cou­ver­ture maxi­male en pri­mo­vac­ci­na­tion

Pour les trois vac­cins obli­ga­toires, (diph­té­rie, té­ta­nos et po­lio­myé­lite), la Nièvre avait une cou­ver­ture vac­ci­nale de 99,9 % à l’âge de 2 ans en 2015 en pi­mo­vac­ci­na­tion, et de 95,6 % pour les rap­pels.

Pré­sident de l’ordre des mé­de­cins de la Nièvre, le doc­teur Thier­ry Le­moine juge cette dé­ ci­sion « né­ces­saire pour une ques­tion de li­si­bi­li­té ; un des pro­blèmes, c’est qu’ac­tuel­le­ment, il y a des vac­cins obli­ga­toires et des vac­cins re­com­man­dés et ce dis­tin­guo par­ti­cipe à ali­men­ter le ques­tion­ne­ment des gens : “Il y en au­rait des plus utiles et des plus ris­qués” ».

Et les sta­tis­tiques con­cer­nant les huit autres vac­cins dans le dé­par­te­ment confirment cette ten­dance. Ain­si, dans la Nièvre, comme dans le reste du pays, les deux vac­cins les moins pra­ti­qués sont ceux contre le mé­nin­go­coque C et l’hé­pa­tite B, avec res­pec­ti­ve­ment, tou­jours à l’âge de 2 ans, 65,6 % de cou­ver­ture en 2016 pour le pre­mier et 85,1 % en 2015 pour le se­cond.

Par­mi les causes de dé­fiance de la po­pu­la­tion, prin­ci­pa­le­ment vis­à­vis du vac­cin contre l’hé­pa­tite B, on peut no­ter la sus­pi­cion d’un lien entre ce­lui­ci et le dé­clen­che­ment de la sclé­rose en plaques. Ce­lui contre la mé­nin­gite, dont l’af­faire des lots dé­fec­tueux est en­core de­vant la jus­tice, sus­cite lui aus­si la mé­fiance des pa­rents ; en té­moignent les nom­breuses ré­ac­tions qui ont sui­vi notre ap­pel à té­moin (voir ci­des­sous).

Face à ces ré­ti­cences, Thier­ry Le­moine évoque les tests préa­lables, la phar­ma­co­vi­gi­lance, mais aus­si « la ba­lance entre les bé­né­fices pour la po­pu­la­tion et les risques po­ten­tiels » qui pré­cède à la mise sur le mar­ché des vac­cins, ain­si que des « ef­fets in­dé­si­rables qui res­tent ex­cep­tion­nels ». Pour lui, « ce qui est gê­nant dans ce dé­bat, c’est qu’on parle de la vac­ci­na­tion, mais pas des ma­la­dies qu’on a ba­na­li­sées parce qu’on n’est plus ha­bi­tué à les voir ». Ré­sur­gences de ma­la­dies qua­si­ment dis­pa­rues

Ain­si, tu­ber­cu­lose et rou­geole, que l’on pen­sait dis­pa­rues, re­font ré­gu­liè­re­ment sur­face. Pour la pre­mière, le vac­cin n’est plus obli­ga­toire de­puis 2007, hor­mis pour les pro­fes­sion­nels de san­té très ex­po­sés ; et si au­cune don­née de cou­ver­ture vac­ci­nale n’est dis­po­nible pour la tu­ber­cu­lose, onze cas avaient été re­cen­sés dans la Nièvre en 2015.

Pour le vac­cin ROR, en re­vanche, la Nièvre pré­sen­tait en 2015 un taux de cou­ver­ture vac­ci­nale à l’âge de 2 ans de 87,2 % pour la pre­mière dose contre 73,3 % pour la se­conde, un chiffre in­fé­rieur à la moyenne na­tio­nale dans les deux cas. Or, pré­cise le doc­teur Le­moine, « pour qu’un vac­cin soit ef­fi­cace, il faut qu’il soit com­plet et sans rap­pel, la pro­tec­tion ne se­ra pas op­ti­male ».

DÉ­FI­NI­TION.

L’INVS dé­fi­nit la cou­ver­ture vac­ci­nale comme la pro­por­tion de per­sonnes vac­ci­nées dans une po­pu­la­tion à un mo­ment don­né. Elle est le rap­port entre le nombre de per­sonnes ayant re­çu à un âge don­né le nombre de doses re­quises, et le nombre to­tal de per­sonnes qui au­raient dû l’être dans la même po­pu­la­tion. PHO­TO D’AR­CHIVES FRED LONJON

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.