Saint-just se­ra cé­lé­bré trois jours à Gué­ri­gny

Né à De­cize en août 1767, cet homme po­li­tique de la Ré­vo­lu­tion au­ra mar­qué l’his­toire à plu­sieurs égards. Re­tour sur ce per­son­nage com­plexe et mal connu.

Le Journal du Centre - - La Une - Lison La­groy re­dac­tion.jdc@cen­tre­france.com

L’homme po­li­tique de la Ré­vo­lu­tion est né il y a 250 ans.

Par ces trois jours de com­mé­mo­ra­tion, l’his­to­rien Mi­chel Be­noit a à coeur de ten­ter « d’ap­por­ter une lu­mière dif­fé­rente sur ce jeune homme qui était SaintJust ».

Au­de­là de l’homme po­li­tique fran­çais guillo­ti­né le 10 Ther­mi­dor An II, il fau­drait voir en Louis An­toine Saint­just une double fi­gure com­plexe. Double par les mythes en­tre­te­nus au­tour de lui : dé­fen­seur de la Patrie et mo­dèle d’ami­tié pour les uns, sbire ex­ces­sif de Ro­bes­pierre pour les autres.

Plus jeune des élus à la Con­ven­tion na­tio­nale, membre du groupe des Mon­ta­gnards, Saint­just se dis­tingue par l’in­tran­si­geance de ses prin­cipes, prô­nant l’éga­li­té et la ver­tu. Pour Mi­chel Be­noit, ce sont lui et ses ca­ma­rades, dans une pé­riode trou­blée, « qui ont ima­gi­né que les Hommes pou­vaient être libres ». Pour ce faire, il choi­sit l’ac­tion. Se­lon le doc­teur en His­toire Ber­nard Vi­not, il était même « ani­mé par le gé­ nie de l’ac­tion » et s’illus­trait alors par la signature de cen­taines d’ar­rê­tés aux Ja­co­bins, à la Con­ven­tion et au grand Co­mi­té de sa­lut pu­blic.

Une cer­taine idée de la Ré­pu­blique

« Il com­po­sait des pro­jets de cons­ti­tu­tion, pré­pa­rait des dis­cours et des rap­ports sur tous les su­jets et lors­qu’il fal­lait convaincre, même en des com­bats dou­teux, les co­mi­tés le dé­lé­guaient à la tri­bune », ré­sume­t­il. Saint­just avait une même ef­fi­ca­ci­té concer­nant sa res­pon­sa­bi­li­té de mis­sions aux ar­mées. Il re­dresse la si­tua­tion de l’ar­mée du Rhin et par­ti­cipe à la vic­toire des ar­mées ré­pu­bli­caines à Fleu­rus.

Dans sa lutte contre les Gi­ron­dins, les Hé­ber­tistes puis les In­dul­gents, il fit vo­ter la confis­ca­tion des biens des en­ne­mis de la Ré­pu­blique au pro­fit des pa­triotes pauvres. Il est no­tam­ment ce­lui qui a ins­pi­ré la Dé­cla­ra­tion des droits de l’homme et du ci­toyen de 1793. « Li­ber­té, éga­li­té et fra­ter­ni­té » étant de­ve­nu son cre­do, il dé­cla­re­ra à la tri­bune : « Pas de li­ber­té pour les en­ne­mis de la li­ber­té », qui de­vien­dra une de ces ci­ta­tions phares.

Pour au­tant, tout se com­plique lors de la crise de ther­mi­dor. Sou­te­nant son ami Ro­bes­pierre suite à son dis­cours du 8 ther­ mi­dor (26 juillet 1794), il est, le len­de­main, in­ter­rom­pu par les hommes du com­plot. Dans un pre­mier temps li­bé­ré par l’in­sur­rec­tion de la com­mune de Pa­ris, il se laisse ar­rê­ter sans se dé­fendre par les troupes fi­dèles à la Con­ven­tion, si­len­cieux, le ma­tin du 10 ther­mi­dor (28 juillet). Il est alors guillo­ti­né, à 26 ans, avec les prin­ci­paux par­ti­sans de Ro­bes­pierre dans l’après­mi­di. Avec son ami de tou­jours.

Né de Louis Jean de Saint­just de Ri­che­bourg, ca­pi­taine de ca­va­le­rie, et de Ma­rie­anne Ro­bi­not, Louis An­toine Saint­just avait deux soeurs. Il était né à De­cize, le 25 août 1767.

RÉ­VO­LU­TION­NAIRE. Saint-just est né et a vé­cu pen­dant plu­sieurs an­nées à De­cize.

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