Le GFSFM veille sur les arbres du Morvan

Le Journal du Centre - - La Une -

En douze ans, le GFSFM a ac­quis 300 hec­tares dans dix-sept fo­rêts de feuillus du Morvan. Der­nier achat : le mas­sif de la Reu à Villa­pour­çon. Sa mis­sion ? Em­pê­cher que la fo­rêt du Morvan soit ra­sée.

Gwé­no­la Cham­pa­laune gwe­no­la.cham­pa­laune@cen­tre­france.com

«Le mas­sif du Morvan est par­ti­cu­liè­re­ment cha­hu­té. On plante du ré­si­neux à tout va avec toutes les consé­quences sur la nappe phréa­tique, la bio­di­ver­si­té. Avec les ré­si­neux, et une pro­duc­tion in­dus­trielle à la clé, on veut al­ler vite et ga­gner beau­coup d’ar­gent. » C’est le re­gard, in­quiet, que pose, Jacques Gor­lier, co­gé­rant (avec Thier­ry Co­lin) du GFSFM sur la fo­rêt du Morvan.

Le grou­pe­ment ap­plique une syl­vi­cul­ture proche de la na­ture met­tant en va­leur la di­ver­si­té ar­bus­tive en place. Dès que le GFSFM a vent qu’une fo­rêt pour­rait être ra­sée, (par son ré­seau d’as­so­ciés, des élus) ce­lui­ci tente d’in­ter­ve­nir sur le ter­rain. « Nous ne ver­sons pas de di­vi­dendes. »

« Quelle sy­li­vi­cul­ture ap­pli­quer ? »

Ses membres avancent par convic­tion. « La fo­rêt est à tout le monde. Pré­ser­vons­la. Elle a un rôle de pro­duc­tion, un rôle en­vi­ron­ne­men­tal, un rôle so­cial. »

Une fois les fo­rêts ac­quises, le GFSFM met en place des plans simples de ges­tion sur quinze à vingt an­nées, ce, pour les ex­ploi­ter. « Quelle syl­vi­cul­ture on va ap­pli­quer ? On fait des pré­lè­ve­ments tou­jours ba­sés sur l’ir­ré­gu­la­ri­sa­tion des peu­ple­ments », dé­ve­loppe Jacques Gor­lier. La ré­gu­la­ri­sa­tion et les coupes à blanc, au GFSFM, on n’aime pas trop. Trop de consé­quences né­ga­tives sur la faune, la flore, les nappes phréa­tiques, l’im­pact du pay­sage, la dé­gra­da­tion des sols. « Quand on a des pe­tits arbres, des moyens et des grands, on en­lève plu­tôt les moyens. » Pour ce faire, le GFSFM évo­lue avec les ser­vices d’un ex­pert fo­res­tier. « Il nous ac­com­pagne pour les amé­na­ge­ments se­lon la dé­marche Pro Sil­va (*). Il pré­pare nos plans de ges­tion simple. C’est va­li­dé par les ser­vices de l’état. »

De la ges­tion au pied

Pour la par­celle de Villa­pour­çon, un plan simple de ges­tion de­vrait voir le jour dans le cou­rant de l’an­née pro­chaine.

Un mode de ges­tion qui se réa­lise qua­si­ment au pied. « C’est un tra­vail dé­li­cat. » Au bout du compte, de nom­breux points po­si­tifs pèsent dans la ba­lance. « Ce­la pré­serve l’ave­nir. Tout ce­la tourne tout seul. » Sur le long terme, une fo­rêt en ges­tion ir­ré­gu­lière « est in­té­res­sante fi­nan­ciè­re­ment ».

Le GFSFM pour­suit donc un but : « Ce­lui de lais­ser vivre la fo­rêt du Morvan. D’avoir des peu­ple­ments, c’est un avan­tage alors que si on plante, on a des dé­pé­ris­se­ments sur cer­taines par­celles » .

(*) Se­lon le prin­cipe d’une syl­vi­cul­ture ir­ré­gu­lière, conti­nue et proche de la na­ture.

PHO­TO GFSFM

LA REU. Cette fo­rêt n’a pas été ex­ploi­tée de­puis plu­sieurs di­zaines d’an­nées et offre un fort po­ten­tiel de dé­ve­lop­pe­ment. Elle pré­sente une belle uni­té de taillis sous fu­taie de chênes avec une jeune fu­taie de hêtres et une châ­tai­gne­raie, « et quelques dou­glas qui pour­ront faire de beaux su­jets », sou­ligne Jacques Gor­lier.

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