Bé­bé han­di­ca­pé : l’hôpital doit ver­ser 2 M€

Le Journal du Pays Yonnais - - La Une - GF (PressPep­per)

La Roche-sur-Yon. Le tri­bu­nal ad­mi­nis­tra­tif de Nantes a condam­né le centre hos­pi­ta­lier dé­par­te­men­tal (CHD) de la Ven­dée à ver­ser un peu plus de 2 mil­lions d’eu­ros de dé­dom­ma­ge­ments à une mère de fa­mille, suite à la nais­sance de sa fille han­di­ca­pée il y a 31 ans.

L’hôpital de La Roche-sur-Yon de­vra éga­le­ment rem­bour­ser les dif­fé­rentes caisses de sé­cu­ri­té so­ciale in­ter­ve­nues dans ce dos­sier, à hau­teur de près de 80 000 €.

La mère - qui de­man­dait plus de 9 mil­lions d’eu­ros pour elle, sa fille mais aus­si son frère né trois ans après les faits - était en ef­fet re­ve­nue en Ven­dée fin 1985 de Tou­louse pour que son en­fant naisse au plus près de sa fa­mille. Elle s’était alors pré­sen­tée à la ma­ter­ni­té huit jours avant le terme d’une gros­sesse, qui s’était dé­rou­lée sans en­combres.

Mais cette in­fir­mière di­plô­mée d’Etat (IDE), à l’époque âgée de 35 ans, avait été prise de « dou­leurs uté­rines as­sez in­tenses » après s’être fait ad­mi­nis­trer une per­fu­sion de sé­rum glu­co­sé, avec ad­jonc­tion de Syn­to­ci­non.

Aler­tée par son ma­ri, la sa­ge­femme était alors re­ve­nue « dix à quinze mi­nutes » plus tard, re­lève le tri­bu­nal ad­mi­nis­tra­tif de Nantes dans son ju­ge­ment, et avait dé­ci­dé de trans­fé­rer la par­tu­riente im­mé­dia­te­ment en salle d’ac­cou­che­ment. Le mé­de­cin de garde et l’anes­thé­siste avaient éga­le­ment été pré­ve­nus, mais ceux-ci avaient été « re­tar­dés dans leurs dé­pla­ce­ments au sein de l’hôpital par des es­sais de groupes élec­tro­gènes […] in­ter­di­sant l’ac­cès aux as­cen­seurs ».

« Souf­france cé­ré­brale ir­ré­ver­sible »

La vic­time avait donc ac­cou­ché seule, en l’ab­sence du mé­de­cin ; sa fille était alors « en état de mort ap­pa­rente ». L’in­fir­mière anes­thé­siste avait alors pra­ti­qué une in­tu­ba­tion… mais l’avait mal pla­cée. Ce n’est qu’une se­conde in­tu­ba­tion, pra­ti­quée par le mé­de­cin anes­thé­siste, qui avait per­mis à l’en­fant de « re­prendre une teinte ro­sée ». Mais le mal était fait, mal­heu­reu­se­ment : il était ap­pa­ru, lors des ex­per­tises ul­té­rieures, que Flo­rence res­te­rait at­teinte d’une « at­teinte psy­cho-mo­trice grave ».

« La prin­ci­pale cause de l’anoxie cé­ré­brale en­du­rée par l’en­fant est liée au re­tard ap­por­té à pra­ti­quer une in­tu­ba­tion cor­recte, la pre­mière étant dé­fec­tueuse », en conclut au­jourd’hui le tri­bu­nal ad­mi­nis­tra­tif de Nantes. « Le dé­lai de 5 à 10 mi­nutes qui s’est écou­lé entre la pre­mière et la se­conde in­tu­ba­tion a lais­sé pas­ser des mi­nutes pré­cieuses ir­ré­cu­pé­rables, suf­fi­santes […] pour pro­vo­quer une souf­france cé­ré­brale ir­ré­ver­sible. »

Hos­pi­ta­li­sée pen­dant deux ans suite à sa nais­sance, la jeune femme est en ef­fet su­jette en­core au­jourd’hui à des pro­blèmes d’in­con­ti­nence et à de grandes dif­fi­cul­tés d’ex­pres­sion. Elle doit dis­po­ser en consé­quence d’une as­sis­tance per­ma­nente, et n’a au­cune pers­pec­tive de pou­voir trou­ver un em­ploi : elle n’a été sco­la­ri­sée qu’en ma­ter­nelle, à La Roche-sur-Yon. Elle est dé­sor­mais prise en charge par un foyer oc­cu­pa­tion­nel du Val Fleu­ri, à Coëx

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