De­ve­nu aveugle, il ré­clame 2,3 M € à l’hôpital

Le Journal du Pays Yonnais - - Actualités - GF (PressPep­per)

La Roche-sur-Yon. Le rap­por­teur pu­blic a pré­co­ni­sé au tri­bu­nal ad­mi­nis­tra­tif de Nantes de don­ner rai­son à un pa­tient de l’hôpital psy­chia­trique de La Roche-sur-Yon, de­ve­nu pra­ti­que­ment aveugle après que l’éta­blis­se­ment ait tar­dé à prendre en charge sa pa­tho­lo­gie.

Le ma­gis­trat, dont les avis sont sou­vent sui­vis par les juges, a tou­te­fois sug­gé­ré aux juges d’or­don­ner une ex­per­tise com­plé­men­taire pour me­su­rer pré­ci­sé­ment l’éten­due de ses pré­ju­dices. La vic­time, de son cô­té, les a d’ores et dé­jà éva­lués à 2,3 mil­lions d’eu­ros.

Le pa­tient, âgé au­jourd’hui de 30 ans, est à vrai dire in­ter­né de­puis sa mise sous cu­ra­telle à l’âge de 18 ans. En oc­tobre 2010, il avait com­men­cé à se plaindre d’une baisse de son acui­té vi­suelle, de nau­sées, de vo­mis­se­ments et de maux de tête… Il était aus­si su­jet à des « troubles in­ha­bi­tuels du com­por­te­ment » et à des « re­lâ­che­ments sphinc­té­riens ».

Le centre hos­pi­ta­lier spé­cia­li­sé (CHS) Georges-Ma­zu­relle avait alors at­ten­du plu­sieurs mois pour le conduire chez un oph­tal­mo­logue. Las : un dys­fonc­tion­ne­ment d’une valve de dé­ri­va­tion ven­tri­cu­laire, qui lui avait été po­sée quand il était bé­bé pour soi­gner une hy­dro­cé­pha­lie, avait fi­na­le­ment été diag­nos­ti­quée par le CHU de Nantes, où il avait été ad­mis.

« Mal­gré une lourde ag­gra­va­tion des symp­tômes au cours du der­nier tri­mestre 2010, le CHS a at­ten­du le 6 jan­vier 2011 pour de­man­der une consul­ta­tion en oph­tal­mo­lo­gie », a poin­té le rap­por­teur pu­blic, qui y voit un « com­por­te­ment fau­tif ». « Compte te­nu de ses an­té­cé­dents, le CHS au­rait dû être plus di­li­gent », a com­men­té le ma­gis­trat. « Un simple fond d’oeil au­rait per­mis de diag­nos­ti­quer le pro­blème. »

Il es­time que l’hôpital est en­tiè­re­ment res­pon­sable de la cé­ci­té de son pa­tient. Ce der­nier avait mis son re­tard de diag­nos­tic sur la « ten­dance à la so­ma­ti­sa­tion » de son pa­tient. « Il s’est plaint de nau­sées, de maux de tête mais ab­so­lu­ment pas de troubles vi­suels », a plai­dé l’avo­cate du centre hos­pi­ta­lier spé­cia­li­sé.

Le tri­bu­nal ad­mi­nis­tra­tif de Nantes, qui a mis son ju­ge­ment en dé­li­bé­ré, ren­dra sa dé­ci­sion dans un mois.

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