La Ven­dée moins peu­plée que pré­vu en 2050

Le Journal du Pays Yonnais - - Actualités - S.H.

Il y a un an, on an­non­çait 844 000 ha­bi­tants d’ici 2040 en Ven­dée. Fi­na­le­ment, ce se­ra moins que ça. En 2050, la po­pu­la­tion ven­déenne de­vrait at­teindre les 770 000 ha­bi­tants. Avec tou­jours de plus en plus de per­sonnes âgées. Le point avec l’Ob­ser­va­toire éco­no­mique, so­cial et ter­ri­to­rial de Ven­dée (OESTV).

Des pro­jec­tions exa­gé­rées

En 2011, les pro­jec­tions de l’In­see an­non­çaient un gain de 240 000 ha­bi­tants à l’ho­ri­zon 2040 sur le ter­ri­toire ven­déen. Ce qui al­lait ame­ner la po­pu­la­tion à plus de 844 000 ha­bi­tants. « Ces si­mu­la­tions s’ap­puyaient sur des chiffres de 2007, avant la crise et où le ter­ri­toire pro­fi­tait d’une forte at­trac­ti­vi­té », rap­pelle Ch­ris­tophe Par­reau, di­rec­teur de l’OESTV. « On es­ti­mait alors à cette pé­riode un gain de 8 000 ha­bi­tants par an ». Avec tou­jours une grande part de re­trai­tés qui choi­sissent la Ven­dée pour fi­nir leur vie dans un cadre agréable. Mal­gré cette ten­dance, le solde na­tu­rel de l’époque était en­core po­si­tif, avec plus de nais­sances que de dé­cès.

L’ef­fet crise

La crise de 2008 est pas­sée par là. « Le contexte éco­no­mique a alors for­te­ment pe­sé sur les mi­gra­tions ré­si­den­tielles et sur les nais­sances », sou­ligne le di­rec­teur. Le nombre de per­sonnes en­trant dans le dé­par­te­ment s’est mis à bais­ser à cause d’un tis­su éco­no­mique of­frant moins d’em­plois. Et les couples, in­quiets de leur propre ave­nir, ont pré­fé­ré re­por­té leurs pro­jets de fon­der une fa­mille.

Ain­si, entre 2009 et 2014, le solde des mi­gra­tions ré­si­den­tielles s’est ré­duit de 20 %. Si, avant 2009, on comp­tait quelques 8 700 en­trants par an, après la crise, le chiffre est des­cen­du à 5 750.

Plus de dé­cès que de nais­sances

Une ten­dance qui ne change pas, c’est la ve­nue des per­sonnes re­trai­tés. Ce qui a pour ef­fet un vieillis­se­ment de la po­pu­la­tion ven­déenne. En 2015, c’était la pre­mière fois que le dé­par­te­ment se re­trou­vait avec un solde na­tu­rel né­ga­tif, c’est-à-dire avec plus de dé­cès que de nais­sances. De­puis 1975, ce solde était po­si­tif, avec des pics dans les an­nées 1980 et 2005, avec plus de 2 000 ha­bi­tants par an.

La crise ayant fait chu­ter les nais­sances, le vieillis­se­ment de la po­pu­la­tion ven­déenne va sen­si­ble­ment s’ac­cen­tuer dans les pro­chaines dé­cen­nies. De 20,8 % de la po­pu­la­tion en 2013, la part des per­sonnes de plus de 65 ans pas­se­rait à 35,7% en 2050. A l’échelle na­tio­nale, on ne se­rait qu’à 27 %.

Bien sûr, les dif­fé­rents ter­ri­toires ven­déens ne sont pas tou­chés de la même fa­çon. Ain­si, le lit­to­ral et le sud Ven­dée sont for­te­ment im­pac­tés par un solde na­tu­rel né­ga­tif, là où le centre ven­déen et le bo­cage font tou­jours de la ré­sis­tance. Grâce no­tam­ment à une forte at­trac­ti­vi­té éco­no­mique.

Le viei­lis­se­ment et ses en­jeux

Ce vieillis­se­ment ra­pide et mas­sif se­ra donc, se­lon l’OESTV « source de nom­breux dé­fis, mais aus­si d’op­por­tu­ni­tés aux­quelles il fau­dra être ca­pable de ré­pondre ».

Ces dé­fis sont à la fois so­ciaux et éco­no­miques. Le grand âge sou­lève des pro­blé­ma­tiques de prise en charge, de ser­vices pour faire face à la dépendance, donc des coûts pour les col­lec­ti­vi­tés… Mais aus­si des op­por­tu­ni­tés éco­no­miques dans l’adap­ta­bi­li­té des lo­ge­ments et des per­sonnes em­bau­chées pour prendre soin de cette classe vieillis­sante. Cette der­nière pour­rait aus­si être une des so­lu­tions pour re­lan­cer les mi­gra­tions ré­si­den­tielles en fa­veur du dé­par­te­ment… et peu­têtre in­ver­ser ce solde na­tu­rel né­ga­tif pro­mis, pour l’ins­tant, pour du­rer.

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