L’en­fer des geôles sy­riennes au crayon bille

Le Journal du Pays Yonnais - - La Roche-sur-yon - Ex­po­si­tion de Na­jah Al­bu­kaï, jus­qu’au 27 no­vembre, à la mai­son de quar­tier du Pont-Mo­ri­neau. Aux heures d’ou­ver­ture de la mai­son de quar­tier. Cau­se­rie à la mai­son de quar­tier du Pont Mo­ri­neau sur la li­ber­té d’ex­pres­sion, mar­di 21 no­vembre à 20 h.

Avec un ta­lent fou, Na­jah Al­bu­kaï rend compte, à la mai­son de quar­tier du Pont-Mo­ri­neau, de l’hor­reur des pri­sons sy­riennes dans les­quelles il a sé­jour­né. Il y ex­pose une sé­rie de des­sins au crayon bille jus­qu’au 27 no­vembre.

Le vi­si­teur pense d’abord à Leo Haas, l’illus­tra­teur al­le­mand qui a sur­vé­cu aux camps pour si bien les dé­peindre, aux oeuvres de Goya pen­dant la guerre ci­vile es­pa­gnole. En­suite, il ne pense plus. Il est sai­si par la vi­sion in­fer­nale de ce qui est si bien dé­peint : les ca­davres, les corps en­tas­sés, les condi­tions in­hu­maines, la cruau­té d’une ré­pres­sion aveugle et san­glante.

A la pointe du Bic

On se de­mande alors ce qui doit l’em­por­ter, l’ad­mi­ra­tion de­vant la force créa­trice de l’ar­tiste, ces ac­cu­mu­la­tions, ces la­vis, ces cro­quis faits à la pointe Bic qui dé­gagent tant de force d’ex­pres­sion, ou l’in­di­gna­tion de­vant ce qu’il a su­bi.

L’an­cien pro­fes­seur de Beauxarts de Da­mas, for­mé chez lui puis à Rouen, porte en­core sur sa chair les stig­mates des tor­tures qu’il a su­bies. Il n’avait pour­tant com­mis que le crime de s’in­di­gner. Pour la même « er­reur », cer­tains de ses amis, des ca­ri­ca­tu­ristes, sont morts dans les pri­sons où il au­ra fait trois sé­jours.

Un té­moi­gnage bou­le­ver­sant, les oeuvres d’un grand ar­tiste à dé­cou­vrir sans at­tendre.

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