Un Dom­pier­rois au ma­ra­thon de New York

Le Journal du Pays Yonnais - - Actualités -

Après 30 ans de course à pied et plus de 95 ma­ra­thons, Charles Pi­ve­teau a réa­li­sé un rêve d’en­fant : par­ti­ci­per au ma­ra­thon de New York. « Un ren­dez­vous pla­né­taire in­ou­bliable… »

Le Jour­nal du Pays Yon­nais : Qu’est-ce qui vous a pous­sé à tra­ver­ser l’At­lan­tique pour par­ti­ci­per au ma­ra­thon de New York ?

Charles Pi­ve­teau : Le ma­ra­thon de New York, c’est le Graal sur le bi­tume, l’une des courses my­thiques les plus connues au monde et qui, de­puis 1970, n’a été an­nu­lée qu’une seule fois, il y a 4 ans, à cause de l’ou­ra­gan. Pour beau­coup de cou­reurs à pied, c’est un dé­fi à re­le­ver. C’est un vieux rêve de gosse que j’ai réa­li­sé. Un vrai ca­deau aus­si pour mes soixante prin­temps et pour ma re­traite après une car­rière pro­fes­sion­nelle bien rem­plie !

Et quand le mythe se frotte à la réa­li­té… que se passe-til ?

C’est im­pres­sion­nant : il y avait plus de 51 000 par­ti­ci­pants, 135 pays étaient là. La France était la dé­lé­ga­tion eu­ro­péenne la plus re­pré­sen­tée avec plus de 2 500 ma­ra­tho­niens (es) ! Ce qui frappe, c’est la foule avec plus de 2 mil­lions de spec­ta­teurs qui nous portent tout au long des 42,195 km, par­fois à la li­mite de l’hys­té­rie, en nous en­cou­ra­geant, qu’on soit pre­mier ou der­nier. C’est de la fo­lie ! Cette an­née, en plus, le ma­ra­thon s’est dé­rou­lé avec des me­sures de sé­cu­ri­té gran­de­ment ren­for­cées suite à l’at­ten­tat qui a eu lieu quelques jours au­pa­ra­vant qui a fait 8 morts…

Quel a été le meilleur mo­ment ?

Dif­fi­cile à dire… J’ai es­sayé de pro­fi­ter de chaque ins­tant, de chaque ki­lo­mètre du dé­part avec le tra­di­tion­nel hymne amé­ri­cain joué dans un si­lence de ca­thé­drale sui­vi des coups de ca­non avant de tra­ver­ser Sta­ten Is­land, le cé­lé­bris­sime pont de Ver­ra­za­no, le quar­tier de Brook­lyn, ce­lui du Queens et du Bronx, et l’ar­ri­vée pres­ti­gieuse dans Man­hat­tan et l’émou­vant fi­nal dans Cen­tral Park. Des noms qui font fonc­tion­ner notre ima­gi­naire à plein ré­gime !

Le ma­ra­tho­nien que vous êtes est donc com­blé ?

Oui.. C’était ma­gique. Le ma­ra­thon de New York, c’est plus qu’une épreuve spor­tive. C’est une ins­ti­tu­tion, une vé­ri­table fier­té. La preuve, c’est que le len­de­main, il est de tra­di­tion de se pro­me­ner dans les rues de New York avec sa mé­daille de « fi­ni­sher » au­tour du cou… Nous avons été ova­tion­nés comme de vé­ri­tables hé­ros, comme des stars avant de re­tom­ber le len­de­main dans l’ano­ny­mat. On aime ou on n’aime pas toute cette dé­me­sure, mais dans tous les cas, il est dif­fi­cile de res­ter in­sen­sible à tout ce­la.

L’en­jeu de ce ma­ra­thon de New York : « fi­nir » cette course my­thique tout en pro­fi­tant de chaque ki­lo­mètre pour goû­ter à la dé­me­sure de l’évé­ne­ment.

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