Zoom : No­mad’o, de l’eau douce à vo­lon­té Tech­nique : Amor­tis­seur Ko­ni FSD,

Prendre une douche sans comp­ter les litres d’eau, c’est une forme de confort plu­tôt rare pour le cam­ping­ca­riste tant il veille pré­cieu­se­ment sur sa ré­serve d’eau douce. Cette pra­tique est en passe de chan­ger. Main­te­nant, il est pos­sible de ga­ran­tir en per

Le Monde du Camping-Car - - SOMMAIRE - Texte : Oli­vier Lan­gin - Pho­tos : au­teur & D.R.

L’eau fait par­tie des res­sources in­con­tour­nables à bord d’un cam­ping-car. En ef­fet, le cam­ping-ca­riste doit se plier à un ri­tuel ré­gu­lier, rem­plir le ré­ser­voir d’eau propre. Ce­la se com­plique pour un cam­ping­ca­riste qui voyage loin des centres tou­ris­tiques et des points d’ap­pro­vi­sion­ne­ment en eau. L’eau prend une tout autre va­leur et on épargne la moindre goutte. Pour­tant sans le sa­voir, le cam­ping-ca­riste pos­sède une res­source en eau im­por­tante avec le ré­ser­voir des eaux usées. Les eaux de vais­selle, de la douche, et du la­va­bo qui le rem­plissent ont une ca­rac­té­ris­tique in­té­res­sante, elles ne contiennent pas d’agents pol­luants no- cifs ni de bac­té­ries pa­tho­gènes. C’est donc une eau fa­cile à re­cy­cler. Le No­mad’O, un ap­pa­reil sans équi­valent in­dus­triel ni do­mes­tique, se pré­sente sous une forme com­pacte et re­cycle les eaux usées en “eau de bai­gnade” pour un usage do­mes­tique. Cette clas­si­fi­ca­tion est la ga­ran­tie d’avoir une eau sans dan­ger pour l’or­ga­nisme. En re- vanche, elle n’est pas po­table. Le No­mad’O fonc­tionne sur le prin­cipe d’un bio­réac­teur à mem­branes, com­po­sé de deux sys­tèmes de fil­tra­tion. Le pre­mier, l’ul­tra­fil­tra­tion, est une mé­thode de sé­pa­ra­tion mem­bra­naire par la­quelle des par­ti­cules en so­lu­tion ou en sus­pen­sion, comme la plu­part des bac­té­ries et des vi­rus, sont

sé­pa­rées de l’eau qui les contient. Le se­cond, l’os­mose in­verse, se charge de stop­per les vi­rus et les sels dis­sous qui au­raient échap­pé à l’ul­tra­fil­tra­tion. L’eau après trai­te­ment est di­ri­gée vers le ré­ser­voir d’eau propre. Les mem­branes agissent d’au­tant plus fa­ci­le­ment que le No­mad’O in­jecte de l’air dans le ré­ser­voir des eaux usées. Ce­la a pour ef­fet d’évi­ter la fer­men­ta­tion des ma­tières et le dé­ve­lop­pe­ment des bac­té­ries en mi­lieu fer­mé.

30 litres à l’heure

En termes de per­for­mances, chaque ap­pa­reil est tes­té par les tech­ni­ciens de No­mad’O après son as­sem­blage. Un cycle de fonc­tion­ne­ment com­plet est réa­li­sé. L’eau en sor­tie de l’ap­pa­reil est ana­ly­sée avec la même ri­gueur qu’un la­bo­ra­toire agréé pour le contrôle sa­ni­taire des eaux de bai­gnade. Deux types d’ana­lyse sont ef­fec­tués, ils portent sur la trans­pa­rence de l’eau (la tur­bi­di­té) et la ca­pa­ci­té de l’eau à faire pas­ser le courant (la conduc­ti­vi­té). Les va­leurs re­le­vées in­diquent au tech­ni­cien si l’ap­pa­reil est conforme au ca­hier des charges de l’ap­pa­reil pour une qua­li­té d’eau de bai­gnade. Le test de tur­bi­di­té est de 0,46 NTU et ce­lui de la conduc­ti­vi­té de 205,4 mi­croSie­mens/cm (voir en­ca­dré). En mode de fonc­tion­ne­ment, l’ap­pa­reil peut trai­ter 30 l en une heure. Le sys­tème se dé­clenche au­to­ma­ti­que­ment à par­tir du mo­ment où il y a une quan­ti­té d’eau suf­fi­sante dans le ré­ser­voir des eaux usées. Ques­tion consom­ma­tion de courant, l’ap­pa­reil n’est pas gourmand. Pen­dant un cycle de trai­te­ment, il ne consom­me­ra qu’entre 2,5 et 4 A par heure. Une dé­pense éner­gé­tique qui peut être com­pen­sée par la pro­duc­tion d’un pan­neau so­laire en pleine jour­née. Un équi­pe­ment qu’on re­trouve sur le toit de tous les cam­ping-ca­ristes en quête d’au­to­no­mie éner­gé­tique. Même avec un No­mad’O, l’eau n’est pas une res­source in­épui­sable. Au cours du fonc­tion­ne­ment de l’ap­pa­reil, il y a des

pertes d’en­vi­ron 6 %. Elles sont dues à des re­jets li­quides conte­nant les par­ti­cules trop grosses qui n’ont pas pas­sé la pre­mière étape d’ul­tra­fil­tra­tion et qui se­ront éva­cuées par un sys­tème pré­vu de goutte-à-goutte. Ce­ci en­traîne une baisse de 50 % de la ca­pa­ci­té du ré­ser­voir au bout de dix re­cy­clages. Il faut donc pé­rio­di­que­ment ajou­ter de l’eau. Pour ce­la, pas be­soin d’eau po­table. Une res­source na­tu­relle d’eau pui­sée dans un lac une fon­taine ou une ri­vière est suf­fi­sante. Il suf­fit de la ver­ser di­rec­te­ment dans le ré­cep­tacle de la douche. Si cette eau ap­pa­raît de qua­li­té au pre­mier abord, quelques vé­ri­fi­ca­tions d’usage sont utiles. Un contrôle vi­suel per­met de s’as­su­rer qu’il n’y a pas de traces vi­sibles à la sur­face qui tra­hi­raient la pré­sence de corps gras. La trans­pa­rence de l’eau est aus­si un bon fac­teur de qua­li­té. Une eau trouble et co­lo­rée tra­duit en gé­né­ral une forte te­neur en bac­té­ries, il vaut mieux l’évi­ter. L’autre contrôle consiste à vé­ri­fier la conduc­ti­vi­té de l’eau. Seul pro­blème, rien n’est déce- lable à l’oeil nu, puisque ce­la concerne les sels dis­sous dans l’eau, et une eau claire n’est pas for­cé­ment sy­no­nyme d’une eau qua­li­ta­tive. Il est fa­cile de connaître la conduc­ti­vi­té de l’eau grâce à un conduc­ti­mètre d’un coût d’en­vi­ron de 200 €. Il se­ra un al­lié pré­cieux et vous per­met­tra d’éta­lon­ner les pré­lè­ve­ments d’eau sur la va­leur repère d’un échan­tillon d’eau en sor­tie de l’ap­pa­reil. En sui­vant ces règles, on pré­serve la lon­gé­vi­té des mem­branes.

En com­plé­ment

Par ailleurs, l’équi­pe­men­tier pro­pose une nou­velle gé­né­ra­tion de pro­duits qui peuvent être mon­tés en com­plé­ment du No­mad’O, ou seuls pour trai­ter une par­tie de l’ins­tal­la­tion. Ces pro­duits s’in­té­ressent aux points de dis­tri­bu­tion et de sto­ckage de l’eau, à com­men­cer par le ré­ser­voir d’eau propre. Pour ce der­nier, l’équi­pe­men­tier pro­pose un sys­tème in­no­vant qui traite de ma­nière au­to­ma­tique le conte­nu du ré­ser­voir, par ozo­na­tion. L’ozone pro­duit

Grâce au prin­cipe com­bi­né de l’ul­tra­fil­tra­tion et de l’os­mose

in­verse, le No­mad’O re­tient les bac­té­ries, vi­rus et autres sels dis­sous conte­nus dans l’eau.

par l’ap­pa­reil agit sur les pol­luants en amé­lio­rant la trans­pa­rence de l’eau, il éli­mine le fer et le man­ga­nèse, des mé­taux sou­vent res­pon­sables de la co­lo­ra­tion de l’eau. Il agit éga­le­ment sur les bac­té­ries et les mi­croalgues se dé­ve­lop­pant dans l’eau en les éli­mi­nant. L’ozone éli­mine aus­si les odeurs te­naces de terre, ou de moi­si. L’eau peut être trai­tée aux points de sou­ti­rage, comme la douche. Un pom­meau de dou- che équi­pé d’un mi­cro­filtre pour­ra trai­ter jus­qu’à 10 000 litres d’eau, soit 100 pleins d’un ré­ser­voir de 100 l. Même prin­cipe pour le ro­bi­net de l’évier mais avec une ca­pa­ci­té de trai­te­ment jus­qu’à 6 000 litres. No­mad’O agit aus­si sur le cir­cuit de dis­tri­bu­tion avec un filtre à pla­cer juste en sor tie de la pompe à eau. Avec ces filtres, il n’y a pas de perte de charge de pres­sion sur le cir­cuit. En­fin l’équi­pe­men­tier pro­pose un sys­tème in­édit pour trai­ter l’eau au mo­ment du rem­plis­sage du ré­ser­voir d’eau propre. L’ap­pa­reil s’ins­talle en po­si­tion fixe ou amo­vible sur le cam­ping-car. Sans perte de charge, il per­met de rem­plir nor­ma­le­ment le ré­ser­voir en main­te­nant la pres­sion four­nie par le ré­seau de dis­tri­bu­tion d’eau.

Tous les rac­cords entre le No­mad’O et les ré­ser­voirs d’eaux (usées et propre) sont sur le même cô­té, en haut pour le ré­ser­voir d’eau propre et en bas vers le ré­ser­voir des eaux usées.

Pen­dant la phase de trai­te­ment des eaux, les ré­si­dus les plus gros sont éva­cués hors de l’ap­pa­reil, par un sys­tème de goutte-à-goutte.

Un échan­tillon du conte­nu du ré­ser­voir des eaux usées. À gauche de la pho­to avant trai­te­ment et, à droite, après avoir été dé­bar­ras­sé des agents pol­luants qu’il conte­nait, dans une qua­li­té d’eau de bai­gnade.

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1

1 La so­cié­té est do­tée d’un la­bo­ra­toire qui lui per­met d’ef­fec­tuer des ana­lyses de l’eau en fonc­tion des cri­tères des eaux de bai­gnade. Ces tests servent aus­si à va­li­der le bon fonc­tion­ne­ment de chaque ap­pa­reil. 2 Chaque No­mad’O en fin de mon­tage passe au banc d’es­sai pour va­li­der le bon fonc­tion­ne­ment des mem­branes. 3 Me­su­rer la conduc­ti­vi­té de l’eau per­met de sa­voir s’il y a peu ou beau­coup de ma­tières dis­soutes dans l’eau comme le so­dium, les sul­fates ou en­core les phos­phates. 3

Avec une eau re­cy­clée, on peut ef­fec­tuer toutes les tâches do­mes­tiques mais aus­si prendre une douche ou en­core se ser­vir de l’eau pour la cuis­son.

Le No­mad’O ne se montre pas très gourmand en termes de consom­ma­tion élec­trique, avec 2,24 A/h.

Pen­dant un cycle de re­cy­clage, le No­mad’O a un ren­de­ment de 94 %, ain­si tous les 10 re­cy­clages il y a une perte d’en­vi­ron 50 % de la ca­pa­ci­té du ré­ser­voir d’eau propre qu’il faut re­cons­ti­tuer en ver­sant di­rec­te­ment de l’eau dans le bac de douche.

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