Tou­risme en ville : Chi­non

Le Monde du Camping-Car - - SOMMAIRE - Texte et pho­tos : Jus­tine Chau­vin

Pe­tite ville d’Indre-et-Loire de plus de huit mille ha­bi­tants, Chi­non est cé­lèbre dans le monde en­tier grâce à son vin, bé­né­fi­ciant d’une ap­pel­la­tion d’ori­gine contrô­lée. Mais cette an­cienne ci­té mé­dié­vale va­lo­rise bien d’autres as­pects de son pa­tri­moine et par­vient à les par­ta­ger avec brio.

Vi­si­ter le pays chi­no­nais, c’est un peu comme faire un bond dans le pas­sé. Et pour­tant, cette ci­té res­tée au­then­tique et fi­dèle à son his­toire est loin d’être une vil­le­mu­sée. Sa po­pu­la­tion jeune et ac­tive a tout sim­ple­ment su pré­ser­ver et va­lo­ri­ser son pa­tri­moine. Si la ville est connue pour son vin, elle re­gorge de bien d’autres ri­chesses. Pre­mier in­dice avec un somp­tueux bronze de Fran­çois Ra­be­lais qui trône avec al­lure de­puis 1882 à l’en­trée du centre-ville.

Le sculp­teur du XIXe siècle, Émile Hé­bert, a dé­ci­dé de re­pré­sen­ter l’in­tel­lec­tuel dans ses ha­bits de mé­de­cin, une plume à la main. L’air pen­seur, l’homme de lettres a été ins­tal­lé dos à la Vienne tou­ran­gelle pour mieux sou­rire aux Chi­no­nais qui conti­nuent au­jourd’hui de ché­rir cet homme de­ve­nu un sym­bole. Le meilleur moyen de dé­cou­vrir Chi­non et de sai­sir toutes ses sub­ti­li­tés est de faire ap­pel à un guide.

Par exemple, Jean-Fran­çois Roche – qui pré­fère le terme de “conteur” – vous ré­serve une vi­site sur un gy­ro­pode. La pla­te­forme élec­trique à deux roues donne l’im­pres­sion de glis­ser sur l’as­phalte, voire de flot­ter : aty­pique, lu­dique et très pra­tique. Le conteur os­cille entre les faits his­to­riques et les ré­cits lit­té­raires de Ra­be­lais, de fa­çon à faire en­trer pro­gres­si­ve­ment les vi­si­teurs au coeur de la Ra­be­lai­sie… un des tours de force de Ra­be­lais, qui a réus­si à uni­fier fic­tion et réa­li­té géo­gra­phique. Car la Ra­be­lai­sie fait ré­fé­rence à un pays ima­gi­naire, re­trou­vé dans ses textes dont Chi­non est la ca­pi­tale. L’al­chi­mie entre le réel et ses oeuvres n’a pas été im­mé­diate et pour­tant, cinq siècles plus tard, elle est plus pré­sente que ja­mais. L’ar­chi­tec­ture du centre-ville ne peut que

ren­for­cer ce sen­ti­ment. Se ba­la­der dans les ruelles pa­vées entre ces belles mai­sons construites en tuf­feau, une pierre blanche tra­di­tion­nelle au charme écla­tant.

Cap sur les hau­teurs de la vieille ville

Tra­ver­ser le pont au-des­sus de la Vienne tou­ran­gelle pour ad­mi­rer d’un peu plus loin l’éten­due de la ville, sur­plom­bée par la for­te­resse royale. Pour s’y rendre, il faut alors re­brous­ser che­min et em­prun­ter les rues qui mènent vers les hau­teurs de la vieille ville. La Ville-Fort vous at­tend alors pour de nou­velles aven­tures.

Bien­ve­nue aux temps de la royau­té et de la guerre. Clas­sé au Pa­tri­moine mon­dial de l’Unes­co, ce pro­mon­toire for­ti­fié au Ve siècle a été très bien conser­vé. Per­ché sur un épe­ron ro­cheux consti­tué de “trois châteaux” (les rois les ap­pe­laient ain­si), ce lieu offre un pa­no­ra­ma im­pre­nable sur l’af­fluent de la Loire et les toits de la ville. En rai­son de sa po­si­tion stra­té­gique – à la croi­sée de l’An­jou, du Poi­tou et de la Tou­raine –, de nom­breux rois s’y sont éta­blis. On pense par exemple au roi d’An­gle­terre H en riII Plan ta ge­nêt au XIIe siècle.

Mais aus­si peu avant la nais­sance de Fran­çois Ra­be­lais au XVe siècle, quand le dau- phin Charles y ins­tal­la sa cour et y re­çut Jeanne d’Arc. Un per­son­nage his­to­rique qui a aus­si lais­sé des traces dans la ci­té chi­no­naise. Après avoir par­cou­ru la for­te­resse, il est pos­sible de re­des­cendre à pied ou bien de prendre un as­cen­seur, aux lignes mo­dernes, peut-être même un peu trop pour le pay­sage. Di­rec­tion ce qui était ap­pe­lé le Grand Car­roi ou Grand car­re­four, qui cor­res­pond au centre de la ville mé­dié­vale pour faire une halte au

mmu­sée Le Car­roi. CCe lieu cultu­rel eem­blé­ma­tique de CC­hi­non or­ga­nise ddes ex­po­si­tions de ddif­fé­rents genres, q qui na­viguent eentre plu­sieurs éé­poques. LaL pro­gram­ma­tion 2018 est axée sur la thé­ma­tique de l’art et de la mu­sique, avec Pia­no-pia­no. Mais avant d’ar­ri­ver au der­nier étage, deux ex­po­si­tions per­ma­nentes sont pré­sen­tées au rez-de-chaus­sée. La pre­mière met en va­leur la chape de saint Mexme, une étoffe de soie et d’or, tis­sée à la fin du XIe siècle et qui au­rait été of­ferte aux cha­noines de la Collégiale Saint-Mexme par Alié­nor d’Aqui­taine.

Une belle en­trée en ma­tière pour abor­der l’art du tis­sage de la soie au Moyen-Âge. Cette salle vous mène en­suite vers une pré­sen­ta­tion des chan­tiers de res­tau­ra­tion réa­li­sés de­puis dix ans par Hé­lène Gruau. Le mu­sée abrite aus­si, au pre­mier étage, la grande salle des États gé­né­raux où Charles VII les avait convo­qués en 1428. C’est là que le roi a ré­col­té as­sez d’ar­gent pour le­ver une ar­mée di­ri­gée par Jeanne d’Arc contre les An­glais et les Bour­gui­gnons. Si vous sou­hai­tez en­suite vous re­po­ser un peu, il est pos­sible de na­vi­guer sur une ga­bare, un ba­teau tra­di­tion­nel qui em­prunte fleuves et ri­vières. Avec un peu de so­leil, c’est un mo­ment très agréable, qui vous plonge dans le calme et la na­ture entre les bor­dures ver-

doyantes de la Vienne. C’est aus­si un très bon moyen de re­joindre La De­vi­nière, la mai­son d’en­fance de Fran­çois Ra­be­lais à Seuilly. Il faut em­prun­ter un pe­tit che­min à l’ombre des arbres qui longe un vi­gnoble, un cadre cham­pêtre, l’autre fa­cette du pays chi­no­nais.

L’art de la cé­lé­bra­tion

Dé­cou­vrir l’en­fance et la jeu­nesse de Ra­be­lais per­met de mieux ap­pré­hen­der sa per­sonne et son oeuvre. L’écri­vain place sa mai­son au coeur du ro­man Le Châ­teau de Grand­gou­sier, le ber­ceau de Gar­gan­tua. La De­vi­nière de­vient alors le siège de sa dy­nas­tie. Libre pen­seur – en fa­veur, entre autres, de la to­lé­rance et de la paix –, Fran­çois Ra­be­lais est dé­peint comme un bon vi­vant, qui ché­ris­sait le bon vin et les plai­sirs gus­ta­tifs. D’après lui, ces der­niers al­laient de pair avec le sa­voir et l’in­tel­lect. “Sa­vou­rer” et “sa­voir” ont en ef­fet un sens conti­gu au vu de leur ra­cine la­tine com­mune sa­pere, qui si­gni­fie à la fois avoir du goût et avoir de l’in­tel­li­gence. Alors à son image, les Chi­no­nais cé­lèbrent ré­gu­liè­re­ment cette phi­lo­so­phie et le la­beur ar­du des vi­gne­rons. L’an­née est en ef­fet ryth­mée par des évé­ne­ments en lien di­rect avec le vin. On pen­se­ra d’abord aux in­tro­ni­sa­tions des nou­veaux dis­ciples du chi­non qui in­tègrent alors la con­fré­rie des En­ton-

neurs ra­be­lai­siens. Ou­vertes à tous, ces cé­ré­mo­nies sont au nombre de quatre et s’éche­lonnent sur l’an­née. Le cha­pitre de la Saint-Vincent en jan­vier, ce­lui du bour­geon en mars, les ven­danges en sep­tembre et ce­lui de Diane (déesse de la chasse) en dé­cembre lors du­quel les femmes sont mises à l’hon­neur. Ils se dé­roulent tous au sein des Caves Painctes, si­tuées sous le Fort SaintGeorges, l’une des trois ailes de la for­te­resse qui n’est autre que le temple de la Dive Bou­teille. En somme, un mo­ment so­len­nel mais convi­vial, où les in­tro­ni­sés “che­va­liers” (au­jourd’hui au nombre de qua­rante mille) s’en­gagent à vouer un culte sans faille aux pré­ceptes ra­be­lai­siens et à les faire rayon­ner par-de­là les fron­tières.

Après le ri­tuel de pas­sage, les in­tro­ni­sés re­çoivent un cor­don rouge et or et une mé­daille en bronze frap­pée à l’ef­fi­gie de Ra­be­lais. Un ren­dez-vous qui a at­ti­ré de nom­breuses cé­lé­bri­tés de­puis ses dé­buts en 1962 : Liz Tay­lor, Gé­rard De­par­dieu, le Prince Al­bert de Mo­na­co, Si­mone Weil, Pierre Sa­lin­ger… D’autres évé­ne­ments, un peu plus clas­siques sont à no­ter. Le troi­sième sa­me­di du mois d’avril, la foire

“Les vi­gne­rons dans la ville” ac­cueille de soixante à quatre-vingts pro­fes­sion­nels de l’ap­pel­la­tion chi­non sur les places de la ci­té. En deux jours, plus de quatre mille vi­si­teurs en pro­fitent pour faire un beau tour d’ho­ri­zon de toutes les ri­chesses vi­ti­coles qu’offrent les do­maines de l’AOC chi­non. Si l’au­tomne est une sai­son qui peut en cha­gri­ner cer­tains, ren­dez-vous dé­but no­vembre pour se chan­ger les idées avec Les Nour­ri­tures élé­men­taires. Construit comme un hymne à la pen­sée ra­be­lai­sienne, ce fes­ti­val se dé­roule au­tour de con­fé­rences, de dé­gus­ta­tions, d’ex­po­si­tions et de dî­ners-spec­tacles. C’est un ren­dez-vous

par­ti­ci­pa­tif qui per­met d’adop­ter une pers­pec­tive dif­fé­rente sur la vie en as­so­ciant le texte de Ra­be­lais au vin. Cer­tains vi­gne­rons surfent sur les ten­dances et es­saient d’in­no­ver. C’est le cas de Pierre et Ber­trand Cou­ly qui sont à l’ini­tia­tive d’un es­cape-game dans un chai. Pe­tites ex­pli­ca­tions pour les plus jeunes : un chai est le lieu où se dé­roule la vi­ni­fi­ca­tion des rai­sins et pour les moins jeunes, un es­cape-game est un jeu d’éva­sion très ten­dance, ba­sé sur des énigmes qui vous per­mettent d’avan­cer et de vous échap­per de l’en­droit où vous avez été en­fer­mé. Si cer­tains es­cape-games peuvent tendre à faire peur, l’axer sur l’oenologie donne une nou­velle di­men­sion à ce jeu. Le lieu prin­ci­pal est donc le chai de vi­ni­fi­ca­tion ul­tra­mo­derne, des­si­né par Ber­trand Pen­ne­ron. Vous êtes en fait en­fer­mé dans la cave per­son­nelle de Ber­trand Cou­ly et vous avez une heure pour en sortir. Le chal­lenge : per­cer les se­crets des vins. Il faut s’ac­cro­cher, la tâche n’est pas ai­sée entre casse-tête in­fer­naux, énigmes im­pos­sibles et code in­dé­chif­frables ! Mais qui reste adap­té pour une sor­tie fa­mi­liale comme ami­cale.

Chi­non pour les gour­mands

Toutes ces vi­sites et ces évé­ne­ments fi­nissent par mettre l’eau à la bouche. Et ce­la tombe bien puisque Chi­non a tou­jours de nom­breuses spé­cia­li­tés tra­di­tion­nelles à of­frir, no­tam­ment grâce à sa lo­ca­li­sa­tion. D’abord la ri­vière avec ses bro­chets, ses sandres, ses aloses, ses perches et même ses an­guilles qui se ma­rient très bien aux chi­nons lé­gers blanc et rouge. L’im­po­sante fo­rêt four­nit un beau pa­nel de gi­bier, une viande rouge qui mé­rite alors des chi­nons dé­struc­tu­rés de quelques an­nées. La char­cu­te­rie est aus­si très pri­sée. Sa spé­ci­fi­ci­té est qu’elle est gé­né­ra­le­ment cuite, comme le rillon : des mor­ceaux de poi­trine de porc dé­couen­née et cuits dans le sain­doux. Ou en­core les cé­lèbres rillettes de Tours qui dif­fèrent de ses concur­rentes du Mans mi­jo­tées à l’étouf­fée, car elles sont ris­so­lées et cuites len­te­ment dans une mar­mite ou­verte, ce qui les bru­nit lé­gè­re­ment et les rend un peu plus sèches. Par­faites pour un apé­ri­tif ou une en­trée ac­com­pa­gnés par du vin ro­sé. Le sa­fran de Tou­raine est aus­si à mettre en va­leur. Cette épice compte une bonne tren­taine de pro­duc­teurs et vient ap­por­ter une touche su­bli­ma­toire dans les sauces de plats de pois­son, ac­com­pa­gnés d’un chi­non blanc. La truffe pré­sente dans les sols cal­caires est aus­si ma­gni­fiée par le rouge de Chi­non. Au res­tau­rant Au Cha­peau rouge, vous pour­rez dé­cou­vrir le mer­veilleux foie gras à la poire ta­pée… Le fruit suit un mode de conser­va­tion qui date du XIe siècle. Les pay­sans conser­vaient les fruits en les fai­sant sé­cher. Elles sont po­sées sur des claies – queue en bas – et pla­cées plu­sieurs jours dans des fours chauf­fés au feu de bois. Une fois sèches, elles sont en­suite apla­ties avec un apla­tis­soir. Au­jourd’hui, elles sont consom­mées ré­hy­dra­tées : plon­gées dans du vin de Loire et de l’hy­po­cras avec du miel et des épices… L’en­semble peut être ac­com­pa­gné du foué, un pain plat crous­tillant proche de la fou­gasse pro­ven­çale. Et si vous avez en­core de la place, vous sa­li­ve­rez de­vant la fouace de Ler­né (une com­mune proche de Chi­non) : une pe­tite boule de pain brio­ché épi­cé au miel, aux noix, à la can­nelle et un peu de sa­fran. Ra­be­lais en donne une belle des­crip­tion dans Gar­gan­tua. Bien d’autres mer­veilles cu­li­naires sont à dé­cou­vrir…

1. Cette sta­tue rend hom­mage à Fran­çois Ra­be­lais, vrai sym­bole et ins­pi­ra­tion pour Chi­non et ses ha­bi­tants. Sculp­tée par Émile Hé­bert, elle fait face à la for­te­resse de­puis le XIXe siècle. 2. Le Mu­sée Le Car­roi, créé en 1906, pré­sente une col­lec­tion im­pres­sion­nante de sta­tues du XVe au XVIIIe siècle, dans la salle des États gé­né­raux de 1428. 3. Jean-Max Man­ceau est le Grand Maître de la con­fré­rie des En­ton­neurs ra­be­lai­siens. 4. La for­te­resse mé­dié­vale veille sur Chi­non et offre un pay­sage épous­tou­flant, avec la Vienne qui tra­verse la ville.

La for­te­resse royale haut per­chée do­mine le pays chi­no­nais.

La for­te­resse royale, pro­té­gée à l’époque par des douves, est com­po­sée de trois pe­tits châteaux. Un vrai voyage à l’époque mé­dié­vale.

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Un vi­si­teur s’ap­prête à goû­ter le vin du do­maine de L’Ar­pen­ty au mo­ment des Vi­gne­rons dans la ville, ren­dez-vous tra­di­tion­nel du mois d’avril.

1 et 2. La Con­fré­rie des En­ton­neurs ra­be­lai­siens, créée en 1961, a pour vo­ca­tion de faire la pro­mo­tion du vin de Chi­non et de per­pé­tuer l’en­sei­gne­ment ra­be­lai­sien. 3. La De­vi­nière, la mai­son d’en­fance de Ra­be­lais est bor­dée par un vi­gnoble. 3

Par­cou­rir la vieille ville en gy­ro­pode marque une sorte d’ana­chro­nisme, mais reste très agréable. L’art de mé­lan­ger les époques et les styles…

Gar­gan­tua est l’un des per­son­nages les plus cé­lèbres ima­gi­nés par Fran­çois Ra­be­lais. Avec cette oeuvre, Ra­be­lais pro­voque une ré­vo­lu­tion hu­ma­niste en mê­lant dans l’édu­ca­tion faite au géant : hy­giène, sport, sa­voir et plai­sir.

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1. La De­vi­nière était la mai­son d’en­fance de Ra­be­lais. Elle se trouve à Seuilly, ville voi­sine de Chi­non. 2. Au mu­sée Le Car­roi, vous pou­vez pé­né­trer dans la salle des États gé­né­raux convo­qués par Charles VII en 1428. 3. Cette salle peut aus­si ac­cueillir des évé­ne­ments, comme cette dé­gus­ta­tion ex­cep­tion­nelle de mil­lé­simes de paix or­ga­ni­sée par le Syn­di­cat des vi­gne­rons de Chi­non, avec un vin vieux de 1911 !

La Vienne, af­fluent de la Loire, est im­por­tante pour l’his­toire de la ville. Le ba­teau tra­di­tion­nel s’ap­pelle une ga­bare, uti­li­sée à l’époque pour le com­merce. Que c’est bon ! À Chi­non, on se cultive et on boit du très bon vin mais pas que. Vous pour­riez dé­cou­vrir le foué (pe­tit pain tra­di­tion­nel) par exemple, ou bien suc­com­ber à une me­ringue sa­fra­née…

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