4 5

Le Monde du Camping-Car - - TOURISME -

lorsque Fe­lice Va­ri­ni (spé­cia­liste de l’ana­mor­phose) y a pro­je­té son oeuvre sur­pre­nante : Un cercle et mille frag­ments. Des ruines qui donnent une idée de sa splen­deur pas­sée. De Ma­zan-l’Ab­baye, fi­lez vers la N102, route qui fait la join­ture entre Le Puy-en-Ve­lay et Au­be­nas, et ar­rê­tez-vous à Thueyts. L’Ar­dèche est là, en contre­bas d’une pro­me­nade qui né­ces­site à pied par le pont, de bonnes chaus­sures ain­si qu’un peu de temps et d’ef­fort. Vous pour­rez éga­le­ment po­ser votre cam­ping-car à la Plaine des sports. Et là en bas d’un ra­vin, ce­rise sur le gâ­teau, le pont du Diable est vi­sible d’une pla­te­forme pa­no­ra­mique. Une vue im­pre­nable.

Des châ­tai­gniers quatre fois cen­te­naires

Im­pre­nable, elle l’est aus­si, la vue sur la mon­tagne dont dis­pose Ca­role et Ni­co­las. « Ici il y a dix ans, il n’y avait rien qu’un champ de cé­réales. Nous avons tout construit. » Elle du Ju­ra, lui de l’Isère, ils se sont ren­con­trés en BTS. Huit ans d’al­page en­semble, deux en­fants, trente-cinq bre­bis lai­tières La­caune, trois hec­tares de châ­tai­gniers et trois cent soixante vi­rages d’ici à Tour­non (la grande ville) plus tard, les voi­ci ins­tal­lés à La­mastre, aux Chau­pous, dans la mon­tagne. Fa­bri­ca­tion de fro­mages, yaourts, confi­tures, glaces, le tout au lait de bre­bis, le duo ne chôme pas. Et ce­pen­dant Ni­co­las trouve le temps de faire le ber­ger – certes avec les oies ce jour-là : les mou­tons sont dans le pré plus bas – ac­com­pa­gné de ses deux bor­der col­lie, à qui il adresse une di­zaine d’ordres en fran­çais pour Lo­mée et en an­glais pour News. Ré­sul­tat : les oies marchent au pas ! Dix ki­lo­mètres – un gros quart d’heure – sé­parent par la route de Gil­hac, la mon­tagne de Ni­co­las et Ca­role de la mon­tagne de Mi­chel et Mar­tine Grange. Et c’est Mi­chel qui nous ac­cueille à La Ferme des châ­tai­gniers. Pas de sou­ci pour mon­ter et ga­rer le cam­ping-car. La poi­gnée de main est franche, l’homme so­li­de­ment plan­té, comme ses arbres. « Nous fai­sons de la châ­taigne de­puis sept gé­né­ra­tions. Au­tre­fois, ils ra­mas­saient sans gants. Au­jourd’hui, nous avons deux mille arbres dé­diés à la pro­duc­tion AOP en bio. Le plus vieux a quatre cents ans et fait huit mètres vingt de cir­con­fé­rence. Mes grands-pa­rents la trans­for­maient dé­jà avant que les in­dus­triels ne s’en em­parent pour l’ache­ter à bas coût. En France, cin­quante pour cent de la pro­duc­tion viennent d’Ar­dèche, quinze des Cé­vennes, cinq à dix de Corse et le reste de Re­don. Avec la châ­taigne, pré­cise-t-il, si je ré­sume, on est pas­sé d’un fruit que l’on don­nait aux co­chons à un pro­duit de luxe. Sa­lée, su­crée, en en­trée… Elle a de l’ave­nir, dé­sor­mais. » Mon­tez, al­lez vous frot­ter avec l’arbre em­blé­ma­tique de l’Ar­dèche, en com­pa­gnie de Mi­chel Grange. Comme le fai­sait Jean Ferrat qui avait la pas­sion des châ­tai­gniers : « Le châ­tai­gnier a quelque chose de ras­su­rant. C’est so­lide un châ­tai­gnier, ça tient au sol ! » ra­conte alors, Jean Ferrat à Ber­nard Pi­vot. Si l’au­tomne était un fruit, ce se­rait une châ­taigne. Cette an­née en­core, elle se­ra grillée dans les che­mi­nées de mai­sons en toit de lauze, quelque part sur les pentes de la mon­tagne alors que la nuit s’ins­talle à La­mastre sur les bords du Doux. On éclaire en­fin le cam­ping-car. Et l’on fre­donne… « Comment peut-on s’ima­gi­ner en voyant un vol d’hi­ron­delle, que l’au­tomne vient d’ar­ri­ver ! »

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.