Pe­tits tra­cas fes­ti­va­liers

Trans­ports, toi­lettes, res­tau­ra­tion... L’ac­cueil du public du « in » laisse par­fois à dé­si­rer

Le Monde - - CULTURE - Bri­gitte sa­li­no

La Ma­nu­fac­ture est une des scènes les plus in­té­res­santes du Fes­ti­val « off », où l’on va pour dé­cou­vrir des ar­tistes. Elle a deux lieux: l’un au centre-ville, rue des Ecoles, l’autre à la pa­ti­noire d’Avi­gnon, à 3,2 ki­lo­mètres des rem­parts. Quand les spec­tacles se donnent à la pa­ti­noire, une na­vette est mise à dis­po­si­tion du public. Son prix, 1,50 eu­ro, est com­pris dans l’achat du billet, 19,50 eu­ros en ta­rif plein (plus 0,99 eu­ro de frais de lo­ca­tion par In­ter­net). Cette men­tion ap­pa­raît dans le pro­gramme du « off ».

Il n’en va pas de même pour le «in». Quand on se rend au Parc des ex­po­si­tions, à 7,5 ki­lo­mètres des rem­parts – où Guy Cas­siers suc­cé­de­ra à Frank Cas­torf, à par­tir du 18 –, et à Ve­dène (7,6 ki­lo­mètres) – où Ka­tie Mit­chell pré­sente Les Bonnes à par­tir du 19 –, il y a aus­si une na­vette. Mais elle coûte 4,50 eu­ros, qui s’ajoutent au prix du billet, 29 eu­ros en ta­rif plein, et aux 2 eu­ros de frais de lo­ca­tion par In­ter­net. Pour croi­ser ces in­for­ma­tions, il faut lire le pro­gramme.

Si l’on de­mande à la di­rec­tion du « in » pour­quoi le prix de la na­vette n’est pas in­té­gré à ce­lui du billet, comme à La Ma­nu­fac­ture, elle ré­pond que c’est « un casse-tête ». On ai­me­rait le faire, mais on ne le peut pas, parce que, dit-on, ce se­rait lé­ser ceux qui viennent en voi­ture au Parc des ex­po­si­tions ou à Ve­dène. Certes, mais ce­la ne règle pas la ques­tion de fond: 4,50 eu­ros, ce­la compte, sur­tout quand on est jeune et désar­gen­té.

C’est moins cher pour aller à La Fa­bri­ca – où Oli­vier Py cède la place à Di­mi­tris Pa­paioan­nou, à par­tir du 19 –, et au gym­nase Paul-Gié­ra, tout à cô­té – où Jean-Fran­çois Ma­ti­gnon rem­place le Bir­git En­semble, à par­tir du 19. Les spec­ta­teurs peuvent prendre le bus (1,40 eu­ro le tra­jet), mais à par­tir de 22 heures, il y a un pas­sage toutes les trente mi­nutes – soit le temps de ren­trer à pied jus­qu’aux rem­parts.

L’ou­vreuse des toi­lettes

Sur place, de la nour­ri­ture est ven­due. A manger sou­vent de­bout et en plein ca­gnard – alors qu’à la Mai­son Jean-Vi­lar, où se joue Ra­mo­na, de Re­zo Ga­briadze, des tentes avec hu­mi­di­fi­ca­teurs sont ins­tal­lées, et que c’est tou­jours un dé­lice d’aller à la Char­treuse de Ville­neuve-lès-Avi­gnon, où il y a The Last King of Kak­fon­tein, de Boy­zie Cek­wa­na, à par­tir du 17. Au gym­nase Paul-Gié­ra, il faut faire la queue, tou­jours sous le ca­gnard, parce qu’il n’y a que deux toi­lettes (ne par­lons pas de leur état), dont une qui ne ferme pas: une jeune ou­vreuse tient la porte…

Tout ce­la n’est pas sans im­por­tance: un fes­ti­val, ce ne sont pas seule­ment des spec­tacles, mais aus­si une fa­çon d’ac­cueillir le public et de prendre soin de son bie­nêtre. On veut bien en­tendre que la di­rec­tion du «in» soit contrainte par un bud­get ser­ré, mais est-ce un bon cal­cul de faire pe­ser des éco­no­mies de bouts de chan­delle sur la bonne vo­lon­té et le porte-mon­naie des fes­ti­va­liers ?

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