Ma­cron, Hol­lande, Sar­ko­zy : des « fai­néants » à la « cor­dée »

Le Monde - - FRANCE - Bastien bon­ne­fous et so­lenn de royer

Fran­çois Hol­lande n’au­ra at­ten­du que quatre pe­tits mois avant de fou­ler de nou­veau le gra­vier de la cour du 55, rue du Fau­bourg-Saint-Ho­no­ré. L’an­cien chef de l’Etat était convié, ven­dre­di 15 sep­tembre, à l’Ely­sée, comme son pré­dé­ces­seur Ni­co­las Sar­ko­zy, à la cé­lé­bra­tion or­ga­ni­sée par Em­ma­nuel Ma­cron pour l’ob­ten­tion par Pa­ris des Jeux olym­piques de 2024.

Une semaine au­pa­ra­vant, de­puis Athènes, le nou­veau pré­sident avait dé­fen­du son train de ré­formes en fus­ti­geant l’in­ac­tion des « fai­néants » qui l’avaient pré­cé­dé au cours des quinze der­nières an­nées, ci­blant ain­si sans les nom­mer ses deux pré­dé­ces­seurs. Ven­dre­di, sur le per­ron comme dans la salle d’hon­neur du pa­lais – la même qui avait ac­cueilli la pas­sa­tion des pou­voirs du 14 mai – Em­ma­nuel Ma­cron s’est bien gar­dé de cri­ti­quer ses ex­ho­mo­logues. Pas de piques contre Fran­çois Hol­lande et Ni­co­las Sar­ko­zy (avec qui il a dî­né avec son épouse Bri­gitte Ma­cron, à l’Ely­sée, le 5 juillet), mais des sou­rires, des tapes dans le dos et des fé­li­ci­ta­tions.

De­vant un par­terre de 400 in­vi­tés du monde spor­tif et po­li­tique, le pré­sident de la Ré­pu­blique a van­té « une his­toire de cor­dée à tra­vers le temps », s’ins­cri­vant comme un simple maillon d’une chaîne com­men­cée avant lui. « Je n’ai fait que pous­ser dans l’en-but un bal­lon qui y était dé­jà», at-il dé­cla­ré, fair-play, ren­dant hom­mage aux rôles joués par Fran­çois Hol­lande, « le pre­mier » à avoir «por­té cette am­bi­tion» et par Ni­co­las Sar­ko­zy, qui « a ai­dé à convaincre » au sein du Co­mi­té in­ter­na­tio­nal olym­pique.

Consen­suel, Em­ma­nuel Ma­cron a éga­le­ment sa­lué l’im­pli­ca­tion de la maire de Pa­ris, la so­cia­liste Anne Hi­dal­go, et de la pré­si­dente Les Ré­pu­bli­cains de la ré­gion Ile-de-France, Valérie Pé­cresse. Iro­nie du mo­ment, la plu­part de ces ac­teurs se ver­raient bien oc­cu­per l’Ely­sée en 2024 quand la ca­pi­tale ac­cueille­ra la com­pé­ti­tion olym­pique. A com­men­cer par le chef de l’Etat lui­même qui a, dès le dé­part, pla­cé son ac­tion sous l’égide de deux quin­quen­nats. Dans son dis­cours, M. Ma­cron a d’ailleurs cé­lé­bré « une can­di­da­ture aty­pique qui cor­res­pon­dait à l’agenda » et «le ferment d’une trans­for­ma­tion pro­fonde du pays». « Là où beau­coup pen­saient que c’était im­pos­sible, vous l’avez fait»,y com­pris en fai­sant «taire les grin­cheux», a-t-il ap­plau­di. Une plai­doi­rie pour « Pa­ris 2024 » que l’on pou­vait aus­si bien en­tendre comme un rap­pel de sa propre vic­toire pré­si­den­tielle.

SUR LE PER­RON ET DANS LA SALLE D’HON­NEUR, LE CHEF DE L’ÉTAT S’EST BIEN GAR­DÉ DE CRI­TI­QUER SES EX-HO­MO­LOGUES

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