L’ex-punk pas­sée à l’Etat is­la­mique au­rait été tuée en Sy­rie

Le Monde - - INTERNATIONAL - Phi­lippe ber­nard (londres, cor­res­pon­dant) et mad­jid zer­rou­ky

Ex-gui­ta­riste d’un groupe punk fé­mi­nin, Sal­ly-Anne Jones, 48ans, re­cru­teuse et pro­pa­gan­diste de l’or­ga­ni­sa­tion Etat is­la­mique (EI), au­rait été tuée en juin, en Sy­rie, par un drone Pre­da­tor amé­ri­cain, af­firme jeu­di 12 oc­tobre le quo­ti­dien The Sun. Le titre choi­si par le ta­bloïd, «La veuve blanche éli­mi­née », fait ré­fé­rence au sur­nom don­né par la presse bri­tan­nique à cette mère de deux en­fants de­ve­nue icône de la pro­pa­gande is­la­miste, après la mort de son ma­ri Ju­naid Hus­sain, dji­ha­diste an­glo-pa­kis­ta­nais, tué en 2015 à l’âge de 21 ans, éga­le­ment par un drone amé­ri­cain.

Le Pen­ta­gone n’a pas confir­mé l’in­for­ma­tion, mais le Sun s’ap­puie sur une source gou­ver­ne­men­tale bri­tan­nique. La mort de la dji­ha­diste bri­tan­nique au­rait été te­nue se­crète par crainte des ré­ac­tions que sus­ci­te­rait la nou­velle de l’éven­tuelle dis­pa­ri­tion à ses cô­tés de Jo­jo, son fils de 12 ans, dont elle se se­rait ser­vie comme bou­clier.

La pre­mière mi­nistre, The­re­sa May, a in­di­qué qu’elle était « au cou­rant de ces in­for­ma­tions » mais qu’elle n’était « pas en me­sure de les com­men­ter ». Elle a re­fu­sé de confir­mer la mort de Jo­jo. La dji­ha­diste au­rait été at­teinte alors qu’elle fuyait Rak­ka et se di­ri­geait vers la ville de Maya­din, non loin de la fron­tière avec l’Irak.

En 2013, Sal­ly-Anne Jones avait quit­té son HLM de Cha­tham, dans le Kent (sud-est de l’An­gle­terre) pour em­bras­ser la cause dji­ha­diste en Sy­rie, em­me­nant avec elle Jo­jo, son fils de 8ans, tout en lais­sant en An­gle­terre son fils aî­né. Ti­tu­laire d’une ving­taine de comptes Twit­ter, la Bri­tan­nique, née à Green­wich (Londres), s’était fait connaître sous le pseu­do­nyme Umm Hus­sein Al-Bri­ta­niyah. Po­sant en armes sur des pho­tos, elle ap­pe­lait au meurtre des chré­tiens et in­ci­tait à com­mettre des at­ten­tats au Royaume-Uni en don­nant des conseils sur la fa­bri­ca­tion de bombes ar­ti­sa­nales. «Pour être hon­nête, je n’irais pas au centre de Londres en juin ou juillet. (…) J’évi­te­rais par­ti­cu­liè­re­ment le mé­tro », twee­tait-elle en juin.

En 2015, elle avait aus­si dif­fu­sé les co­or­don­nées pri­vées et des pho­tos de sol­dats amé­ri­cains ayant par­ti­ci­pé aux opé­ra­tions ex­té­rieures des Etats-Unis, après le ha­cking de la base de don­nées d’un fonds de pen­sion, réa­li­sé par son ma­ri, un ha­ckeur ori­gi­naire de Bir­min­gham.

Ce qui lui a va­lu d’être pla­cée sur la liste des ter­ro­ristes du dé­par­te­ment d’Etat amé­ri­cain en sep­tembre 2015. Son nom a aus­si été ci­té dans un pro­jet d’at­ten­tat qui de­vait vi­ser la reine Eli­za­beth d’An­gle­terre et le prince Phi­lip le 15 août 2015 à Londres, lors des cé­ré­mo­nies com­mé­mo­rant la vic­toire de 1945 sur le Ja­pon.

Elle a été liée à Al-Khan­saa, une uni­té fé­mi­nine rat­ta­chée à la his­ba, la po­lice is­la­mique de l’EI, qui avait aus­si un rôle de pro­pa­gande, no­tam­ment pour at­ti­rer des étran­gères et des Oc­ci­den­tales. Les ser­vices de sé­cu­ri­té es­timent que 850 Bri­tan­niques sont par­tis en Sy­rie com­battre aux cô­tés de l’EI, dont quelque 250 se­raient ren­trés.

« LA VEUVE BLANCHE » AP­PE­LAIT AU MEURTRE DES CHRÉ­TIENS ET IN­CI­TAIT À COM­METTRE DES AT­TEN­TATS AU ROYAUME-UNI

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