UN AP­PEL AU DÉ­PIS­TAGE AFIN DE RAS­SU­RER

Dé­s­in­for­ma­tion et in­quié­tudes ont mis à mal le dé­pis­tage du can­cer du sein. Le Pr Ca­role Ma­the­lin, chef du ser­vice de sé­no­lo­gie au CHU de Stras­bourg et res­pon­sable de la com­mis­sion sé­no­lo­gie du Col­lège na­tio­nal des gy­né­co­logues obs­té­tri­ciens fran­çais (CNG

Le Monde - - COMMUNIQUÉ -

QUELLES SONT LES QUES­TIONS sou­le­vées par le dé­pis­tage du can­cer du sein ? Ce can­cer touche 54 000 femmes et en tue plus de 11 000 chaque an­née. C’est la pre­mière cause de mor­ta­li­té par can­cer chez les femmes.Dans 60 % des cas, la ma­la­die sur­vient dans la tranche d’âge du dé­pis­tage de 50 à 74 ans, pour les femmes sans risque par­ti­cu­lier. Ces femmes sont de­man­deuses d’in­for­ma­tions, no­tam­ment concer­nant le sur-diag­nos­tic et le sur-trai­te­ment. Sans moyens ac­tuels pour iden­ti­fier les can­cers qui n’évo­lue­ront pas de ceux qui évo­lue­ront et re­pré­sentent l’écra­sante ma­jo­ri­té des cas, nous trai­tons l’en­semble des cas diag­nos­ti­qués. Dé­sin­for­mées, cer­taines femmes es­pèrent que le can­cer ré­gresse spon­ta­né­ment. Le ré­sul­tat est dé­sas­treux et nous confronte à des tu­meurs par­fois dii­ci­le­ment trai­tables.Dans d’autres cas,la peur du risque de can­cers ra­dioin­duits fait bar­rage au dé­pis­tage. Ce risque est de 1 à 10/100 000 pour les femmes ayant réa­li­sé une mam­mo­gra­phie tous les deux ans pen­dant dix ans. Il est donc très mi­nime au re­gard des bé­né­fices du dé­pis­tage.

Quels sont les atouts du dé­pis­tage du can­cer du sein ? Au­jourd’hui, deux cli­chés mam­mo­gra­phiques sont pris sous deux angles di­fé­rents pour chaque sein. Ces cli­chés sont lus par deux ra­dio­logues. Un in­té­rêt ma­jeur, lorsque l’on sait que 6 % des can­cers sont dé­tec­tés à la deuxième lec­ture. La mam­mo­gra­phie, prise en charge à 100% sans avance de frais et sui­vie d’un exa­men cli­nique, peut être com­plé­tée, si be­soin, par une écho­gra­phie mam­maire.

Quels sont les bé­né­fices du dé­pis­tage ? Diag­nos­ti­qué et trai­té à temps, un can­cer du sein gué­rit dans 9 cas sur 10. En dé­ce­lant des can­cers à un stade pré­coce, avant que la tu­meur ne soit pal­pable, le dé­pis­tage sauve des vies. Ain­si, la mor­ta­li­té est ré­duite de 15 à 21 %. Les trai­te­ments et les sé­quelles sont éga­le­ment beau­coup moins lourds. Dans le Bas-Rhin,il existe un dé­pis­tage de­puis 1989. Le sui­vi des femmes de 50 à 74 ans dé­pis­tées est com­pa­ré à ce­lui de femmes non dé­pis­tées de­puis 2001. Le constat est sans ap­pel : le dé­pis­tage ré­duit de 20 % les mam­mec­to­mies, de 21 % les cu­rages axil­laires, il di­mi­nue éga­le­ment le re­cours à la chi­mio­thé­ra­pie de 14 %. Se­lon le re­gistre du can­cer du Bas-Rhin, qui a éta­bli les courbes de sur­vie de ces pa­tientes, celles qui ne sont pas dans le groupe dé­pis­tage ont un risque de dé­cès aug­men­té de 76 % par rap­port au groupe dé­pis­tage. De son cô­té, pour sen­si­bi­li­ser les femmes, le CNGOF a éta­bli une fiche d’in­for­ma­tions au dos des or­don­nances pour le dé­pis­tage. Un mes­sage fort adres­sé aux femmes concer­nées. G. H. ȕ

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