Des af­faires qui volent en es­ca­drille

le groupe eu­ro­péen est ci­té dans de mul­tiples dos­siers :

Le Monde - - ENQUÊTE -

Le « Ka­za­kh­gate » Le groupe Air­bus est ci­té dans un dos­sier ins­truit à Pa­ris pour «cor­rup­tion d’agents étran­gers», après la vente de 45 hé­li­co­ptères Eu­ro­cop­ter EC145 et de deux sa­tel­lites au Ka­za­khs­tan, en 2010-2011, une af­faire dans la­quelle sont mis en cause l’an­cien pré­sident Ni­co­las Sar­ko­zy et plu­sieurs de ses proches. Le groupe est soup­çon­né d’avoir ver­sé 12 mil­lions d’eu­ros de pots-de-vin (4 % du mar­ché) à Pa­tokh Cho­diev, un oli­garque bel­go-ka­zakh, un in­ter­mé­diaire proche du pré­sident Nour­soul­tan Na­zar­baïev.

Le dos­sier Eu­ro­figh­ter Air­bus est pour­sui­vi en Au­triche et en Al­le­magne pour la vente de 18 avions de com­bat Eu­ro­figh­ter à hau­teur de 2 mil­liards d’eu­ros en 2003, ra­me­née en 2007 à 15 ap­pa­reils pour près de 1,7 mil­liard. Tom En­ders – ac­tuel pa­tron du groupe – di­ri­geait alors la branche dé­fense d’EADS, de­ve­nu Air­bus Group en jan­vier2014. L’Etat au­tri­chien a por­té plainte en fé­vrier contre Air­bus, à qui il ré­clame jus­qu’à 1,1 mil­liard d’eu­ros pour des com­mis­sions oc­cultes. La jus­tice ba­va­roise en­quête de son cô­té de­puis 2012, et les in­ves­ti­ga­tions « ap­prochent de leur terme », a in­di­qué, le 6oc­tobre, le par­quet gé­né­ral de Mu­nich, qui as­sure ce­pen­dant ne dis­po­ser que de «peu de preuves». Me­dia­part et l’heb­do­ma­daire Der Spie­gel sou­tiennent au contraire que les en­quê­teurs ont dé­cou­vert qu’Air­bus avait créé des « so­cié­té­sé­crans » au­tour d’une an­cienne fi­liale de main­te­nance, Vec­tor Ae­ros­pace, qui au­raient per­mis de « ver­ser des pots-de-vin à des dé­ci­deurs ba­sés en Au­triche », no­tam­ment au par­ti d’ex­trême droite FPÖ.

De nou­velles tran­sac­tions sus­pectes Le groupe a lan­cé une en­quête in­terne après les ré­vé­la­tions du Guar­dian, le 18 sep­tembre, fai­sant état d’une sé­rie de tran­sac­tions sus­pectes, à hau­teur de 19mil­lions d’eu­ros, dans deux so­cié­tés dis­crè­te­ment contrô­lées par Air­bus, l’en­tre­prise mal­taise Eo­lia et la so­cié­té néer­lan­daise Avin­co Hol­dings. Une grande par­tie de ces flux a été trans­fé­rée à une mys­té­rieuse so­cié­té, Ma­la­na Hol­ding, via des pa­ra­dis fis­caux. Air­bus s’est dit in­ca­pable de dé­ter­mi­ner qui avait ef­fec­ti­ve­ment en­cais­sé ces sommes, ni pour­quoi les liens avec ces deux so­cié­tés avaient été dis­si­mu­lés.

La mine d’or du Ma­li Air­bus Group est ci­té dans une en­quête ju­di­ciaire à Pa­ris pour es­cro­que­rie et abus de confiance sur une mine d’or ma­lienne en dé­pôt de bi­lan, dont les ac­tion­naires disent avoir été rui­nés. L’un d’eux, la so­cié­té al­le­mande Pearl Gold, a por­té plainte en mars 2016. Air­bus, en­tré au ca­pi­tal de cette so­cié­té en 2012, est soup­çon­né, se­lon Me­dia­part, d’avoir vou­lu dé­ga­ger des fonds oc­cultes pour des contrats de ma­té­riels mi­li­taires au Ma­li. L’en­quête, tou­jours à l’ins­truc­tion, semble en som­meil.

La fi­liale saou­dienne L’au­to­ri­té bri­tan­nique de lutte contre la fraude, le Se­rious Fraud Of­fice (SFO), a aban­don­né, en fé­vrier, les pour­suites contre plu­sieurs membres d’une fi­liale d’Air­bus en Ara­bie saou­dite, GPT Spe­cial Pro­ject Ma­na­ge­ment, qui por­taient sur des soup­çons de cor­rup­tion. Une seule per­sonne reste sous le coup de l’en­quête ou­verte en août 2012, qui s’in­té­res­sait à de pos­sibles pots-de-vin au­tour d’un contrat de 3,3 mil­liards de dol­lars (2,4 mil­liards d’eu­ros) pour la four­ni­ture de sys­tèmes de com­mu­ni­ca­tion à la garde na­tio­nale du royaume.

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