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La vie des douze Cé­sars (5/12) : Né­ron

Le Nouvel Economiste - - La Une -

I. Mai­son Do­mi­tia. Les Cal­vi­ni et les Ahe­no­bar­bi

Dans la mai­son Do­mi­tia, deux fa­milles s’illus­trèrent, celle des Cal­vi­ni et celle des Ahe­no­bar­bi. Les Ahe­no­bar­bi doivent leur ori­gine et leur sur­nom à L. Do­mi­tius. Ce­lui-ci, re­ve­nant un jour de la cam­pagne, ren­con­tra deux jeunes gens d’une beau­té cé­leste, qui lui or­don­nèrent d’an­non­cer au sé­nat et au peuple une vic­toire que l’on re­gar­dait en­core comme in­cer­taine. Pour lui prou­ver leur di­vi­ni­té, ils lui ca­res­sèrent les joues, et de noire qu’était sa barbe, elle de­vint rousse. Ce signe de­meu­ra à ses des­cen­dants, qui presque tous eurent la barbe de cette cou­leur. La fa­mille des Ahe­no­bar­bi fut ho­no­rée de sept consu­lats, d’un triomphe et de deux cen­sures. Ses membres furent ap­pe­lés au pa­tri­ciat, et tous conser­vèrent le même sur­nom. Ils ne prirent même ja­mais d’autres pré­noms que ceux de Gnaeus et de Lu­cius, qu’ils fai­saient al­ter­ner entre eux d’une ma­nière re­mar­quable. Tan­tôt il res­tait à trois per­sonnes consé­cu­tives, tan­tôt il chan­geait avec cha­cune d’elles. Le pre­mier, le se­cond et le t roi s ième Ahe­no­bar­bus furent des Lu­cius. Nous re­trou­vons en­suite trois Gnaeus. Les autres sont tan­tôt des Lu­cius et tan­tôt des Gnaeus. Il est bon de faire connaître plu­sieurs membres de cette fa­mille, afin que l’on puisse mieux ju­ger que si, d’un cô­té, Né­ron dé­gé­né­ra des ver­tus des siens, de l’autre, il re­pro­dui­sit les vices de cha­cun de ses an­cêtres, comme s’ils lui eussent été trans­mis avec le sang.

II. Les an­cêtres de Né­ron

Ain­si, en re­mon­tant un peu plus haut, nous di­rons que son tri­saïeul Cn. Do­mi­tius, pen­dant son tri­bu­nat, ir­ri­té de ce que les pon­tifes, au lieu de l’élire à la place de son père, s’étaient ad­joint un autre can­di­dat, fit en­le­ver aux di­vers col­lèges et pas­ser au peuple le droit de nom­mer les prêtres. Après avoir, dans son consu­lat, vain­cu les Al­lo­broges et les Ar­vernes, il tra­ver­sa sa pro­vince, mon­té sur un élé­phant et sui­vi d’une foule de sol­dats, comme dans la so­len­ni­té du triomphe. C’est de lui que l’ora­teur Li­ci­nius Cras­sus di­sait qu’il n’était pas éton­nant qu’il eût une barbe de cuivre, puis­qu’il avait une bouche de fer et un coeur de plomb. Son fils, étant pré­teur, ap­pe­la C. Cé­sar de­vant le sé­nat, et le som­ma de rendre compte de son consu­lat qu’il avait gé­ré, di­sait-on, contre les aus­pices et les lois. Consul lui­même, il es­saya de l’en­le­ver à son ar­mée de la Gaule ; et, nom­mé pour lui suc­cé­der par la fac­tion de Pom­pée, il fut pris dans Cor­fi­nium au com­men­ce­ment de la guerre ci­vile. Re­mis en li­ber­té, il re­le­va par son ar­ri­vée le cou­rage des Mar­seillais qui sou­te­naient un siège pé­nible ; mais il les aban­don­na tout à coup et pé­rit en­fin à la ba­taille de Phar­sale. Il avait trop peu de fer­me­té dans le ca­rac­tère et trop de du­re­té. Dans un mo­ment où les af­faires étaient déses­pé­rées, la crainte lui fit sou­hai­ter la mort. Mais il en eut une frayeur si sou­daine, qu’il ren­dit le poi­son qu’il avait ava­lé, et qu’il af­fran­chit son mé­de­cin qui, pré­voyant son re­tour, avait at­té­nué les ef­fets de la po­tion fa­tale. C’est lui qui, lorsque Cn. Pom­pée dé­li­bé­rait sur ce qu’il fal­lait faire de ceux qui res­te­raient neutres, sou­tint seul qu’on de­vait les trai­ter en en­ne­mis.

III. Les an­cêtres de Né­ron

Il lais­sa un fils qui fut, sans contre­dit, le meilleur de tous les Do­mi­tii. En­ve­lop­pé, quoi­qu’in­no­cent, dans la loi Pé­dia contre les com­plices de la mort de Cé­sar, il se re­ti­ra au­près de Cas­sius et de Bru­tus dont il était le proche pa­rent. Après leur mort, il sut conser­ver et même aug­men­ter la flotte qu’ils lui avaient ja­dis confiée, et ne la re­mit à Marc-An­toine qu’après la dé­faite en­tière de son par­ti, et par un ac­com­mo­de­ment vo­lon­taire qui fut consi­dé­ré comme un très grand ser­vice. Aus­si de tous ceux qui avaient été condam­nés pour la même cause, il fut seul ré­ta­bli dans sa pa­trie, où il ob­tint les plus écla­tantes di­gni­tés. La guerre ci­vile s’étant ral­lu­mée, il fut lieu­te­nant d’An­toine, et ceux qui rou­gis­saient d’obéir à Cléo­pâtre lui of­frirent le com­man­de­ment. Mais n’osant ni l’ac­cep­ter ni le re­fu­ser à cause de l’af­fai­blis­se­ment su­bit de sa san­té, il pas­sa du cô­té d’Au­guste

et mou­rut quelques jours après, sans avoir pu se ga­ran­tir de tout re­proche ; car An­toine pré­ten­dit qu’il ne l’avait aban­don­né que pour re­voir sa maî­tresse Ser­vi­lia Naïs.

IV. Les an­cêtres de Né­ron

Son fils Do­mi­tius fut l’exé­cu­teur tes­ta­men­taire d’Au­guste, aus­si connu dans sa jeu­nesse par son ha­bi­le­té à conduire un char, qu’illus­tré dans la suite par les or­ne­ments du triomphe qui lui furent dé­cer­nés après la guerre de Ger­ma­nie. Fier, pro­digue et cruel, dans son édi­li­té, il for­ça le cen­seur Lu­cius Plan­cus à se ran­ger sur son pas­sage. Dans son consu­lat et dans sa pré­ture, il fit pa­raître sur la scène des che­va­liers ro­mains et des ma­trones pour re­pré­sen­ter des mimes. Il don­na au cirque et dans tous les quar­tiers de la ville des com­bats de bêtes. Il y joi­gnit aus­si un spec­tacle de gla­dia­teurs. Mais il y ap­por­ta tant de bar­ba­rie qu’Au­guste, qui lui en avait dé­jà fait se­crè­te­ment d’in­utiles re­proches, ju­gea né­ces­saire de l’en blâ­mer par un édit.

V. Les an­cêtres de Né­ron

An­to­nia, l’aî­née, lui don­na un fils qui fut père de Né­ron, et dont la vie fut en tout point abo­mi­nable. Ce fils qui avait ac­com­pa­gné en Orient le jeune Caius Cé­sar, tua son af­fran­chi parce qu’il avait re­fu­sé de boire au­tant qu’il l’or­don­nait. Ren­voyé pour ce meurtre de la cour du prince, il ne se condui­sit pas avec plus de ré­serve. Il écra­sa ex­près un en­fant dans un bourg sur la voie Ap­pienne,pp en lan­çantç tout à coup p ses che­vaux au ga­lop. À Rome, sur la place pu­blique, il ar­ra­cha un oeil à un che­va­lier ro­main qui lui adres­sait des re­proches avec trop de li­ber­té. Il était de si mau­vaise foi, que non seule­ment il pri­vait les cour­tiers du prix de ce qu’il ache­tait, mais que, dans sa pré­ture, il frus­trait de leurs ré­com­penses les vainqueurs de courses de chars. Ce­pen­dant les raille­ries amères de sa soeur et les plaintes des pa­trons des cou­reurs l’en­ga­gèrent à sta­tuer qu’à l’ave­nir les prix se­raient payés comp­tant. Quelques jours avant la mort de Ti­bère, ac­cu­sé de lèse-ma­jes­té, de plu­sieurs adul­tères et d’in­ceste avec sa soeur Le­pi­da, il ne dut son sa­lut qu’au chan­ge­ment de règne. Il mou­rut d’hy­dro­pi­sie à Pyrges. Il avait eu d’Agrip­pine, fille de Ger­ma­ni­cus, un fils nom­mé Né­ron.

VI. Nais­sance de Né­ron. Son en­fance

Né­ron na­quit à An­tium, neuf mois après la mort de Ti­bère, dix-huit jours avant les ca­lendes de jan­vier, au le­ver du so­leil, en sorte qu’il fut frap­pé de ses rayons avant de tou­cher la terre. Par­mi beau­coup de conjec­tures ef­frayantes qui furent faites à l’ins­tant de sa nais­sance, on re­gar­da comme un pré­sage la ré­ponse de Do­mi­tius son père aux fé­li­ci­ta­tions de ses amis, qu’il ne pou­vait naître d’Agrip­pine et de lui rien que de dé­tes­table et de fu­neste au bien pu­blic. Le jour de son inau­gu­ra­tion, on re­mar­qua un signe évident de sa mal­heu­reuse des­ti­née. Caius Cé­sar, pres­sé par sa soeur de lui don­ner le nom qu’il vou­drait, tour­na les yeux vers Claude son oncle, qui de­puis l’adop­ta lors­qu’il fut em­pe­reur, et dit qu’il lui don­nait son nom. Mais ce n’était qu’une plaisanterie : ce nom fut dé­dai­gné par Agrip­pine, pparce qqu’alors Claude était le jouet de la cour. À trois ans, Né­ron per­dit son père. Hé­ri­tier pour un tiers, il n’eut pas même cette por­tion, parce que Caius son co­hé­ri­tier s’em­pa­ra de tous les biens et même exi­la sa mère. Ré­duit presque à l’in­di­gence, il fut nour­ri chez sa tante Le­pi­da, sans autres maîtres qu’un dan­seur et un bar­bier. Sous le règne de Claude, il ren­tra dans les biens de son père et s’en­ri­chit de l’hé­ri­tage de son beau-père, Cris­pus Pas­sie­nus. Le cré­dit et la puis­sance de sa mère, lors­qu’elle fut rap­pe­lée à Rome, l’éle­vèrent si haut que le bruit cou­rut que Mes­sa­line, femme de Claude, ja­louse de ce qu’il était de­ve­nu le ri­val de Bri­tan­ni­cus, avait apos­té des gens pour l’étran­gler pen­dant qu’il fe­rait sa mé­ri­dienne. On ajou­ta que les meur­triers s’étaient en­fuis, ef­frayés à la vue d’un ser­pent qui s’élan­ça de son oreiller. Ce qui don­na lieu à ce conte, c’est qu’on trou­va un jour la peau d’un ser­pent au­près du che­vet de son lit. Sa mère la lui fit por­ter pen­dant quelque temps à son bras droit dans un bra­ce­let d’or. Mais en­suite, im­por­tu­né du sou­ve­nir de sa mère, il le re­je­ta, et, plus tard, il le re­cher­cha en vain dans ses der­niers mal­heurs.

VII. Son adop­tion par Claude qui lui donne Sé­nèque comme pré­cep­teur. Ses mau­vais pen­chants. Ses pre­mières di­gni­tés. Son ma­riage

Dès l’âge le plus tendre, en­core ado­les­cent, il était un des ac­teurs les plus as­si­dus aux jeux troyens dans le cirque,q et il y ob­tint de nom­breux ap­plau­dis­se­ments. À onze ans, il fut adop­té par Claude, et confié aux soins de Sé­nèque, qui était dé­jà sé­na­teur. La nuit sui­vante, Sé­nèque rê­va, dit-on, qu’il était pré­cep­teur de Caius Cé­sar, et Né­ron vé­ri­fia bien­tôt ce songe, en don­nant, le plus tôt qu’il put, des marques de son ca­rac­tère exé­crable. Son frère Bri­tan­ni­cus l’ayant ap­pe­lé, par ha­bi­tude, Ahe­no­bar­bus, après son adop­tion, il tâ­cha de faire croire à Claude que Bri­tan­ni­cus n’était point son fils. Il ac­ca­bla pu­bli­que­ment de son témoignage sa tante Le­pi­da, pour plaire à Agrip­pine qui la pour­sui­vait en jus­tice. Conduit au Fo­rum pour y prendre la toge, il fit des dis­tri­bu­tions au peuple et des pré­sents aux sol­dats. Il por­ta le bou­clier dans la re­vue des gardes pré­to­riennes, et ren­dit à son père des ac­tions de grâces dans le sé­nat. Il plai­da en la­tin de­vant Claude, alors consul, pour les ha­bi­tants de Bou­logne, et en grec pour les Rho­diens et les Troyens. Sa pre­mière ma­gis­tra­ture fut celle de pré­fet de Rome pen­dant les fêtes la­tines, où les plus cé­lèbres avo­cats s’em­pres­sèrent de por­ter de­vant lui, non des af­faires or­di­naires et courtes sui­vant l’usage, mais un grand nombre de causes im­por­tantes, sans avoir égard à la pro­hi­bi­tion de Claude. Peu de temps après, il épou­sa Oc­ta­vie, et fit cé­lé­brer, pour le sa­lut de Claude, des jeux dans le cirque et des com­bats de bêtes.

VIII. Il est sa­lué em­pe­reur

Il avait dix- sept ans lors­qu’on an­non­ça pu­bli­que­ment la mort de Claude. Il se pré­sen­ta de­vant les gardes entre la sixième et la sep­tième heure, parce que dans toute la jour­née nulle autre ne pa­rut plus fa­vo­rable pour prendre les aus­pices. Il fut sa­lué em­pe­reur sur les de­grés du pa­lais, et por­té en li­tière dans le camp. Là, il ha­ran­gua les sol­dats à la hâte, et se ren­dit en­suite au sé­nat qu’il ne quit­ta que le soir. De tous les hon­neurs ex­tra­or­di­naires dont on le com­blait, il ne re­fu­sa que le titre de père de la pa­trie qui ne conve­nait pas à son âge.

IX. Ses dé­mons­tra­tions de pié­té fi­liale

Pas­sant de là à des dé­mons­tra­tions de pié­té, il fit faire de ma­gni­fiques fu­né­railles à Claude, pro­non­ça son orai­son fu­nèbre, et le mit au rang des dieux. Il ren­dit les plus grands hon­neurs à la mé­moire de son père Do­mi­tius. Il aban­don­na à sa mère la di­rec­tion de toutes les af­faires pu­bliques et pri­vées. Le pre­mier jour de son règne, il don­na pour mot d’ordre, au tri­bun de garde “la meilleure des mères”. Dans la suite, il se pro­me­na souvent en pu­blic avec elle dans la même li­tière. Il éta­blit une co­lo­nie à An­tium, com­po­sée de vé­té­rans pré­to­riens, et, comme pour les chan­ger de gar­ni­son, il y trans­por­ta les plus riches pri­mi­pi­laires. Il y fit construire aus­si un très beau port.

X. Il af­fecte quelques ver­tus. Il dé­clame et lit des vers en pu­blic

Pour don­ner en­core une meilleure idée de son ca­rac­tère, il an­non­ça qu’il ré­gne­rait sui­vant les prin­cipes d’Au­guste, et ne man­qua au­cune oc­ca­sion de mon­trer sa li­bé­ra­li­té, sa clé­mence et sa dou­ceur. Il abo­lit ou di­mi­nua les im­pôts trop oné­reux. Il ré­dui­sit au quart le sa­laire des dé­la­teurs, fixé par la loi Pa­pia, et dis­tri­bua au peuple quatre cents ses­terces par tête. Il as­si­gna à tous les plus nobles sé­na­teurs pri­vés de for­tune des ap­poin­te­ments an­nuels, dont plu­sieurs al­laient jus­qu’à cinq cent mille ses­terces. Il as­su­ra aux co­hortes pré­to­riennes des ra­tions de blé gra­tuites et men­suelles. Un jour que, se­lon l’usage, on lui de­man­dait de si­gner la condam­na­tion d’un cri­mi­nel : “Que je vou­drais, dit-il, ne pas sa­voir écrire !”. Il sa­luait tous les ci­toyens en les ap­pe­lant par leur nom. Il ré­pon­dit au sé­nat qui le re­mer­ciait : “At­ten­dez que je l’aie mé­ri­té”. Il ad­met­tait le peuple à ses exer­cices du Champ de Mars. Il dé­cla­ma souvent en pu­blic, lut des vers non seule­ment chez lui, mais sur le théâtre, et ex­ci­ta un tel en­thou­siasme, que, pour cette lec­ture, on vo­ta des ac­tions de grâces aux dieux, et qu’une par­tie de ces vers fut gra­vée en lettres d’or, et dé­diée à Ju­pi­ter Ca­pi­to­lin.

XI. Ses spec­tacles

Il don­na un grand nombre de spec­tacles en tout genre, des ju­ve­nales, des jeux du cirque, des re­pré­sen­ta­tions théâ­trales et des com­bats de gla­dia­teurs. Il ad­mit aux ju­ve­nales des vieillards consu­laires et de vieilles ma­trones. Il don­na aux che­va­liers une place sé­pa­rée dans le cirque, et il y fit pa­raître jus­qu’à des qua­driges de cha­meaux. Dans les jeux pour l’éter­ni­té de l’em­pire, qu’il ap­pe­la “les grands jeux”, des per­sonnes des deux ordres et des deux sexes rem­plirent des rôles di­ver­tis­sants. Un che­va­lier ro­main très connu cou­rut dans la lice sur un élé­phant. On joua une co­mé­die d’Afra­nius, in­ti­tu­lée “l’In­cen­die”, et l’on aban­don­na aux ac­teurs le pillage d’une mai­son dé­vo­rée par les flammes. Chaque jour, on fai­sait au peuple toutes sortes de lar­gesses. On lui dis­tri­buait des oi­seaux par mil­liers, des mets de toute es­pèce, des bons payables en grains, des vê­te­ments, de l’or, de l’argent, des pierres pré­cieuses, des perles, des ta­bleaux, des es­claves, des bêtes de somme, des bêtes ap­pri­voi­sées, en­fin des vais­seaux, des îles et des terres.

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