Der­nier jeu

Le Nouvel Economiste - - Analyses -

L’équi­libre de Nash n’au­rait pas at­teint son sta­tut ac­tuel sans quelques amé­lio­ra­tions de l’idée ori­gi­nale. D’abord, dans de nom­breuses si­tua­tions, plu­sieurs équi­libres de Nash sont pos­sibles. Les conduc­teurs choi­sissent de quel cô­té de la route conduire par rap­port au com­por­te­ment des autres conduc­teurs, et les résultats sont très dif­fé­rents se­lon l’en­droit où ils elle lui re­donne le té­lé­phone pour main­te­nir sa tran­quilli­té d’es­prit. Mais l’éco­no­miste al­le­mand Rein­hard Sel­ten co-No­bel en 1994, avec John Nash et John Har­sa­nyi, sou­tient que ce ré­sul­tat n’est pas plau­sible. La mère de­vrait sa­voir que la me­nace de son en­fant est vaine : aus­si tra­gique que soit la con­fis­ca­tion d’un té­lé­phone, une nuit à la rue se­rait pire. Elle de­vrait sim­ple­ment confis­quer le té­lé­phone, ce qui obli­ge­rait son fils à se concen­trer sur ses de­voirs. Les tra­vaux de M. Sel­ten ont per­mis aux éco­no­mistes de di­mi­nuer le nombre pos­sible d’équi­libres de Nash. John Har­sa­nyi aborde le fait que dans de nom­breux jeux dans la vie réelle, les gens ne savent pas ce que veut leur ad­ver­saire. Les éco­no­mistes au­raient du mal à ana­ly­ser les meilleures stra­té­gies de deux tour­te­reaux qui es­saient de choi­sir un lieu pour un ren­dez-vous sans connaître les pré­fé­rences de l’autre. En in­té­grant les croyances de chaque per­sonne dans le jeu (par exemple, qu’ils savent que l’autre aime au­tant les piz­zas que les su­shis), John Har­sa­nyi rend le pro­blème sol­vable. Un pro­blème dif­fé­rent était tou­jours in­vi­sible. Le pou­voir de pré­dic­tion de l’équi­libre de Nash re­pose sur un com­por­te­ment ra­tion­nel ; que les hu­mains sont sou­vent loin d’avoir.

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