Le Nouvel Economiste - - Dossier -

Nous in­ves­tis­sons sur le mar­ché high yield de­puis trois ans, ex­plique Ar­naud Co­lom­bel, gé­rant cré­dit à La Banque Pos­tale As­set Ma­na­ge­ment. Ce mar­ché s’élève à 310 mil­liards d’eu­ros d’en­cours à fin 2015, contre 50 mil­liards en 2008, il at­tire de plus en plus d’in­ves­tis­seurs, sur­tout dans ce contexte de taux bas.” La Banque Pos­tale As­set Ma­na­ge­ment a donc lan­cé le fonds LBPAM Obli Cros­so­ver: “avec une ap­proche sé­cu­ri­taire, nous sé­lec­tion­nons les meilleures en­tre­prises de l’uni­vers à haut ren­de­ment, sur un ho­ri­zon d’in­ves­tis­se­ment à court/moyen terme : 3 à 5 ans maxi­mum, dé­crit-il. Nous al­lons ain­si cher­cher le ‘haut du pa­nier’ du high yield, avec des émet­teurs qui ont un po­ten­tiel de re­tour ra­pide à des ra­tios d’en­det­te­ment plus faibles. Se­lon notre ap­proche, nous ne sé­lec­tion­nons pas de titres trop spé­cu­la­tifs.” Dif­fi­cile d’avoir une vi­sion à long terme avec la conjonc­ture ac­tuelle. “De­puis quelque mois, notre vi­si­bi­li­té est as­sez court-ter­miste, compte te­nu de la forte vo­la­ti­li­té des mar­chés et de quelques exemples de dé­faillances, avé­rées ou po­ten­tielles, qui se sont ré­vé­lés en peu de temps du­rant les der­niers mois”, pré­cise ce­lui-ci. En Eu­rope, l’in­ves­tis­se­ment sur le mar­ché high yield est in­té­res­sant car la confiance dans la so­li­di­té des en­tre­prises reste en­core éle­vée. Se­lon lui, “le taux de dé­faut de­vrait res­ter faible, à moins de 2,5 % pour la qua­trième an­née consé­cu­tive, pour un ren­de­ment moyen de 6 % par an”. L’in­quié­tude, pour les ex­perts, vient plu­tôt des USA. “Les agences tablent sur un taux de dé­faut com­pris et 9 % pour les États-Unis, pour un­ren­fentre 6 de­ment moyen an­nuel de 10 %, ré­vèle Ar­naud Co­lom­bel. La ques­tion à se po­ser est : est-ce que la ré­mu­né­ra­tion est suf­fi­sante par rap­port au risque ? Si le ba­ril reste à des prix très bas et/ou que le ra­len­tis­se­ment des mar­chés émer­gents – no­tam­ment de la Chine – se confirme, la ré­ponse est à coup sûr né­ga­tive.” Les émet­teurs sont no­tés par les agences de no­ta­tion : c’est ce qui dé­ter­mine le classement de leur dette. “Une note in­dique la pro­ba­bi­li­té de dé­faut d’une en­tre­prise et/ou de ses émis­sions, qu’il s’agisse des obli­ga­tions ou de l’em­prunt ban­caire, dé­taille De­si­ree Men­ji­var, di­rec­trice pour le sec­teur le­ve­ra­ged fi­nance chez Stan­dard & Poor’s. La no­ta­tion peut avoir un im­pact sur le coût de sa dette car ce­la re­flète une qua­li­té de cré­dit.” La ré­mu­né­ra­tion des obli­ga­tions peut al­ler jus­qu’à plu­sieurs cen­taines de ppoints de base au-des­sus des obli­ga­tionsg d’État. Les notes au-des­sous de BBB - concernent la ca­té­go­rie spé­cu­la­tive ; avec un simple B ou moins, elles entrent dans la ca­té­go­rie très spé­cu­la­tive ; en­fin, les notes CCC ou moins consti­tuent la plu­part du mar­ché de la dette dé­co­tée. Ces notes sont de­man­dées par les émet­teurs eux-mêmes. “Cer­tains in­ves­tis­seurs ne peuvent pas ache­ter sans avoir de no­ta­tion, sou­ligne De­si­ree Men­ji­var. La note est ce­pen­dant un ou­til par­mi d’autres : l’in­ves­tis­seur doit en­suite faire ses propres ana­lyses.” Stan­dard & Poor’s note entre 90 et 95 % du mar­ché obli­ga­taire des en­tre­prises en Eu­rope. La note est dé­ter­mi­née par deux grandes com­po­santes : une com­po­sante business et une fi­nan­cière. L’as­pect business concerne no­tam­ment le sec­teur d’ac­ti­vi­té de l’en­tre­prise. “Quelle est sa crois­sance ? sou­lève celle-ci. Quelles sont ses pers­pec­tives ?” D’autres ques­tions se posent : l’en­tre­prise est-elle com­pé­ti­tive ? Ses pro­duits ou ser­vices sont-ils gé­né­riques ou suf­fi­sam­ment dif­fé­ren­ciés pour que les ache­teurs soient prêts à payer un “pre­mium”? Le consom­ma­teur a-t-il be­soin de ce pro­duit ou ser­vice ou est-ce un achat dis­cré­tion­naire ? En­fin, la zone géo­gra­phique est prise en compte, car elle re­flète un pou­voir d’achat et des pers­pec­tives de crois­sance. L’autre as­pect est l’étude du pro­fil fi­nan­cier de l’en­tre­prise. Quel est le taux d’en­det­te­ment de l’en­tre­prise? L’agence exa­mine éga­le­ment la li­qui­di­té de l’en­tre­prise (ses ca­pa­ci­tés de rem­bour­se­ment ou de ré­éche­lon­ne­ment de la dette) ain­si que son éven­tuelle ex­po­si­tion au risque de change (par exemple si les re­ve­nus ne sont pas gé­né­rés dans la même mon­naie que la dette). “Nous re­gar­dons aus­si la sta­bi­li­té, la qua­li­té ain­si que la di­ver­si­té de l’équipe de ma­na­ge­ment”, ajoute-t-elle.

“Le taux de dé­faut de­vrait res­ter faible, à moins de 2,5 % pour la qua­trième an­née consé­cu­tive, pour un ren­de­ment moyen de 6 % par an.” Ar­naud Co­lom­bel, LBPAM.

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