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Le Nouvel Economiste - - Dossier -

la so­cié­té de ges­tion pri­vée Fi­nance SA, les obli­ga­tions à haut ren­de­ment ont, comme le sou­ligne leur ap­pel­la­tion, cette ver­tu de pro­po­ser un ren­de­ment in­té­res­sant à l’heure où il est dif­fi­cile d’en trou­ver. “L’in­ves­tis­seur sait qu’il va ob­te­nir un ren­de­ment su­pé­rieur à ce­lui des obli­ga­tions dites sans risque, re­lève Ju­lien Quis­tre­bert, gé­rant de Fi­nance SA. Au­jourd’hui, les banques cen­trales fixent des taux d’em­prunt très faibles – même si la banque cen­trale amé­ri­caine com­mence à re­mon­ter ses taux. Le quan­ti­ta­tive ea­sing [pro­gramme de ra­chat de dette pu­blique et pri­vée par la BCE lan­cé en jan­vier 2015, ndlr] in­jecte 60 mil­liards d’eu­ros par mois. La plu­part des pays em­pruntent à des taux né­ga­tifs. À titre illus­tra­tif, Nest­lé em­prunte au taux de 1,37 % jus­qu’en 2022 : c’est ex­trê­me­ment bas. Da­none pro­pose 1,21 % de ren­de­ment par an à l’ho­ri­zon 2025. De fait, les in­ves­tis­seurs comme les fonds de pen­sions ont du mal à trou­ver du ren­de­ment. Tout le monde se dé­place donc vers les ac­tifs un peu plus ris­qués : soit du high yield, soit des obli­ga­tions avec des du­ra­tions [ma­tu­ri­té] plus longues.” Les risques existent en cas no­tam­ment de chan­ge­ment de po­li­tique des taux de la banque cen­trale, mais la clé pour ce­la est d’op­ter pour le moyen/court terme. “Nous avons sur le high yield une ap­proche plu­tôt courte, ex­pose Ju­lien Quis­tre­bert. Nous avons un ho­ri­zon de 5 ans maxi­mum pour les obli­ga­tions, mais nous in­ves­tis­sons plu­tôt sur des échéances plus courtes.” Fi­nance SA met l’ac­cent sur l’in­té­rêt, pour l’in­ves­tis­seur pri­vé, de pas­ser par un fonds plu­tôt que de ten­ter la ges­tion en di­rect. “C’est au fonds de gé­rer au mieux les spreads plu­tôt ten­dus en ce mo­ment, com­mente Ju­lien Quis­tre­bert. En outre, ce mar­ché pou­vant être peu li­quide, ce­la per­met de se dés­in­ves­tir plus fa­ci­le­ment.” Au­jourd’hui, de belles so­cié­tés in­dus­trielles sont néan­moins dans une si­tua­tion com­pli­quée, au vu des prix du pé­trole. “En con­sé­quence, il faut être d’au­tant plus sé­lec­tif dans sa ges­tion, af­fir­metNe pas ache­ter les yeux fer­més les obli­ga­tions high yield qui se pré­sentent.” Quelles sont au­jourd’hui les pers­pec­tives de cette classe d’ac­tifs ? Le haut ren­de­ment est très proche, en vo­la­ti­li­té, des mar­chés ac­tions. Les in­di­ca­teurs éco­no­miques res­tent so­lides sur l’en­semble du globe, mal­gré des ten­sions sur l’ac­ti­vi­té in­dus­trielle, la consom­ma­tion des mé­nages tient bon. “L’ac­tion de la BCE éloigne le risque sys­té­mique pour les obli­ga­tions go­bli­ga­tions d’États. Il ffaut ce­pen­dant res­ter pru­dent sur les États dont le bud­get est très dé­pen­dant du prix des hy­dro­car­bures (Ni­ge­ria, Ve­ne­zue­la,…). Cer­tains voient aux USA se pro­fi­ler une nou­velle crise de type ‘sub­primes’, mais le sec­teur du pé­trole et du gaz n’a pas la même taille de mar­ché, et les banques dé­tiennent des ac­tifs li­mi­tés sur ce seg­ment en com­pa­rai­son des ac­tifs im­mo­bi­liers en 2008. Les pe­tits ac­teurs uni­que­ment pré­sents dans la pro­duc­tion sont ce­pen­dant dans une si­tua­tion plus cri­tique que les ma­jors. Si les dé­fauts sur­viennent en cas­cade, le dan­ger se­ra réel. Le maître mot pour le high yield au­jourd’hui, c’est la sé­lec­ti­vi­té ; et, si vous êtes un in­ves­tis­seur par­ti­cu­lier, le pas­sage par un fonds pour gé­rer la di­ver­si­fi­ca­tion et le risque de li­qui­di­tés.” 192 groupes (en­tre­prises, banques, com­pa­gnies d’as­su­rances) et en­ti­tés du sec­teur pu­blic no­tés par Stan­dard & Poor’s en France au 31 dé­cembre 2015. 67 % des notes ont une pers­pec­tive stable (vs 57 % en 2014 ; 69 % en 2013). 22 % des notes ont une pers­pec­tive né­ga­tive (vs 31 % en 2014 ; 21 % en 2013).

Source : Stan­dard & Poor’s.

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