2 fé­vrier 1848, le trai­té de paix entre les États-Unis et le Mexique

Et le Texas mexi­cain de­vient le 38e État des États-Unis. Pauvre Mexique!

Le Nouvel Economiste - - La Une - JEAN-MARC DA­NIEL

Le 2 fé­vrier 1848 est si­gné au nord de Mexi­co le trai­té de Gua­da­lu­pep Hi­dal­go.g Il met fin à la guerre entre les États-Unis et le Mexique, une guerre que les Amé­ri­cains ap­pel­lentpp la “gguerre de Mr Polk”. James Polk est le pré­sident des États-Unis d’alors. Il est dé­mo­crate, à une époque où les ré­pu­bli­cains n’existent pas en­core. Son par­ti, mi­né par des ri­va­li­tés in­ternes, le choi­sit par dé­faut pour l’élec­tion de 1844. Peu connu du grand pu­blic, il af­fiche un seul ppro­gramme,g qqui est l’an­nexion du Texas. À l’ori­gine, le Texas fait par­tie du Mexique. Ce ter­ri­toire plus grand que la France at­tire de nom­breux mi­grants an­glo-saxons, qqui en­tendent y re­pro­dui­rep le mo­dèle de so­cié­té du sud des États-Unis. C’est-à-dire en par­ti­cu­lier une éco­no­mie fon­dée sur l’es­cla­vage. En 1829, le Mexique abo­lit l’es­cla­vage. Les co­lons amé­ri­cains se ré­voltent pour pou­voir conti­nuer à uti­li­ser des es­claves. Ils vont réus­sir à pré­sen­ter cette ré­volte comme un com­bat pour la li­ber­té et à en faire une vé­ri­table sa­ga. Ain­si, tout ama­teur de wes­tern connaît l’as­saut don­né par l’ar­mée mexi­caine au fort Ala­mo en 1836 et se sou­vient avec émo­tion de John Wayne jouant Da­vy Cro­ckett dans un film dont la mu­sique est de­ve­nue culte.

“Si loin de Dieu et si près des États-Unis”

Mal­gré leur vic­toire à Ala­mo, les Mexi­cains sont obli­gés d’ac­cor­der son in­dé­pen­dance au Texas. Ils y mettent néan­moins une condi­tion, à sa­voir qqu’il ne re­joi­gne­jg pas les États-Unis. C’est peine per­due ; le 1 mars 1845, le Texas de­vient le 38e État des ÉtatsU­nis. Les Mexi­cains pro­testent, Polk leur dé­clare la guerre. Le 2 fé­vrier 1848, la messe est dite : le Mexi­queq vain­cu cède le nord de son ter­ri­toire, qui de­vien­dra les États amé­ri­cains du sud-ouest des États-Unis. C’est­no­tamq ment à cette oc­ca­sion que la Ca­li­for­nie de­vient amé­ri­caine. Lieu de dé­cou­vertes d’or im­por­tantes un an aprèsp le trai­té, elle est au­jourd’hui un des États les plus­prosp pères du monde : son PIB est égal à ce­lui de la France alors qu’elle ne compte que 45 mil­lions d’ha­bi­tants. Cette bonne af­faire ppour les États-Unis est un rude coup pour le Mexique. À la fin du XIXe siècle, l’homme fort du pays, le gé­né­ral Por­fi­rio Diaz, ré­sume as­sez bien la si­tua­tion en dé­cla­rant “Pauvre Mexique ; si loin de Dieu et si près des États-Unis”. Il ne faut pas être grand clerc pour voir que beau­coup de Mexi­cains d’au­jourd’hui pensent la même chose. Pour­tant, en 1845, au mo­ment du dé­clen­che­ment de la guerre de M. Polk, un jeune sé­na­teur in­dé­pen­dant élu de l’Il­li­nois, nom­mé Abra­ham Lin­coln, avait dé­non­cé cette guerre. Sa jus­ti­fi­ca­tion, dont la dé­fense de l’es­cla­vage, lui pa­rais­sait pro­fon­dé­ment im­mo­rale. Or, il est le créa­teur du par­ti ré­pu­bli­cain. Mais le moins que l’on puisse dire est que l’évo­lu­tion de ce par­ti et ses choix ré­cents l’éloignent de lui et jus­ti­fient plei­ne­ment la for­mule de Diaz

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