Mi­cro-don, grand po­ten­tiel

Le Nouvel Economiste - - Dossier -

Tout est par­ti d’un sé­jour au Mexique. En payant ses courses dans un su­per­mar­ché, Pier­reEm­ma­nuel Grange, co-fon­da­teur de mi­croDon, a dé­cou­vert qu’en ar­ron­dis­sant son ti­cket de caisse à l’uni­té su­pé­rieure, les quelques cen­times don­nés ai­de­raient une as­so­cia­tion à équi­per une école d’or­di­na­teurs. Quelques an­nées plus tard, mi­croDon était né. La start-up pro­pose aux en­seignes de dis­tri­bu­tion et aux en­tre­prises d’ar­ron­dir qui les ti­ckets de caisse, qui les sa­laires. “Nous sommes convain­cus que les as­so­cia­tions et les fon­da­tions ont en main de vé­ri­tables so­lu­tions pour de grands en­jeux so­cié­taux, mais elles ont be­soin de moyens fi­nan­ciers”, af­firme Oli­vier Cueille, di­rec­teur gé­né­ral et co-fon­da­teur de mi­croDon. Si la so­cié­té existe de­puis 8 ans, la crois­sance et l’uti­li­sa­tion des mi­cro-dons se sont ac­cé­lé­rées de­puis en­vi­ron trois ans. “L’évo­lu­tion des usages, le com­por­te­ment vis-à-vis du di­gi­tal, ain­si que la lé­gis­la­tion sur le RSE ont per­mis de faire émer­ger les mi­cro-dons”, ex­plique le di­ri­geant. Dé­sor­mais, 15 en­seignes de dis­tri­bu­tion et en­vi­ron 70 en­tre­prises, qui re­pré­sentent 271 so­cié­tés, uti­lisent les mi­cro-dons. Les en­seignes de grande dis­tri­bu­tion per­mettent de ré­col­ter 800 000 mi­cro-dons par mois, pour un don moyen de 20 à 80 cen­times. “C’est co­los­sal”, s’ex­clame, heu­reux, Oli­vier Cueille. De son cô­té, l’ar­ron­di sur sa­laire re­pré­sente un don par sa­la­rié de 3 eu­ros par mois. “Les chiffres croissent très ra­pi­de­ment et vont en­core aug­men­ter, car le taux de par­ti­ci­pa­tion est de plus en plus im­por­tant et de nou­velles en­seignes de dis­tri­bu­tion nous re­joignent”, sou­li­gnetEn 2016, plus 3,6 mil­lions de mi­cro-dons ont gé­né­ré près de 1,8 mil­lion d’eu­ros re­ver­sés à 564 as­so­cia­tions. Une goutte d’eau par rap­port aux dons tra­di­tion­nels, qui re­pré­sentent 2,5 mil­liards d’eu­ros, se­lon Ber­cy. Oli­vier Cueille en est bien conscient. Mais pour ce der­nier comme pour sa so­cié­té, les pe­tits ruis­seaux font les grandes ri­vières.

Dé­sor­mais, 15 en­seignes de dis­tri­bu­tion et en­vi­ron 70 en­tre­prises, qui re­pré­sentent 271 so­cié­tés, uti­lisent les

mi­cro-dons

“Le­sont chan­gé”, re­la­tions sou­li­gnea­vec les Ch­ris­to­phe­do­na­teurs Le­roux, qui ajoute “le nu­mé­rique, via les chat­bots et les hot­lines, a eu le mé­rite d’af­fi­ner le dia­logue avec le do­na­teur”. Fi­dé­li­ser le do­na­teur né­ces­site de com­mu­ni­quer sur le ter­rain comme dans les mé­dias. “Notre force ré­side dans notre pré­sence sur le ter­rain”, sou­ligne Pierre Gué­rin, qui pour­suit : “Il faut jouer sur la no­to­rié­té. La com­mu­ni­ca­tion élar­git le socle des

do­na­teurs”. L’ARSLA, qui pen­dant 25 ans n’a eu be­soin ni de com­mu­ni­ca­tion ni de col­lectes de dons, peut en té­moi­gner. “L’Ice Bu­cket Chal­lenge [dé­fi en chaîne, consis­tant à se ren­ver­ser un seau d’eau gla­cé sur la tête puis à faire un don à une as­so­cia­tion ca­ri­ta­tive, de­ve­nu vi­ral du­rant l’été 2014, ndlr] a com­plè­te­ment chan­gé la donne en 2014. De nou­veaux do­na­teurs sont ar­ri­vés, qu’il fal­lait fi­dé­li­ser”, ex­plique Ch­ris­tine Ta­buen­ca. De­puis, l’as­so­cia­tion a lan­cé sa pre­mière cam­pagne de sen­si­bi­li­sa­tion. “Tous les moyens de com­mu­ni­ca­tion sont bons. Il faut uti­li­ser l’ou­til ap­pro­prié se­lon le contexte et l’op­por­tu­ni­té”, in­siste Ma­j­da De­vienne. La va­lo­ri­sa­tion et la per­son­na­li­sa­tion du

lien avec le do­na­teur sont une autre ma­nière de le fi­dé­li­ser. “La no­tion de fier­té du do­na­teur se construit. Les plus jeunes no­tam­ment se sentent co­pro­prié­taires de l’as­so­cia­tion. On ne re­pro­che­ra ja­mais à une as­so­cia­tion trop de connais­sances, mais on lui re­pro­che­ra tou­jours un manque de consi­dé­ra­tion”, es­time Ch­ris­tophe Le­roux. Trans­pa­rence et ri­gueur sont éga­le­ment de mise, in­sistent les pro­fes­sion­nels du sec­teur. “Il est très im­por­tant d’être to­ta­le­ment trans­pa­rent et d’ex­pli­quer ce que l’on fait. La confiance se mé­rite”, in­siste Pierre Gué­rin.

Se­lon Ch­ris­tophe Le­roux, “il existe une po­ro­si­té de plus en plus im­por­tante entre les ac­tions que l’on peut dé­ployer. La mu­tua­li­sa­tion se dé­ve­loppe, des col­lec­tifs entre as­so­cia­tions com­plé­men­taires per­mettent de ré­col­ter da­van­tage de fonds”. “Un éco­sys­tème très fé­cond et po­si­tif est en train de se mettre en place”, conclut-il.

“Le pré­lè­ve­ment au­to­ma­tique monte en puis­sance. Il per­met une meilleure vi­si­bi­li­té sur les dons et consti­tue un ou­til de fi­dé­li­sa­tion” Nol­wenn Pou­pon, France gé­né­ro­si­tés.

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