Trans­for­mer l’es­sai grâce à des re­sort de qua­li­té L’atout art de vivre fran­çais Ryder Cup, l’ef­fet no­to­rié­té

Le Nouvel Economiste - - Dossier -

Le tou­risme gol­fique fran­çais souffre éga­le­ment d’un manque d’in­fra­struc­tures hô­te­lières et de grands re­sorts gol­fiques De­puis la dé­si­gna­tion de la France comme pays hôte de la Ryder Cup, les pou­voirs pu­blics et la Fé­dé­ra­tion fran­çaise de golf ont mis en place une stra­té­gie vi­sant à en faire une des­ti­na­tion gol­fique de pre­mier plan

La te­nue de la Ryder Cup, qui se dé­rou­le­ra au Golf na­tio­nal en sep­tembre 2018, pour­rait per­mettre à la France de dé­ve­lop­per son tou­risme gol­fique. “Près de 90 % des gol­feurs mon­diaux vont sa­voir que l’on joue au golf en France grâce à la Ryder Cup”, confie Laurent Bois­son­nas. De­puis la dé­si­gna­tion de la France comme pays hôte, les pou­voirs pu­blics et la Fé­dé­ra­tion fran­çaise de golf ont mis en place une stra­té­gie vi­sant à en faire une des­ti­na­tion gol­fique de pre­mier

plan. “Notre ob­jec­tif est de po­si­tion­ner la France sur la carte mon­diale du tou­risme gol­fique. Nous sou­hai­tons pro­fi­ter des pro­jec­teurs qui se­ront bra­qués sur notre offre lors de la Ryder Cup 2018”, confie Ch­ris­tian Man­tei, di­rec­teur gé­né­ral d’Atout France. Pour ce faire, l’agence tou­ris­tique a mis au point un par­te­na­riat avec la Fé­dé­ra­tion fran­çaise de golf et ac­com­pagne les pro­fes­sion­nels fran­çais avec des ac­tions de pro­mo­tion à l’in­ter­na­tio­nal. “Leur nombre va s’ac­croître en 2018”, confirme Ch­ris­tian Man­tei. L’opé­ra­tion “One year to go” Ryder Cup 2018 se­ra lan­cée dès cet au­tomne et le sa­lon In­ter­na­tio­nal Golf Tra­vel Mar­ket se tien­dra à Cannes en dé­cembre 2017. Par ailleurs, Atout France tient à va­lo­ri­ser prio­ri­tai­re­ment cer­tains re­sorts, iden­ti­fiés pour leur ex­cel­lence et leur prise en compte des tou­ristes. “Leur exemple doit per­mettre d’en­traî­ner les autres ac­teurs de la fi­lière dans leur sillage”, ex­plique son di­rec­teur

gé­né­ral. “La Ryder Cup de­vrait nous per­mettre d’ac­qué­rir de la lé­gi­ti­mi­té et d’ob­te­nir une vi­si­bi­li­té plus im­por­tante”, ex­plique Gre­go­ry

De­la­haye, qui pour­suit : “Nous es­pé­rons conqué­rir des parts de mar­ché, no­tam­ment au­près de la clien­tèle nord-amé­ri­caine vers la­quelle nous fai­sons un vé­ri­table ef­fort de pro­mo­tion de­puis quatre ans en vue de la Ryder Cup. Nous sommes à une heure du Golf na­tio­nal. Nous avons la chance d’avoir Deau­ville, le Mont Saint-Mi­chel, les plages du dé­bar­que­ment : au­tant de sites qui parlent aux Amé­ri­cains. Si l’on peut at­ti­rer les gol­feurs amé­ri­cains, ce­la crée­ra de l’in­té­rêt chez les gol­feurs eu­ro­péens”. La pro­fes­sion l’af­firme : la Ryder Cup peut être un fan­tas­tique trem­plin pour le dé­ve­lop­pe­ment du tou­risme gol­fique en France. “La Ryder Cup en­traî­ne­ra une aug­men­ta­tion des ré­ser­va­tions. Il fau­dra en­suite trans­for­mer l’es­sai et de­ve­nir une des­ti­na­tion gol­fique. Mais il faut des in­fra­struc­tures, des hô­tels, car une des­ti­na­tion de golf, c’est un hô­tel 4-5 étoiles ou une struc­ture en ap­par­te­ments et 3 par­cours de 18 trous à moins de 20 mi­nutes”,

ex­plique Ch­ris­tine Lau­re­di. “C’est une dif­fé­rence ma­jeure avec l’Es­pagne ou le Por­tu­gal, où la no­tion de re­sort avec ges­tion unique est au coeur même du tou­risme gol­fique”, ren­ché­rit Laurent Bois­son­nas, qui

pour­suit “La Ryder Cup ne se­ra pas un mi­racle. Si les ac­teurs du sec­teur ne se mo­bi­lisent pas, rien ne se fe­ra tout seul.” Alors que le tou­risme gol­fique est en plein dé­ve­lop­pe­ment et que les Eu­ro­péens jouent da­van­tage sur le Vieux conti­nent en rai­son du cli­mat géo­po­li­tique ac­tuel, la France, riche de par­cours de qua­li­té et d’un patrimoine cultu­rel et gas­tro­no­mique re­con­nu mon­dia­le­ment, dis­pose d’atouts in­dé­niables pour at­ti­rer les gol­feurs du monde en­tier. “C’est une carte qu’il faut

jouer”, af­firme Laurent Bois­son­nas. Un avan­tage par­fai­te­ment in­té­gré par Atout France. L’ob­jec­tif est de ca­pi­ta­li­ser sur des des­ti­na­tions

comme Bor­deaux ou la Pro­vence, qui bé­né­fi­cient d’une image ex­trê­me­ment puis­sante à l’in­ter­na­tio­nal et qui sont ca­pables d’en­traî­ner tout un ter­ri­toire. “Un golf n’est pas une des­ti­na­tion en tant que telle. Il s’agit donc de les an­crer dans leur ter­ri­toire et de s’ap­puyer sur les com­po­santes les plus por­teuses de ce der­nier, comme la gas­tro­no­mie, la culture ou l’oe­no­tou­risme”, ex­plique

Ch­ris­tian Man­tei. “La France peut jouer la carte de l’art de vivre. C’est un vé­ri­table atout. Mais il ne faut pas ou­blier de prendre en compte les be­soins et les stan­dards des gol­feurs”, sou­ligne Gre­go­ry De­la­haye. Les gol­feurs, grands consom­ma­teurs de ser­vices an­nexes, consti­tuent ef­fec­ti­ve­ment une clien­tèle exi­geante. “Il convient de re­ce­voir un gol­feur étran­ger comme son pre­mier client ; ce der­nier, grâce au bouche-ào­reille, peut at­ti­rer nombre d’ama­teurs de golf. Il est donc im­por­tant de don­ner le maxi­mum d’in­for­ma­tions sur les golfs, les res­tau­rants, les par­cours entre deux prac­tices. Il est éga­le­ment im­por­tant de pro­po­ser des sé­jours dif­fé­rents en fonc­tion des clien­tèles étran­gères”, ajoute Alexan­dra Bar­ton. Une condi­tion

sine qua none pour fi­dé­li­ser une clien­tèle étran­gère. “Il faut jouer la carte de la qua­li­té et du haut de gamme”, in­siste le Pdg de Gol­fy. Alexan­dra Bar­ton met tou­te­fois en garde les pro­fes­sion­nels du golf

sur l’après Ryder Cup : “Il ne fau­dra pas aug­men­ter brus­que­ment et de ma­nière in­con­si­dé­rée les prix des par­cours. Ce­la pour­ra se faire sur le par­cours na­tio­nal, mais pas sur tous les golfs”. “L’atout ma­jeur de la France est qu’il existe au­tant de sé­jours gol­fiques que de ré­gions fran­çaises. Nous ne ri­va­li­se­rons ja­mais avec les îles bri­tan­niques, car il n’existe pas de culture du golf en France, ni avec les bas prix des pays du sud de l’Eu­rope, mais nous pou­vons avoir notre spé­ci­fi­ci­té et nous dé­mar­quer. Nous avons tout pour ce­la”, conclut Alexan­dra

Bar­ton.

“Cer­tains re­sorts, iden­ti­fiés pour leur ex­cel­lence et leur prise en compte des tou­ristes, se­ront va­lo­ri­sés. Leur exemple doit per­mettre d’en­traî­ner les autres ac­teurs de la fi­lière dans leur sillage.”

Ch­ris­tian Man­tei, Atout France.

“Une des­ti­na­tion de golf, c’est un hô­tel 4-5 étoiles ou une struc­ture en ap­par­te­ments, et 3 par­cours de 18 trous à moins de 20 mi­nutes.” Ch­ris­tine Lau­re­di,

Greens du monde.

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