La chambre d’agriculture pointe les contra­dic­tions entre dis­cours po­li­tique et réa­li­tés éco­no­miques

Le Nouvel Economiste - - Dossiers -

chambre d’agriculture in­ter­dé­par­te­men­tale d’Ile-de-France, dont la fonc­tion est de conseil et d’in­fluence au pro­fit de ses adhé­rents. La fa­meuse “cein­ture” verte char­gée de nour­rir les Pa­ri­siens a bel et terres fer­tiles ont dis­pa­ru en Ile-deF­rance au cours des cin­quante der­nières an­nées. Il en reste au­jourd’hui un peu moins de 600 000. Tout va plu­tôt bien pour l’agriculture cé­réa­lière qui ex­porte un tiers de sa pro­duc­tion en de­hors de la ré­gion. Mais loin d’as­su­rer l’au­to­suf­fi­sance, l’éle­vage, l’hor­ti­cul­ture et le ma­raî­chage paient de loin le plus lourd tri­but. Le nombre d’ex­ploi­tants ma­raî­chers, en par­ti­cu­lier, est en re­pli très mar­qué : un peu plus de 400, soit 45 % de moins qu’en l’an 2000, re­pré­sen­tant 8 % seule­ment des ex­ploi­ta­tions fran­ci­liennes, même si l’on voit au­jourd’hui re­par­tir des niches avec le suc­cès des Amap, les As­so­cia­tions pour le main­tien de l’agriculture pay­sanne. Sur le mar­ché du frais, par op­po­si­tion à la trans­for­ma­tion, les sur­faces consa­crées au ma­raî­chage et aux lé­gumes de plein champ ont su­bi un re­pli des deux tiers de­puis 1970, se­lon la chambre d’agriculture. Toutes cultures confon­dues, le ma­raî­chage re­pré­sente pour­tant en­core 20 % des sur­faces plan­tées et gé­nère 30 % du chiffre d’af­faires agri­cole de la ré­gion.

Au­to­suf­fi­sance et cir­cuits courts

Dans ce contexte le thème de “l’au­to­suf­fi­sance”, des “cir­cuits courts” et la pers­pec­tive des mil­liers d’em­plois non dé­lo­ca­li­sables que la re­lance d’une agriculture de proxi­mi­té pour­rait créer pa­raissent bien am­bi­tieux. “Il y a une part d’in­can­ta­tion dans tous ces dis­cours, es­time Ch­ris­tophe Hillai­ret. Beau­coup de gens veulent des chan­ge­ments qui ne prennent pas en compte les réa­li­tés éco­no­miques et lo­gis­tiques.” De fait, les condi­tions ont chan­gé. Les cultures de fruits et lé­gumes dis­pa­rues, qui étaient lo­gi­que­ment si­tuées près des zones bien ir­ri­guées, en val­lée de Seine par exemple, ne sont pas for­cé­ment trans­po­sables ailleurs. “On nous de­mande dé­sor­mais de faire du ma­raî­chage sur les pla­teaux, mais il faut de l’eau, donc des fo­rages, et de l’in­ves­tis­se­ment pour me­ner à bien de tels pro­jets” s’in­quiète le pré­sident, qqui es­time qque les élus jjouent un peu trop avec les images d’Épi­nal et la nos­tal­gie de la France ru­rale. “Comme lors­qu’on nous de­mande d’ar­rê­ter les cultures des­ti­nées aux bio­car­bu­rants, pour­suit-il. On ou­blie qu’avant l’au­to­mo­bile, il y avait 300 000 che­vaux en Ile-de-France dont la nour­ri­ture mo­no­po­li­sait la moi­tié des sur­faces culti­vables”. Il faut aus­si te­nir compte de la né­ces­si­té de re­mettre sur pied des fi­lières in­dus­trielles, comme préa­lable à la re­lance des cultures. “S’il y a en­core une agriculture en Ile-deF­rance, on n’y trouve plus ou presque d’ou­til de trans­for­ma­tion” si­gnale le res­pon­sable de la chambre de d’agriculture. Le der­nier boeuf a été abat­tu à la Villette en 1974,

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