Té­lé­ma­tique em­bar­quée, les éco­no­mies de la sur­veillance

La té­lé­ma­tique em­bar­quée gagne du ter­rain dans les flottes d’en­tre­prise grâce aux éco­no­mies qu’elle en­gendre. Sous cer­taines condi­tions.

Le Nouvel Economiste - - La Une - CY­RIL AN­DRÉ

Les ou­tils de té­lé­ma­tique em­bar­quée ne cessent de se per­fec­tion­ner et rendent de pré­cieux ser­vices aux ges­tion­naires de flottes au­to­mo­biles. Une bonne uti­li­sa­tion des don­nées et une mise en place intelligente d’ac­tions en aval per­mettent de gé­né­rer des éco­no­mies à dif­fé­rents ni­veaux. L’op­ti­mi­sa­tion de l’uti­li­sa­tion de la flotte et des tour­nées en­gendre une baisse du poste car­bu­rant, une di­mi­nu­tion de la si­nis­tra­li­té et une meilleure pro­duc­ti­vi­té. Autre atout non né­gli­geable de la té­lé­ma­tique em­bar­quée : son im­pact sur la sé­cu­ri­té des col­la­bo­ra­teurs.

Se­lon le ca­bi­net Berg In­sight, le mar­ché eu­ro­péen de la ges­tion de flotte au­to­mo­bile a pour­sui­vi son ex­pan­sion ra­pide en 2017, grâce à une meilleure com­pré­hen­sion des avan­tages com­mer­ciaux que les vé­hi­cules connec­tés peuvent ap­por­ter aux en­tre­prises. Les avan­tages éco­no­miques in­duits par la té­lé­ma­tique em­bar­quée se­raient l’une des clés du dé­ve­lop­pe­ment de ce mar­ché. Les éco­no­mies po­ten­tielles sont di­verses, et bien qu’il reste dif­fi­cile de les quan­ti­fier de fa­çon pré­cise, le mar­ché pos­sède en­core un fort po­ten­tiel de dé­ve­lop­pe­ment. Si la ma­jo­ri­té des en­tre­prises concer­nées sont des PME équi­pées de flottes de

10 à 20 vé­hi­cules, no­tam­ment dans le sec­teur du bâ­ti­ment, de la main­te­nance des ré­seaux, etc., la té­lé­ma­tique em­bar­quée in­té­resse aus­si des groupes pos­sé­dant des flottes de plu­sieurs mil­liers de vé­hi­cules. Ar­val, fi­liale à 100 % de BNP Pa­ri­bas, a créé sa propre so­lu­tion de té­lé­ma­tique em­bar­quée. “Notre so­lu­tion Ar­val Ac­tiv­link per­met l’op­ti­mi­sa­tion de la flotte. Par exemple, quand notre client choi­sit un couple 36 mois pour 90 000 km, notre so­lu­tion per­met de suivre au mieux l’exé­cu­tion du contrat avec des don­nées fiables de ki­lo­mé­trage qui per­mettent de dé­tec­ter le sur­ki­lo­mé­trage ou, à l’in­verse, le sous-ki­lo­mé­trage. Il est alors pos­sible, le cas échéant, de ré­ajus­ter au mieux le contrat. Il s’agit là d’un gain éco­no­mique pour l’en­tre­prise, car au­pa­ra­vant, il fal­lait at­tendre d’ar­ri­ver en main­te­nance pour connaître le nombre de ki­lo­mètres pré­cis”, as­sure Jean-Fran­çois Co­di­nat, di­rec­teur des nou­velles mo­bi­li­tés chez Ar­val France. Grâce à ces ou­tils, un chef de parc peut par exemple consta­ter que sur tel site de l’en­tre­prise, les vé­hi­cules roulent un peu moins que la moyenne et plus sur un autre site. Il peut alors in­ter­ver­tir les vé­hi­cules. Se­lon le re­pon­sable d’Ar­val, la voi­ture connec­tée ap­pa­raît de plus en plus comme un le­vier sup­plé­men­taire de va­leur pour les chefs de parcs.

Aide aux ges­tion­naires de parc

“On ignore sou­vent que la plus grande dif­fi­cul­té d’un ges­tion­naire de flotte, c’est tout sim­ple­ment de connaître le ki­lo­mé­trage de chaque vé­hi­cule, ex­plique pour sa part Oli­vier Pi­card, di­rec­teur gé­né­ral d’Ocean, la fi­liale d’Orange spé­cia­li­sée dans les so­lu­tions de té­lé­ma­tique em­bar­quée. Car sou­vent, l’en­tre­prise est sur plu­sieurs sites et les vé­hi­cules sont ra­re­ment sur le par­king. Donc connaître le ki­lo­mé­trage de chaque vé­hi­cule est une tâche com­pli­quée.” Ocean a conclu des par­te­na­riats avec de grands construc­teurs pour ré­cu­pé­rer les don­nées du vé­hi­cule sans avoir à po­ser son propre boî­tier. Les don­nées ré­cu­pé­rées sont ain­si beau­coup plus riches que celles éma­nant d’un cap­teur, puis­qu’elles concernent toutes les in­for­ma­tions du ta­bleau de bord. “On sait dire, par exemple, si le mo­teur est en sur­chauffe. On est donc ca­pable d’ap­por­ter des in­for­ma­tions de plus en plus nom­breuses et per­ti­nentes au ges­tion­naire de flotte”, pour­suit Oli­vier Pi­card. Son en­tre­prise est éga­le­ment en train de nouer des par­te­na­riats avec des so­cié­tés spé­cia­listes du TCO (to­tal cost of ow­ner­ship) et spé­cia­li­sées dans la ré­colte d’in­for­ma­tions ex­té­rieures au vé­hi­cule. “Nous ap­por­tons en­suite toutes ces in­for­ma­tions au ges­tion­naire

de flotte, comme le coût des amendes, de l’en­tre­tien, etc. Ce­ci lui fa­ci­lite d’au­tant la tâche no­tam­ment pour le cal­cul du TCO”, ex­plique Oli­vier Pi­card. L’idée est donc bien d’en­ri­chir constam­ment l’ap­port de la té­lé­ma­tique pour le ges­tion­naire de parc. “ParKCon­nect, notre offre des­ti­née aux ges­tion­naires de flotte, leur per­met d’ob­te­nir un cer­tain nombre d’in­di­ca­teurs per­met­tant de di­mi­nuer le coût du vé­hi­cule comme, par exemple, des ges­tions d’en­tre­tien”, pour­suit-il. Le boî­tier, pla­cé dans le vé­hi­cule, est mu­ni de dif­fé­rents cap­teurs qui re­montent un cer­tain nombre d’in­for­ma­tions. Des alertes sont pa­ra­mé­trables par le ges­tion­naire de flotte, par exemple un chan­ge­ment de pneus tous les 20 000 km. De fa­çon au­to­ma­tique, la pla­te­forme l’aver­ti­ra lors­qu’il faut pro­cé­der au chan­ge­ment. Le but : faire les en­tre­tiens cor­rec­te­ment et au bon mo­ment, afin d’évi­ter les sur­coûts liés à des en­tre­tiens trop tar­difs voire à d’éven­tuels si­nistres.

Prio­ri­té à la sé­cu­ri­té

Il reste que la pre­mière de­mande des en­tre­prises concerne la sé­cu­ri­té de ses conduc­teurs; vient en­suite la ré­duc­tion des frais de car­bu­rant. Les deux élé­ments sont d’ailleurs liés. À par­tir du mo­ment où les col­la­bo­ra­teurs sont sen­si­bi­li­sés dans leur style de conduite, la consom­ma­tion de car­bu­rant baisse. Cer­taines en­tre­prises achètent une so­lu­tion té­lé­ma­tique ex­clu­si­ve­ment pour les éco­no­mies sur le car­bu­rant. Comment ce­la fonc­tionne ? Les cap­teurs dé­tectent les ac­cé­lé­ra­tions trop franches, les vi­rages secs, les frei­nages brusques, etc., et re­montent le “score de conduite” au sa­la­rié et

“L’un de nos clients dé­clare avoir réa­li­sé en­vi­ron 20 % d’éco­no­mies de car­bu­rant

sur une an­née. Il a tra­vaillé avec ses sa­la­riés sur une mo­di­fi­ca­tion des ha­bi­tudes rou­tières, ce qui a pris une an­née.”

Jean-Fran­çois Co­di­nat, Ar­val. Ce su­jet de la voi­ture connec­tée ap­pa­raît de plus en plus comme un le­vier sup­plé­men­taire de va­leur pour les chefs de parcs

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