Fra­gile conva­les­cence

La crise ca­ta­lane in­tro­duit un fac­teur de risque sup­plé­men­taire pour la zone eu­ro

Le Nouvel Economiste - - La Une - FRAN­ÇOIS ECALLE

Alors que les comptes des ad­mi­nis­tra­tions pu­bliques es­pa­gnoles étaient ex­cé­den­taires en 2007, ils ont en­re­gis­tré un dé­fi­cit de plus de 10 %...

Alors que les comptes des ad­mi­nis­tra­tions pu­bliques es­pa­gnoles étaient ex­cé­den­taires en 2007, ils ont en­re­gis­tré un dé­fi­cit de plus de 10 % du PIB en 2009. Des me­sures dras­tiques de re­dres­se­ment ont alors été mises en oeuvre dans les an­nées 2010 à 2013, par­ta­gées à peu près éga­le­ment entre hausse des pré­lè­ve­ments obli­ga­toires et baisse des dé­penses pu­bliques. Celles-ci ont di­mi­nué Les re­ven­di­ca­tions in­dé­pen­dan­tistes du par­le­ment ca­ta­lan dis­sout sont in­quié­tantes non seu­le­ment pour l’Es­pagne mais aus­si pour l’en­semble de la zone eu­ro, car le coût d’un sou­tien fi­nan­cier de ce pays pour­rait être très éle­vé pour ses par­te­naires. en vo­lume, plus for­te­ment que dans tous les autres grands pays eu­ro­péens. Ces éco­no­mies ont tou­ché toutes les ca­té­go­ries de dé­penses (masse sa­la­riale, pres­ta­tions so­ciales…) et toutes les ad­mi­nis­tra­tions (cen­trales, so­ciales et lo­cales). Dans un pre­mier temps (2010 à 2013), la crois­sance du PIB est res­tée né­ga­tive et le dé­fi­cit pu­blic a peu di­mi­nué, mais l’ac­ti­vi­té éco­no­mique est re­par­tie à la hausse en 2014. Le dé­fi­cit a alors été ra­me­né à 4,5 % du PIB en 2016, et pour­rait être proche de 3,0 % en 2017 se­lon les der­nières pré­vi­sions. La dette a pu être sta­bi­li­sée à en­vi­ron 100 % du PIB après avoir fait un bond de 60 points de PIB entre 2008 et 2014. Les ad­mi­nis­tra­tions pu­bliques lo­cales (com­mu­nau­tés au­to­nomes, pro­vinces et com­munes) ont contri­bué pour 60 % à la ré­duc­tion du dé­fi­cit pu­blic entre les an­nées 2010-2013 et l’an­née 2016. Elles sont dé­sor­mais elles-mêmes proches de l’équi­libre. Mal­gré ce net re­dres­se­ment, la si­tua­tion des fi­nances pu­bli­quesq de l’Es­pa­gnepg est fra­gile. g C’est le seul État membre de l’Unio­neu­rop péenne, avec la France, dont le dé­fi­cit pu­blic était su­pé­rieur à 3,0 % du PIB en 2016, et ce dé­fi­cit était de na­ture prin­ci­pa­le­ment struc­tu­relle.

Marges de re­dres­se­ment li­mi­tées

Les marges de re­dres­se­ment des comptes pu­blics sont dé­sor­mais li­mi­tées. Les dé­penses pu­bliques de l’Es­pagne (42 % du PIB) sont dé­jà net­te­ment in­fé­rieures à la moyenne eu­ro­péenne et peuvent dif­fi­ci­le­ment être en­core di­mi­nuées. Une hausse des pré­lè­ve­ments obli­ga­toires est en­vi­sa­geable mais il ne fau­drait pas qu’elle dé­té­riore la com­pé­ti­ti­vi­té des en­tre­prises. Si la dette pu­blique de l’Es­pagne est du même ordre que celle de la France, sa charge d’in­té­rêt est net­te­ment plus éle­vée (2,8 % du PIB en 2016 contre 1,9 %). Elle pour­rait de­ve­nir dif­fi­ci­le­ment sup­por­table si les taux d’in­té­rêt dans la zone eu­ro re­mon­taient sen­si­ble­ment, et sur­tout si les ten­sions po­li­tiques en Ca­ta­logne condui­saient les créan­ciers de l’Es­pagne à exi­ger des primes de risque beau­coup plus fortes. L’in­cer­ti­tude sur les pers­pec­tives de cette im­por­tante ré­gion pour­rait en ef­fet contri­buer à ra­len­tir l’ac­ti­vi­té éco­no­mique dans l’en­semble du pays et dé­gra­der de nou­veau ses fi­nances pu­bliques. Les re­ven­di­ca­tions in­dé­pen­dan­tistes du par­le­ment ca­ta­lan dis­sout sont in­quié­tantes non seu­le­ment pour l’Es­pagne mais aus­si pour l’en­semble de la zone eu­ro, car le coût d’un sou­tien fi­nan­cier de ce pays pour­rait être très éle­vé pour ses par­te­naires. Le site www.fi­pe­co.fr dé­ve­loppe les ana­lyses de Fran­çois Ecalle.

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