La valse des éti­quettes

Coûts, dé­lais, flexi­bi­li­té, per­son­na­li­sa­tion, l’éti­quette nu­mé­rique im­prime sa marque sur le mar­ché

Le Nouvel Économiste - - LA UNE - PAR ANNE THIRIET

Le mar­ché des éti­quettes croît, l’exi­gence de ra­pi­di­té et de ré­ac­ti­vi­té aus­si. Pour faire face à la de­mande, les fa­bri­cants s’équipent pe­tit à pe­tit d’im­pri­mantes nu­mé­riques. Cette évo­lu­tion s’ac­com­pagne d’une ten­dance à la per­son­na­li­sa­tion de plus en plus ac­cen­tuée. Les marques doivent faire la dif­fé­rence sur des mar­chés concur­ren­tiels comme la par­fu­me­rie, la cos­mé­tique ou les vins. Car dans cette “guerre” de com­mu­ni­ca­tion, l’éti­quette est un atout maître pour sé­duire le consom­ma­teur.

L’ar­ri­vée des tech­no­lo­gies nu­mé­riques sur le sec­teur de l’éti­quette n’est pas nou­velle mais la per­cée se confirme. 9,7 % des éti­quettes im­pri­mées en Eu­rope le sont grâce à la tech­no­lo­gie nu­mé­rique, soit un mar­ché de 16 mil­liards d’eu­ros, se­lon une étude me­née en 2017 par le ca­bi­net amé­ri­cain LPC pour le compte de l’As­so­cia­tion des fa­bri­cants d’éti­quettes au­toadhé­sives. Et la crois­sance se pour­suit. De plus en plus d’im­pri­meurs se tournent vers cette so­lu­tion. “Nous avons été l’un des groupes pion­niers à nous équi­per en France au dé­but des an­nées 2000, ex­plique Isi­dore Lei­ser, PDG du fa­bri­cant d’éti­quettes Stra­tus Pa­cka­ging. Les avan­tages sont mul­tiples : pas be­soin de cli­chés ou de plaques pour réa­li­ser des pe­tits et moyens ti­rages. Il existe moins d’étapes que dans l’im­pres­sion tra­di­tion­nelle. Nous sommes ain­si plus ra­pides car le mar­ché de­mande plus de ré­ac­ti­vi­té.”

Le pro­cé­dé est aus­si plus com­pé­ti­tif.

“Nous nous sommes équi­pés en 1999 car nous n’al­lions pas mettre les ro­ta­tives en route pour im­pri­mer seule­ment 10 à 50 000 exem­plaires, ob­serve Ch­ris­tian Poi­rault, pré­sident d’APE Éti­quettes. La vi­tesse des presses nu­mé­riques a évo­lué. Cer­taines at­teignent 50 à 70 mètres par mi­nute et sont qua­si­ment au même ni­veau que la plu­part des ma­chines tra­di­tion­nelles de flexo­gra­phie. Il y a en­core un gap car cer­tains flexo montent jus­qu’à 170 mètres par mi­nute, ce qui est utile pour pro­duire de grandes quan­ti­tés.”

Le boom de la per­son­na­li­sa­tion

La ten­dance à la per­son­na­li­sa­tion ac­cen­tue le re­cours au nu­mé­rique. Les marques ont be­soin de se dif­fé­ren­cier sur des mar­chés concur­ren­tiels comme la par­fu­me­rie, la cos­mé­tique ou la grande consom­ma­tion. Et l’éti­quette y joue un rôle de pre­mier plan. “At­ti­rer l’oeil des consom­ma­teurs et pro­vo­quer un achat im­pul­sif se joue en quelques se­condes”,

sou­ligne Ma­ria Da­niel, chef de pro­duits chez Ko­ni­ca Mi­nol­ta. Mo­di­fier cer­taines in­for­ma­tions sur les éti­quettes est plus simple en nu­mé­rique. Il suf­fit d’uti­li­ser des fi­chiers de don­nées va­riables et de pro­gram­mer les im­pres­sions. Les grandes marques se servent de cette so­lu­tion pour re­don­ner une dy­na­mique à leurs pro­duits “en dé­ve­lop­pant des sé­lec­tions ou des édi­tions spé­ciales, fê­ter un évé­ne­ment par­ti­cu­lier, par exemple les 20 ans d’un par­fum”, ajoute la res­pon­sable, qui note aus­si une mon­tée de la de­mande de sai­son­na­li­té. “Les consom­ma­teurs re­cherchent les cir­cuits courts, les pro­duc­teurs lo­caux. On trouve des pe­tits ti­rages d’éti­quettes pour le vin de prin­temps, le vin d’au­tomne. On voit aus­si se dé­ve­lop­per du miel bio, de tilleul, de fleurs.” Le nu­mé­rique per­met d’ou­vrir de nou­veaux mar­chés. “L’éti­quette se dé­mo­cra­tise et des pe­tits com­mer­çants

L’im­pres­sion nu­mé­rique per­met de pro­duire plus ra­pi­de­ment des pe­tits ti­rages d’éti­quettes car elle ne re­quiert pas d’uti­li­ser des pho­tos ou de cli­chés

“La vi­tesse des presses nu­mé­riques a évo­lué et at­teint un ni­veau com­pa­rable à des ma­chines tra­di­tion­nelles deflexo­gra­phie.”gp Ch­ris­tian Poi­rault, APE Éti­quettes.

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