L’école rê­vée des pa­rents

Les fa­milles sou­haitent une école plus éga­li­taire. C’est ce qui res­sort d’une étude, que nous dé­voi­lons alors que se tiennent au­jourd’hui et de­main les élec­tions des re­pré­sen­tants des pa­rents d’élèves.

Le Parisien (Essonne) - - Société - PAR CHRISTEL BRIGAUDEAU

MOINS D’ÉLÈVES par classe, moins de ba­cho­tage en cours, plus de jus­tice dans le sys­tème et d’écoute. S’ils étaient à la ma­noeuvre, voi­là le pro­gramme pour l’école que mè­ne­raient les pa­rents d’élèves, se­lon une vaste en­quête me­née par la fé­dé­ra­tion de pa­rents FCPE, et que nous dé­voi­lons.

Alors que se tiennent, au­jourd’hui et de­main dans toute la France, les élec­tions des re­pré­sen­tants des fa­milles dans les écoles pri­maires, et dans les conseils d’ad­mi­nis­tra­tion des col­lèges et ly­cées, la pre­mière fé­dé­ra­tion de pa­rents a re­cueilli le res­sen­ti de quelque 10 700 fa­milles, adhé­rentes ou non, de la ma­ter­nelle au bac.

IPLUS JUSTE

La ma­jo­ri­té des pa­rents ont élu le mot « in­éga­li­taire » comme le plus ap­pro­prié pour dé­crire le sys­tème sco­laire. Un pa­rent sur deux es­time que « l’école de la Ré­pu­blique ne ga­ran­tit plus la réus­site de tous les en­fants ». Constat cor­ro­bo­ré par les sta­tis­tiques mon­trant 20 % d’élèves en dif­fi­cul­té dans les sa­voirs fon­da­men­taux. Ain­si Sa­bah, mère de trois en­fants à La Cour­neuve (Seine-Saint-De­nis), n’a pas di­gé­ré la fer­me­ture de la classe bi­langue et de la sec­tion spor­tive du col­lège de son sec­teur, il y a deux ans, « alors qu’à Pa­ris tout a été main­te­nu ».

Près de la moi­tié des pa­rents es­timent que les op­tions fa­cul­ta­tives doivent « être dé­ve­lop­pées pour tous les élèves, et pas seule­ment quelques-uns ». « Et pour les sor­ties sco­laires, c’est pa­reil, ajoute Sa­bah. Les en­fants n’ont pas tous droit aux mêmes chances ; pour­tant ils ont tous be­soin d’ac­ti­vi­tés épa­nouis­santes. »

IPLUS MO­DERNE

Conser­va­trices, les fa­milles ? Pas vrai­ment. Se­lon l’en­quête, me­née entre juin et sep­tembre, les pa­rents s’in­quiètent presque au­tant de la « baisse du ni­veau gé­né­ral » (55 %) que du « manque d’évo­lu­tion de l’école par rap­port à la so­cié­té » (50 %). Ain­si, 47 % d’entre eux ai­me­raient que les en­sei­gnants en classe s’adaptent plus aux be­soins des élèves, et, à plus de 70 %, ils plé­bis­citent « l’in­ter­dis­ci­pli­na­ri­té », qui consiste à dé­cloi­son­ner les ma­tières pour que les élèves com­prennent mieux le sens de ce qui leur est en­sei­gné.

Meh­di, pa­pa de deux en­fants en CE 2 et en 4e, s’est re­pré­sen­té aux élec­tions du col­lège de son fils, à Cham­pagne-sur-Seine (Seine-et-Marne) pour « dé­fendre au con­seil d’ad­mi­nis­tra­tion les pro­jets in­ter­dis­ci­pli­naires qui ont été mis en place l’an der­nier. Ils étaient très in­té­res­sants », ra­conte ce cadre.

« L’école est trop dé­con­nec­tée du monde réel », abonde Va­lé­rie, ma­man de deux en­fants en ma­ter­nelle et en 6e à Mar­seille (Bouches-du-Rhône) : « On bourre le crâne des en­fants avec beau­coup de choses, mais on ne leur ap­prend pas as­sez à être bien dans leurs bas­kets. »

IPLUS ENCADRANTE

Mais la prio­ri­té des prio­ri­tés, pour plus de 90 % des pa­rents, reste en­core et tou­jours de bais­ser le nombre d’élèves par classe, et pas seule­ment dans les CP des écoles en dif­fi­cul­té, comme l’a en­tre­pris le gou­ver­ne­ment de­puis la ren­trée.

Dans l’école des en­fants de Sé­bas­tien, au centre-ville de Mas­sy (Es­sonne), « cer­taines classes at­teignent 30 élèves, et les en­fants han­di­ca­pés ou avec des dif­fi­cul­tés par­ti­cu­lières ne re­çoivent pas tous l’aide dont ils ont be­soin, faute de moyens, af­firme-t-il. Ce­la rend le cli­mat ex­plo­sif ». Comme lui, les trois quarts des pa­rents (74 %) vou­draient que le re­cru­te­ment d’en­sei­gnants se pour­suive, et ils sont 8 sur 10 à ré­cla­mer da­van­tage de mé­de­cins sco­laires, de psy­cho­logues et d’in­fir­miers au­près de leurs en­fants.

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