« Des pro­grès res­tent à faire »

Le Parisien (Essonne) - - Essonne - AR­NAUD TAN­GUY, MEMBRE DU COL­LEC­TIF SAU­VE­GARDE DE LA VALLÉE DE L’YERRES

Se­lon vous, en quoi l’ex­ploi­ta­tion du bois per­turbe-t-elle l’équi­libre na­tu­rel de la fo­rêt ?

AR­NAUD TAN­GUY. L’Of­fice na­tio­nal des fo­rêts (ONF) abat les chênes alors qu’ils sont en pleine ma­tu­ri­té. Ce­la tronque le cycle fo­res­tier na­tu­rel. De nom­breuses es­pèces d’oi­seaux, comme le pic noir, ou d’in­sectes ont be­soin de vieux arbres pour s’épa­nouir.

Or, ces ha­bi­tats-là sont de moins en moins fré­quents dans le mas­sif. L’ONF met en avant ses ac­tions pour pré­ser­ver la bio­di­ver­si­té. Est-ce suf­fi­sant ? C’est po­si­tif, mais des pro­grès res­tent à faire. Par exemple, lais­ser les bran­chages au sol n’est pas suf­fi­sant. Il faut les éta­ler sur la par­celle pour évi­ter des tas qui privent la terre en oxy­gène. L’ONF a ré­agi face aux de­mandes des élus et des po­pu­la­tions, mais ce sont des fo­res­tiers, pas des na­tu­ra­listes, et l’as­pect éco­no­mique prime pour eux. Le pas­sage à l’ex­ploi­ta­tion en fu­taie ir­ré­gu­lière est-il un pro­grès ?

Oui, pour la pré­ser­va­tion d’arbres d’es­sence et de taille dif­fé­rentes. Mais l’in­ter­ven­tion d’en­gins lors des abat­tages a tou­jours de grosses consé­quences né­ga­tives. Pour per­mettre leur pas­sage, on pra­tique des coupes sup­plé­men­taires. Et ils tassent le sol quand ils roulent, ce qui per­turbe le cycle bio­lo­gique et plus grand-chose ne re­pousse.

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