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Le Parisien (Essonne) - - La Une - DE NOTRE EN­VOYÉ SPÉ­CIAL MI­CHEL VA­LEN­TIN À VE­NISE (ITA­LIE)

Elle a élu do­mi­cile dans le Cas­tel­lo, quar­tier moins tou­ris­tique de Ve­nise, com­pre­nant une den­si­té moindre d’hô­tels et de res­tau­rants, ces der­niers ac­cueillant par­fois une clien­tèle lo­cale. Mais ce­la ne l’em­pêche pas d’ex­plo­rer les moindres re­coins de la Sé­ré­nis­sime. Aude, une Fran­çaise qui vit en Ita­lie de­puis trois dé­cen­nies, et à Ve­nise de­puis quelques an­nées, nous confie ses coups de coeur.

MON CA­FÉ

« J’aime le prendre au cam­po del­la Bra­go­ra, une place près de l’Ar­se­nal. Là, on trouve une mai­son tra­di­tion­nelle de tor­ré­fac­tion, Gi­ra­ni. C’était une tra­di­tion au­tre­fois à Ve­nise, au­jourd’hui per­due, cer­tains ca­fés tor­ré­fiaient eux-mêmes leur mou­ture. Ici, le pe­tit noir y est ex­cellent, qu’on prenne un es­pres­so, un ca­fé lun­gho (la tasse pleine), un mac­chia­tone, avec du lait, ou un cap­puc­ci­no. Les Vé­ni­tiens boivent du ca­fé à n’im­porte quelle heure, mais tou­jours de­bout, au comp­toir. Ils entrent, ils com­mandent, ils boivent, ils paient, ils partent. Par­fois, le tout ne dure que quelques se­condes ! Et prendre son ca­fé au comp­toir coûte tou­jours beau­coup moins cher. » Pour un ca­fé classe place SaintMarc, Aude pré­fère le Qua­dri au cé­lé­bris­sime Flo­rian. Comp­tez quand même 7,50 € l’es­pres­so pris à une table et 12 € le cho­co­lat !

MON P­TIS­SIER

« Il existe une très bonne pâ­tis­se­rie en face de l’hô­pi­tal, dans le quar­tier San Mar­co, Ro­sa Sal­va. C’est le bon en­droit pour ache­ter des bai­co­li, des bis­cuits secs, même un peu durs, qui se mangent avec le thé. Il faut aus­si goû­ter une spé­cia­li­té de l’île de Bu­ra­no, les es­si, des bis­cuits en forme de S. Autre spé­cia­li­té, les zae­ti se dé­gustent en les trem­pant dans du vin li­quo­reux (vi­no san­to). »

MA PIZZERIA

« Ai To­si Pic­co­li, dans une pe­tite rue du Cas­tel­lo, la calle Se­co Ma­ri­na. Mais at­ten­tion, ils ne servent des piz­zas que le soir, et il ne faut pas confondre avec l’en­seigne voi­sine, Ai To­si Gran­di ! La pizza est sur­tout une spé­cia­li­té du sud de l’Ita­lie, donc Ve­nise ne compte pas d’éta­blis­se­ments ré­pu­tés en la ma­tière. On peut se rendre sans risque chez Ros­so­po­mo­do­ro, la to­mate rouge, une chaîne qui pro­pose de vraies piz­zas na­po­li­taines, avec la pâte comme il faut ! » Et pour les pâtes ? « Les Vé­ni­tiens, comme tous les Ita­liens, consi­dèrent que, au res­tau­rant, c’est juste une en­trée. At­ten­tion, si vous pre­nez des pas­ta in bian­co, à l’huile ou au beurre, les Ita­liens n’en com­mandent que quand ils sont ma­lades et ont mal au ventre ! » Autre con­seil : « Ici, les res­tau­rants ferment tôt. Il n’est pas rare de ne plus pou­voir com­man­der après 22 h 30, et que tout soit fer­mé à 23 h 30. La vie noc­turne est qua­si in­exis­tante à Ve­nise… »

MON MAR­CHAND DE FRUITS ET LÉ­GUMES

« Mas­si­mo, sur la via Ga­ri­bal­di, qui of­fi­cie sur un ma­ga­sin flot­tant, un pe­tit ba­teau rem­pli de ses fruits et lé­gumes. Il est là tous les jours sauf le di­manche, jus­qu’à 13 heures, même l’hi­ver. Il vend, entre autres, des lé­gumes lo­caux pro­duits sur l’île voi­sine de San’Eras­mo, dont des ar­ti­chauts cas­traure, plus pe­tits et al­lon­gés que les nôtres, ou des choux. Chez lui, j’achète éga­le­ment des ra­dis de Tré­vise, qui res­semblent à de la chi­co­rée. Ce n’est pas le pri­meur meilleur mar­ché, mais l’en­droit est plein de charme. »

MON CENTRE COM­MER­CIAL

« Fon­da­co dei Te­des­chi, juste à cô­té du Rial­to. C’est un com­plexe de ma­ga­sins de luxe, ou­vert l’an der­nier par le groupe LVMH (NDLR : pro­prié­taire du « Pa­ri­sien » - « Au­jourd'hui en France »). Les bou­tiques se sont ins­tal­lées sur trois étages dans un vieil im­meuble clas­sé, et le pa­tio abrite un bar meu­blé par Phi­lippe Starck. Les tou­ristes y vont pour faire leurs courses, mais on peut aus­si mon­ter jus­qu’à la ter­rasse, gra­tui­te­ment. De là, on a une vue su­blime, qua­si­ment à 360o, sur tout Ve­nise ! »

MON ÉGLISE

« La ba­si­lique San Pietro di Cas­tel­lo, tout au bout du Cas­tel­lo, après l’Ar­se­nal. Elle a été construite sur l’île d’Oli­vo­lo, le ber­ceau his­to­rique de Ve­nise. C’était au­tre­fois la ca­thé­drale de la ville, as­sez mas­sive. Comme elle est un peu éloi­gnée du centre tou­ris­tique, elle re­çoit peu de vi­si­teurs, et reste donc très tran­quille. » Nous avons aus­si ap­pré­cié l’église San­ti Gio­van­ni e Pao­lo, la plus grande de Ve­nise, si­tuée sur le cam­po du même nom. Une oc­ca­sion rare de voir de près les tom­beaux d’une ving­taine de doges.

MA BA­LADE

« L’île de la Giu­dec­ca, au sud de la place San Mar­co. C’est in­croyable, on passe car­ré­ment dans un autre monde d’un coup de va­po­ret­to. L’en­droit avait au­tre­fois mau­vaise ré­pu­ta­tion. Au­jourd’hui, c’est un lieu ap­pré­cié, très calme. Rien de mieux que de s’at­ta­bler à un ca­fé au bord de la la­gune et d’ad­mi­rer Ve­nise grouillant de monde. »

Ve­nise (Ita­lie). Moins tou­ris­tique, le Cas­tel­lo (en haut) dé­voile une fa­cette de la ville plus lo­cale. On ne manque pas une vi­site chez Mas­si­mo (en bas à g.), qui pro­pose des lé­gumes ve­nus d’îles voi­sines, avant d’al­ler au centre com­mer­cial de luxe Fon­da­co dei Te­des­chi, dont le pa­tio abrite un bar meu­blé par Phi­lippe Starck.

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