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Ces aides aux­quelles vous avez droit

Le Parisien (Essonne) - - La Une - PAR DA­NIEL ROSENWEG

A74 ans, Ni­cole, ha­bi­tante des Hauts-de-Seine, a été opé­rée pour une hy­per­thy­roï­die et souffre d’arthrose ai­guë. « L’al­lo­ca­tion per­son­na­li­sée d’au­to­no­mie ? Non, je n’en ai ja­mais en­ten­du par­ler », ré­pond-elle à Ni­co­las Me­net, so­cio­logue ve­nu en­quê­ter sur le re­cours aux pres­ta­tions so­ciales. Ni­cole n’est pas un cas iso­lé. Loin de là.

Tous dis­po­si­tifs confon­dus, 49 % des per­sonnes éli­gibles à une des aides so­ciales ver­sées par les conseils dé­par­te­men­taux ou les Caisses d’al­lo­ca­tions fa­mi­liales (CAF) en ignorent l’exis­tence, ré­vèle un son­dage que nous pu­blions en ex­clu­si­vi­té. Réa­li­sé au­près de 1 577 per­sonnes, il a été pi­lo­té par le ca­bi­net Ad­ju­vance, ex­pert en so­cio­lo­gie, pour le compte d’Ades­sa­do­mi­cile, qui fé­dère 350 struc­tures d’aide à la per­sonne. Par­mi les autres constats, 16 % de per­sonnes éli­gibles connais­sant les aides y re­noncent, dis­sua­dées par la com­plexi­té ad­mi­nis­tra­tive, et 16 % ne les ré­clament pas car ce qui reste à leur charge pour une aide à do­mi­cile est en­core trop éle­vé. Un constat ac­ca­blant quant à l’ef­fi­ca­ci­té de notre sys­tème de so­li­da­ri­té que dé­nonce Ades­sa­do­mi­cile alors qu’ouvre au­jourd’hui à Pa­ris le Sa­lon des ser­vices à la per­sonne. « Se­lon notre en­quête, les caisses dé­par­te­men­tales d’al­lo­ca­tions fa­mi­liales ne connaissent même pas les aides exis­tantes. Cette opa­ci­té est vou­lue, elle per­met de faire d’énormes éco­no­mies, ac­cuse Hugues Vi­dor, di­rec­teur gé­né­ral de la fé­dé­ra­tion. Nos dis­po­si­tifs peu vi­sibles, com­plexes et dis­sua­sifs or­ga­nisent l’in­éga­li­té d’ac­cès aux droits. » Par­mi les ex­pli­ca­tions, il faut sa­voir aus­si que cha­cune des 102 CAF de France dé­fi­nit li­bre­ment ses ac­tions d’aide so­ciale…

RENDRE UNE BONNE IN­FOR­MA­TION OBLI­GA­TOIRE

Dans un cour­rier à Agnès Bu­zyn, mi­nistre des So­li­da­ri­tés et de la San­té, Ades­sa­do­mi­cile va de­man­der que la dé­tec­tion des per­sonnes éli­gibles et leur bonne in­for­ma­tion de­viennent obli­ga­toires. « Cette si­tua­tion em­pêche la mise en place de nom­breux ac­com­pa­gne­ments pré­ven­tifs », s’in­quiète le pré­sident de la fé­dé­ra­tion, Pa­trick Malphettes. Le manque à ga­gner pour ces ex­clus de l’aide, très sou­vent mo­destes, n’est pas ano­din. Une en­quête in­terne de la CAF de Gi­ronde vient de mon­trer que 12 % de ses al­lo­ca­taires au­raient dû per­ce­voir une de ses aides.

La caisse a re­trou­vé ces ex­clus, qui per­çoivent dé­sor­mais 210 € par mois en moyenne. C’est plus que les 80 € de reste à charge qui ont pous­sé Jea­nine, 83 ans, ha­bi­tante du Pasde-Ca­lais tout juste sor­tie d’un can­cer in­va­li­dant, à re­non­cer à une aide mé­na­gère. Des se­niors qui, à 44 %, se­lon le son­dage d’Ad­ju­vance, mé­con­naissent aus­si l’al­lo­ca­tion per­son­na­li­sée d’au­to­no­mie. Une APA cri­ti­quée par Ades­sa­do­mi­cile car son mon­tant va­rie de 17 € à 24 € de l’heure se­lon la gé­né­ro­si­té des dé- par­te­ments. Une aide in­suf­fi­sante au re­gard du coût ho­raire moyen d’une aide à do­mi­cile (24,24 €), ce qui fra­gi­lise les as­so­cia­tions du sec­teur. Dix ont mis la clé sous la porte en 2017, au­tant qu’en 2016. Ni­co­las Me­net alerte : « Le manque d’ef­fi­cience des or­ga­nismes payeurs fa­vo­rise une spi­rale de fra­gi­li­sa­tion qui se tra­duit par des en­trées pré­coces en Eh­pad (éta­blis­se­ments d’hé­ber­ge­ment pour per­sonnes âgées dé­pen­dantes) et in fine un sur­coût. »

Dans son rap­port sur la pau­vre­té pu­blié jeu­di der­nier le Se­cours ca­tho­lique es­time, de son cô­té, que le non-re­cours au RSA, par mé­con­nais­sance du dis­po­si­tif, fait éco­no­mi­ser 5 Mds€ par an aux CAF mais aus­si à l’Etat.

De nom­breuses aides sont ver­sées par les Caisses d’al­lo­ca­tions fa­mi­liales mais aus­si les dé­par­te­ments.

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