Si, on peut en­core soi­gner le rhume

AU­TO­MÉ­DI­CA­TION Des ca­chets et des si­rops contre les ma­la­dies de l’hi­ver sont à pros­crire, se­lon « 60 Mil­lions de consom­ma­teurs ». Voi­ci par quoi les rem­pla­cer.

Le Parisien (Essonne) - - Société - PAR FLO­RENCE MÉRÉO

LA SAI­SON DU NEZ QUI COULE est lan­cée ! Nous sommes nom­breux à nous ruer en phar­ma­cie pour re­cons­ti­tuer nos stocks d’Ac­ti­fed jour et nuit, Do­lir­hume ou en­core Nu­ro­fen rhume. Si ces mé­di­ca­ments « stars » fi­gurent par­mi les plus ven­dus en au­to­mé­di­ca­tion, c’est-à-dire sans or­don­nance, nombre d’entre eux se­raient à évi­ter, voire car­ré­ment à pros­crire (voir l’in­fo­gra­phie ci-contre) se­lon une en­quête me­née et pu­bliée hier par « 60 Mil­lions de consom­ma­teurs ».

« Cer­tains mé­di­ca­ments contiennent des sub­stances qui ne sont pas jus­ti­fiées en rai­son des risques trop nom­breux, comme des ac­ci­dents car­dio-vas­cu­laires », alerte le ma­ga­zine qui a pas­sé au crible 62 mé­di­ca­ments.

Mais alors comment nous dé­bar­ras­ser de nos éter­nue­ments, nos yeux rouges et na­rines en­flam­mées sans pas­ser par eux ? Des mé­de­cins livrent leurs conseils.

LE NET­TOYAGE POUR FAIRE BAR­RAGE

La­ver ses na­rines est la toute pre­mière des choses à faire, in­siste le doc­teur Claude Lei­cher, pré­sident du syn­di­cat des mé­de­cins gé­né­ra­listes MG France. « Ce­la marche très bien avec du sé­rum phy­sio­lo­gique clas­sique, pré­co­nise-t-il. On peut re­nou­ve­ler l’opé­ra­tion toutes les deux heures, sans mo­dé­ra­tion ! » Une fa­çon de pro­té­ger sa mu­queuse na­sale des agents ex­té­rieurs, comme les vi­rus. Les sprays d’eau de mer sont aus­si de bonnes bar­rières.

« Mais at­ten­tion, note le doc­teur Yves Bro­chard, gé­né­ra­liste à Gou­ville-sur-Mer (Manche), on uti­lise un spray par per­sonne de la fa­mille pour ne pas se re­fi­ler les bac­té­ries ! Et d’un rhume à l’autre, on pense à dés­in­fec­ter l’em­bout du fla­con. »

LES CORTICOÏDES LO­CAUX POUR DÉSENFLAMMER

« Je n’ai pas pres­crit une seule fois cette an­née de va­so­cons­tric­teur à cause des ef­fets se­con­daires, no­tam­ment vas­cu­laires, qu’ils peuvent cau­ser », re­prend Yves Bro­chard, en ré­fé­rence à cette sub­stance (pseu­doé­phé­drine) pré­sente dans plu­sieurs des mé­di­ca­ments sans or­don­nance sur la « liste noire » de « 60 Mil­lions de consom­ma­teurs ».

Le mé­de­cin leur pré­fère les corticoïdes lo­caux, comme le Pi­va­lone, qui ont un ef­fet an­tiin­flam­ma­toire sur les mu­queuses. Bon à sa­voir : ils sont plus ef­fi­caces pul­vé­ri­sés après s’être mou­ché.

L’EUCALYPTUS BOL D’AIR FRAIS

L’eucalyptus a des ver­tus apai­santes. Ain­si, l’Es­sence al­gé­rienne, par exemple, est un mé­di­ca­ment en libre-ser­vice com­po­sé à 97,8 % d’eu­ca­lyp­tol et est « à pri­vi­lé­gier », se­lon l’as­so­cia­tion de consom­ma­teurs. « Mis à part son prix exa­gé­ré (de 7 € à 8,54 €), elle peut sou­la­ger en hu­mi­di­fiant les mu­queuses », note « 60 Mil­lions », tout en consta­tant que… « quelques feuilles d’eucalyptus ou de ro­ma­rin dans de l’eau très chaude fe­raient aus­si bien l’af­faire ».

LE PA­RA­CÉ­TA­MOL VA­LEUR SÛRE

« Sauf si on a des sou­cis hé­pa­tiques, le pa­ra­cé­ta­mol reste une va­leur sûre pour les pa­tients ayant des dou­leurs as­so­ciées au rhume, no­tam­ment des maux de tête », fait re­mar­quer Yves Bro­chard. Mais si le rhume per­dure plu­sieurs jours ou que, note Claude Lei­cher, « des dou­leurs au ni­veau des si­nus ap­pa­raissent, une toux, de la fièvre ou des cra­chats jau­nâtres et épais » font leur ap­pa­ri­tion, l’au­to­mé­di­ca­tion doit lais­ser place… à la consul­ta­tion.

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