Un tour de piste sur le cir­cuit du Mans

Les 24 Heures du Mans au­to s’élancent de­main. Mais il est pos­sible de s’im­mer­ger dans l’uni­vers du cir­cuit my­thique et même de faire un tour de piste toute l’an­née.

Le Parisien (Essonne) - - La Une - DE NOTRE ENVOYÉ SPÉCIAL DA­VID OPOCZYNSKI, AU MANS (SARTHE)

C’est d’abord une sen­sa­tion d’ex­ci­ta­tion tein­tée d’une lé­gère ap­pré­hen­sion. Au mo­ment d’en­fi­ler la com­bi­nai­son grise, si­glée d’un pe­tit mais si sym­bo­lique « 24H » et por­tant l’écus­son de l’Au­to­mo­bile Club de l’Ouest (ACO), un lé­ger ver­tige vous prend.

Bien­ve­nue dans l’un des soixante stands du my­thique circuit des 24 Heures, dont la 86e édi­tion de la course au­to s’élan­ce­ra de­main. L’an der­nier, 258 000 spec­ta­teurs se sont pres­sés au bord du circuit. De­vant leur té­lé, 90 mil­lions de per­sonnes dans le monde ont re­gar­dé la course, dont 6 mil­lions sur la web­té­lé, qui a même en­re­gis­tré 250 connexions du… Groen­land !

Comme le pro­pose dé­sor­mais toute l’an­née l’ACO dans le cadre de son école de pi­lo­tage, nous voi­là donc em­bar­qués pour une im­mer­sion dans l’uni­vers du Mans. Pour com­men­cer, un « pro­to » Pes­ca­ro­lo (coque car­bone, boîte six vi­tesses) nous at­tend. Mais il s’agit d’abord de suivre at­ten­ti­ve­ment les con­seils pour maî­tri­ser l’en­gin. On gri­mace à l’évo­ca­tion des in­di­ca­tions en cas de sor­tie de piste et d’ar­rêt dans le gra­vier. On pré­fère se concen­trer sur les chan­ge­ments de vi­tesses ma­nuels. Casque et gants en­fi­lés, c’est main­te­nant le mo­ment de prendre place dans la voi­ture. Le mo­teur vrom­bit. Le vo­lant bien en mains, on se lance dans la voie des stands der­rière la voi­ture de sécurité qui gui­de­ra les tra­jec­toires. Pas le temps de faire tour­ner la ma­chine à sou­ve­nirs mal­gré les pas­sages dans ces en­droits my­thiques. Il faut res­ter concen­tré pour né­go­cier au mieux chaque vi­rage. Les trois tours du circuit Bu­gat­ti (4,185 km) passent vite. Du moins en ap­pa­rence. On reste loin des 251 km/h de moyenne de la Toyo­ta qui, l’an der­nier, a bat­tu le re­cord du tour du circuit prin­ci­pal.

Les tours de piste ver­sion libre (sans voi­ture de sécurité) sont un ré­gal mal­gré la fa­tigue liée à la concen­tra­tion. A l’ar­ri­vée, un pi­lote pro­fes­sion­nel vous at­tend. « Tu as ten­dance à plon­ger un peu trop, ex­plique Vincent Ca­pillaire, qui pren­dra, de­main, le dé­part de ses cin­quièmes 24 Heures du Mans. Il faut bra­quer as­sez tard dans la courbe pour avoir la meilleure ef­fi­ca­ci­té pos­sible. »

Le Sar­thois se dit « très at­ta­ché à la no­tion de par­tage » de sa pas­sion pour les voi­tures et Le Mans. « Il y a le cô­té pu­re­ment pédagogique d’en­sei­gner le pi­lo­tage mais aus­si le contexte dans le­quel on le fait ici, dé­taillet-il. Pas­ser sous l’arche Dun­lop, la même que tu vois à la té­lé, c’est in­com­pa­rable pour les gens ! On rend ça ac­ces­sible, car on a des au­tos très po­ly­va­lentes. N’im­porte qui peut rou­ler. Mais elles peuvent aus­si al­ler très vite : 240 km/h dans la ligne droite. C’est un très bon ou­til. »

PÈLERINAGE

Lui et son col­lègue Paul Lan­chère en ap­por­te­ront la preuve un peu plus tard lorsque vien­dra l’heure du bap­tême de piste. Les deux tours, au ras du sol, à cô­té d’un pi­lote, valent toutes les at­trac­tions à sen­sa­tions. « C’est le seul en­droit au monde où vous pou­vez vivre ça à bord d’un pro­to, ex­plique Paul Lan­chère, 26 ans. Je ga­ran­tis des sen­sa­tions ex­tra­or­di­naires au ni­veau du frei­nage. La plu­part des per­sonnes n’ont ja­mais dé­clen­ché l’ABS. Là, c’est cinq fois plus fort que ce qu’elles ont connu ! Je sais que ça va mat­cher di­rect. Mais je ne su­ra­t­taque pas (sic). Je suis à 75-80 %. Il reste une marge par rap­port à la course. »

La vi­site du circuit est un bon moyen pour se re­mettre de ces sen­sa­tions fortes. « Le circuit est de­ve­nu un lieu de pèlerinage, ra­conte Ni­co­las Pelletier, guide du ser­vice pa­tri­moine de l’ACO. Le nombre de fois où on me dit : c’est in­croyable, je n’ima­gi­nais pas ça comme ça… » Le pas­sage sur le po­dium reste la ce­rise sur le gâ­teau. « Les gens viennent voir un circuit et fi­na­le­ment, ils dé­couvrent qu’ils sont dans le ber­ceau de l’his­toire de l’au­to­mo­bile, conclut le guide. C’est aus­si une for­mi­dable aven­ture hu­maine. Et ça, ça les touche pro­fon­dé­ment. »

PAS­SER SOUS L’ARCHE DUN­LOP, C’EST IN­COM­PA­RABLE POUR LES GENS ! ON REND ÇA AC­CES­SIBLE,

CAR ON A DES AU­TOS TRÈS PO­LY­VA­LENTES. N’IM­PORTE QUI PEUT ROU­LER. VINCENT CA­PILLAIRE, PI­LOTE QUI EN­CADRE DES STAGES

S’élan­cer sur le circuit du Mans au vo­lant d’un pro­to Pes­ca­ro­lo pro­cure des sen­sa­tions uniques.

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