Les en­chères do­pées par les mus­clés

« Pawn Stars », « Sto­rage Wars », « En­chères à tout prix »… Ces émis­sions amé­ri­caines dif­fu­sées sur des pe­tites chaînes rendent le thème des en­chères at­trayant, à grand ren­fort de tes­to­sté­rone.

Le Parisien (Essonne) - - Loisirs - PAR ANIS­SA HAMMADI

« ÇA PASSE OU ÇA CASSE. » Voi­là la de­vise des ache­teurs de « Sto­rage Wars ». Le concept ? En­ché­rir à l’aveugle sur le conte­nu d’un box dont ils ignorent tout. Ils ont cinq mi­nutes pour en ju­ger la va­leur, sans en­trer à l’in­té­rieur. Très vite, les per­son­nages se bous­culent, s’in­vec­tivent… Et ça marche : « Quand tu tombes des­sus, tu ne dé­croches pas », lâche Paul, 36 ans, un adepte.

« Sto­rage Wars : en­chères sur­prises » (6ter et CS­tar), mais aus­si « Pawn Stars » (CS­tar), « En­chères à tout prix » (RMC Dé­cou­verte)… On ne compte plus les sé­ries de « fac­tual en­ter­tain­ment » (do­cu-réa­li­té) sur le thème des en­chères, dont les chaînes de la TNT raf­folent.

« Ce type de pro­gramme pas­sionne les Amé­ri­cains, il n’y a pas de rai­son que ça ne marche pas chez nous », pointe Gue­naëlle Tro­ly, di­rec­trice gé­né­rale de RMC Dé­cou­verte, où « En­chères à tout prix » at­tire en moyenne 224 000 spec­ta­teurs l’après-mi­di (2,2 % du pu­blic, un bon score).

Il faut dire que les An­glo­Saxons dy­na­mitent le genre, avec des grands gaillards en tête d’af­fiche. N’hé­si­tant pas à jouer à fond la carte du sté­réo­type, « Sto­rage Wars » ré­duit les ache­teurs à un trait de leur per­son­na­li­té dans le gé­né­rique : il y a le Flam­beur, le Na­bab, le Chien fou, le Col­lec­tion­neur…

Dans « Pawn Stars », on suit une fa­mille de prê­teurs sur gages dans leur bou­tique à Las Ve­gas. Le grand-père (alias le Vieux), le père, le fils… Tous crèvent l’écran.

COM­PLÈ­TE­MENT MAR­TEAU

Les té­lé­spec­ta­teurs y trouvent aus­si leur compte : ils ap­prennent l’exis­tence d’ob­jets im­pro­bables, comme des lu­nettes pour poules. « On peut pas­ser de l’étude d’un bout de pa­pier à une voi­ture. On ne sait ja­mais ce qui va fran­chir la porte, et c’est ce cô­té in­at­ten­du que je trouve in­té­res­sant », abonde Vincent, un fi­dèle de l’émis­sion. A mi-che­min entre le do­cu­men­taire et la té­lé­réa­li­té, les épi­sodes sont sou­vent ryth­més par des en­gueu­lades, des coups bas et des ré­pliques cli­ché. « Je vais tuer Ja­rod si on se re­trouve avec ce box pour­ri ! », lance une blonde de « Sto­rage Wars ».

On ne sait ja­mais si c’est spon­ta­né ou pré­pa­ré, mais peu im­porte : ils font le show. L’ef­fet co­mique est ren­for­cé par un dou­blage en « voice over » (« voix su­per­po­sée » en fran­çais), et non pas en syn­chro­ni­sa­tion la­biale, pour des rai­sons de bud­get (lire ci-contre).

Les gros bras an­glo-saxons ont la cote : de­puis mi-mai, C Star et 6ter ont mi­sé sur « Sto­rage Wars » toute la soi­rée. « Ça passe ou ça casse ? » Pour l’ins­tant, ça passe, avec 230 000 spec­ta­teurs (2 % de part d’au­dience) en deuxième par­tie de soi­rée sur C Star le sa­me­di, et 300 000 spec­ta­teurs sur 6ter le mer­cre­di.

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NE SAIT JA­MAIS CE QUI VA FRAN­CHIR LA PORTE, ET C’EST CE CÔ­TÉ IN­AT­TEN­DU QUE JE TROUVE IN­TÉ­RES­SANT VINCENT, UN ADEPTE DES ÉMIS­SIONS D’EN­CHÈRES

Pas ti­bu­laires mais presque : Rick, Ri­chard, dit le Vieux, Co­rey et Chum­lee Har­ri­son, prê­teurs sur gages à Las Ve­gas, sont les ve­dettes de « Pawn Stars », dif­fu­sé sur CS­tar.

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