Quand Ibra­him Maa­louf ré­veille « une ville pai­sible »

Ini­tiée par le trom­pet­tiste qui a gran­di dans la com­mune, la 3e édi­tion du fes­ti­val de jazz m’IMPRO­vise se dé­roule ce week-end au théâtre à l’ita­lienne qu’il af­fec­tionne.

Le Parisien (Essonne) - - Essonne - PAR MA­RIE-CHAR­LOTTE DUTHEIL @LePa­ri­sien_91

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LE MO­MENT, LES AR­TISTES AC­CEPTENT DE VE­NIR PARCE QUE JE LES CONNAIS PER­SON­NEL­LE­MENT ”

Il a long­temps hé­si­té sur le lieu où im­plan­ter sa ma­ni­fes­ta­tion, puis a fi­ni par se rendre à l’évi­dence. Il n’y au­rait pas de meilleur en­droit qu’Etampes pour ce­la. Dès ce soir et jus­qu’à la fin du week-end, le trom­pet­tiste Ibra­him Maa­louf or­ga­nise la troi­sième édi­tion de son fes­ti­val m’IMPRO­vise, dé­dié au pia­no et à l’im­pro­vi­sa­tion, dans le cadre pri­vi­lé­gié du théâtre de la ville.

Sur scène, se suc­cé­de­ront The Ama­zing keys­tone big band ce soir, le pia­niste Omar So­sa, en duo avec la chan­teuse et vio­lo­niste Yi­lian Cañi­zares de­main, et le vio­lon­cel­liste Hen­ri De­mar­quette et le pia­niste Tho­mas Enh­co, puis pour ter­mi­ner la chan­teuse Yael Naim di­manche. « Ces ar­tistes sont des poin­tures, ha­bi­tués à se pro­duire dans de très grandes salles, ou à être pro­gram­més dans de gros fes­ti­vals, ana­lyse Ibra­him Maa­louf. Avoir la pos­si­bi­li­té de les ap­plau­dir dans un cadre aus­si in­ti­miste consti­tue vrai­ment une chance. »

Lui-même a sou­vent rê­vé de mon­ter sur la scène de son théâtre à l’ita­lienne, da­tant du XIXe siècle. « C’est vrai que je l’aime beau­coup, et que j’ai pas­sé mon en­fance à ja­lou­ser ceux qui y créaient des spec­tacles », s’amuse-t-il. D’où l’idée d’y créer son propre évé­ne­ment cultu­rel au­tour du pia­no, en par­te­na­riat avec l’école de musique Pian’Arte, lan­cée par sa mère, il y a vingt ans, à Etampes.

Car si Ibra­him Maa­louf est né au Li­ban, il n’en est pas moins un pur pro­duit du sud Es­sonne, où il a vé­cu jus­qu’à l’âge de 17 ans, et où il est re­ve­nu il y a une di­zaine d’an­nées. « Je n’au­rais ja­mais ima­gi­né ce­la lorsque j’en suis par­ti pour faire mes études, mais j’ha­bite juste à cô­té d’Etampes, confirme-t-il. C’est une ville pai­sible, avec un fort po­ten­tiel, mais où l’ac­ti­vi­té n’est pas fo­folle. » C’est dans l’es­poir de la sor­tir de son en­gour­dis­se­ment, et « d’in­ci­ter les gens à sor­tir de chez eux » qu’il a ini­tié m’IMPRO­vise, qu’il fi­nance qua­si­ment in­té­gra­le­ment sur ses fonds propres.

« Pour le mo­ment, les ar­tistes qui y sont pro­gram­més ac­ceptent de ve­nir parce que je les connais per­son­nel­le­ment, et qu’ils me font une fleur. Dans quelques an­nées, j’es­père que c’est la no­to­rié­té de la ma­ni­fes­ta­tion qui les convain­cra de se dé­pla­cer, com­mente Ibra­him Maa­louf. Pour ce­la, en­core faut-il que le pu­blic soit au ren­dez­vous, et qu’une qua­trième édi­tion voit le jour. »

Le trom­pet­tiste Ibra­him Maa­louf réunit sur scène plu­sieurs poin­tures du pia­no, telles qu’Omar So­sa, mais aus­si la chan­teuse Yael Naim.

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