Roué de coups pour avoir dé­non­cé les dea­lers

Ils oc­cu­paient le hall d’un im­meuble. Ce père de fa­mille en a eu as­sez et a com­po­sé le 17. En re­pré­sailles, il a vio­lem­ment été agres­sé.

Le Parisien (Essonne) - - Votre Département - PAR FLO­RIAN LOISY UNE SOURCE PROCHE DU DOS­SIER

LA LOI DU SI­LENCE dic­tée par le plus fort. L’omer­ta. Dans les quar­tiers dif­fi­ciles, pour évi­ter les en­nuis, les ha­bi­tants pré­fèrent sou­vent se taire face aux quelques jeunes qui per­turbent leur quo­ti­dien. Mais un père de fa­mille vi­vant dans la ré­si­dence du Bos­quet, aux Ulis, a choi­si au contraire d’agir. Il a été frap­pé en re­pré­sailles. L’au­teur pré­su­mé des coups a été in­ter­pel­lé.

Un peu avant 21 heures, mer­cre­di, aux Ulis, plu­sieurs jeunes oc­cupent un hall. « Ils font du bruit, em­pêchent les ha­bi­tants de pas­ser tran­quille­ment », in­dique une source proche du dos­sier.

Un ri­ve­rain, qui a une vue di­recte sur ce pe­tit groupe, dé­cide d’ap­pe­ler la po­lice après les avoir vus échan­ger des sa­chets contre de l’ar­gent. A leur ar­ri­vée, les forces de l’ordre ne voient plus per­sonne. Les pro­ta­go­nistes ont fui quelques ins­tants plus tôt. Les fonc­tion­naires ef­fec­tuent une ronde, puis re­partent. Le groupe re­vient alors au même en­droit. Mais l’un d’eux, qui a des soup­çons sur ce­lui qui les a dé­non­cés, sonne au do­mi­cile du père de fa­mille qui a ef­fec­ti­ve­ment com­po­sé le 17 quelques ins­tants plus tôt sur son té­lé­phone.

ÉTRANGLÉ ET FRAP­PÉ DE­VANT SES EN­FANTS

« Il lui a clai­re­ment re­pro­ché l’intervention po­li­cière », re­prend une source proche du dos­sier. Après l’avoir me­na­cé de mort s’ils ne les lais­saient pas dea­ler tran­quille­ment, le jeune homme est en­tré dans l’ap­par­te­ment, a étranglé, puis traî­né sur le sol cet ha­bi­tant, avant de lui don­ner plu­sieurs coups de­vant ses en­fants.

Mal­gré les me­naces, le risque pour sa fa­mille et les coups re­çus, le père de fa­mille brise à nou­veau l’omer­ta et donne une des­crip­tion de son agres­seur aux po­li­ciers. Les agents re­viennent donc au Bos­quet et re­trouvent l’au­teur pré­su­mé des vio­lences. Dé­jà connu pour trafic de stu­pé­fiant, cet homme âgé de 30 ans et vi­vant dans le sec­teur a été pla­cé en garde à vue au com­mis­sa­riat des Ulis, uni­que­ment pour les coups, car au­cune sub­stance illi­cite n’a été trou­vée sur lui.

“CONTAC­TER

LA PO­LICE PEUT PER­METTRE D’IN­VER­SER LA SI­TUA­TION

« Ces oc­cu­pa­tions agres­sives de hall troublent la vie des gens qui ré­sident dans ces quar­tiers, in­dique une source proche de l’en­quête. Et seule la ca­pa­ci­té des ha­bi­tants et des bailleurs à se mo­bi­li­ser et à contac­ter la po­lice peut per­mettre d’in­ver­ser la si­tua­tion. »

La vic­time quant à elle ne s’est pas en­core vu dé­cer­ner d’ITT car elle n’a pas en­core dé­po­sé plainte. « Mais son ac­tion, comme celle des autres ri­ve­rains est es­sen­tielle », re­prend cette même source.

La ré­si­dence des Bos­quets aux Ulis est le théâtre de tra­fics de stu­pé­fiants.

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