Plon­gez dans les bains de Bu­da­pest

Ré­pu­tée pour ses bains ther­maux, la ca­pi­tale hon­groise s’avère idéale pour un court sé­jour à l’au­tomne. Et après la bai­gnade, res­tons sur l’eau, avec une croi­sière sur le Da­nube.

Le Parisien (Hauts de Seine) - - LA UNE - DE NOTRE EN­VOYÉE SPÉ­CIALE À BU­DA­PEST (HONGRIE) ANISSA HAMMADI

Quelque part dans les col­lines du Pi­lis, au nord de Bu­da­pest, les mar­cheurs at­ten­tifs peuvent en­tendre battre le coeur de la Terre. C’est du moins ce que ra­conte la lé­gende. Car, après deux heures de ran­don­née au mi­lieu du mas­sif, on per­çoit seule­ment le tam­bou­ri­nage d’un pi­vert et la pal­pi­ta­tion de notre coeur à nous. Mais une chose est sûre : la fine épais­seur de l’écorce ter­restre for­mant le bas­sin des Car­pates offre à la Hongrie une flo­pée de sources d’eaux ther­males. Rien qu’à Bu­da­pest, la ca­pi­tale, on en compte 123.

Ré­mi­nis­cence de l’époque ro­maine et de l’oc­cu­pa­tion ot­to­mane, les bains font par­tie du quo­ti­dien des Hon­grois. Plus qu’un es­pace de bie­nêtre, ce sont de vé­ri­tables lieux de vie : « On y vient pour soi­gner ses maux, mais aus­si se dé­tendre, dis­cu­ter, faire la fête, et même jouer aux échecs », énu­mère Ani­ko, notre guide. Tout dé­pend de l’éta­blis­se­ment ; cha­cun a son propre style.

Construits en 1918 dans un style Art nou­veau, les my­thiques bains Gel­lert sont les plus spa­cieux et les plus lu­mi­neux. Comme la plu­part des thermes, ils se si­tuent cô­té Bu­da (« eau », en slave), sur la rive droite du Da­nube. Sous les im­menses ver­rières, ad­mi­rez les co­lonnes à la ro­maine au­tour de la pis­cine, et la belle mo­saïque bleue sur les murs, illu­mi­née par des taches de lu­mière.

UNE EAU SULFUREUSE, EX­CEL­LENTE POUR LES RHUMATISMES

« Ve­nez plu­tôt le ma­tin, quand il n’y a pas trop de monde : vous pour­rez faire quelques brasses dans les bas­sins d’eau à 36 et 40 », conseille un res­pon­sable. Le luxe ! Un peu plus au nord, tou­jours à Bu­da, on change com­plè­te­ment d’am­biance aux bains Lu­kacs. Beau­coup plus an­ciens que les Gel­lert — leur construc­tion re­mon­te­rait à l’époque des croi­sades, entre les XIe et XIIIe siècles —, ils sont aus­si beau­coup plus exi­gus. Ici, on joue des coudes avec ses voi­sins, sou­vent hon­grois. Dif­fi­cile à trou­ver et un peu ex­cen­tré, les Lu­kacs n’at­tirent pas foule de tou­ristes. Mal­gré la pro­mis­cui­té, on aime son charme désuet, son tout pe­tit ham­mam aux va­peurs denses, son dé­dale de pièces sombres et de re­coins pro­pice aux confi­dences. On com­prend mieux pour­quoi ces bains-là étaient les fa­vo­ris du pa­cha Mous­ta­fa, du temps de la do­mi­na­tion ot­to­mane (presque cent soixante ans, entre 1541 et 1699).

De l’autre cô­té du Da­nube, on peut aus­si se bai­gner dans les eaux bouillantes de Pest (« feu » en vieux hon­grois). Le quar­tier n’est pas ré­pu­té pour ses sources ther­males, mais il abrite tout de même l’un des plus grands centres bal­néaires d’Eu­rope, les bains Sze­che­nyi. Là en­core, le dé­cor en met plein la vue : entre les sculp­tures et les pein­tures sur la cou­pole, on a presque l’im­pres­sion de pé­né­trer dans un pres­ti­gieux mu­sée. En jour­née, lo­caux et tou­ristes viennent pro­fi­ter de son eau sulfureuse, ex­cel­lente pour les rhumatismes. Le sa­me­di soir, les bains se trans­forment en boîte de nuit géante où il n’y a pas que l’eau ther­male qui coule à flots. A la nuit tom­bée, Pest mé­rite bien son nom : l’am­biance de­vient, elle aus­si, sulfureuse et bouillante !

oC.

Bu­da­pest (Hongrie). Les thermes de Sze­che­nyi en mettent plein la vue : entre les sculp­tures et les pein­tures sur la cou­pole, on a presque l’im­pres­sion de pé­né­trer dans un pres­ti­gieux mu­sée. La tem­pé­ra­ture des bains est au­tour de 37

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