« Le rythme fa­mi­lial a chan­gé »

Dr Syl­vie Royant-Pa­ro­la, psy­chiatre

Le Parisien (Hauts de Seine) - - FAIT DU JOUR - PROPOS RECUEILLIS PAR C.M.

PRÉ­SI­DENTE du Ré­seau Mor­phée, consa­cré aux troubles du som­meil et à leur prise en charge, la psy­chiatre Syl­vie RoyantPa­ro­la tire la son­nette d’alarme sur l’in­suf­fi­sance de som­meil chez les en­fants qui n’est pas sans consé­quences.

Pour quelle rai­son les en­fants dorment-ils moins qu’avant ?

Dr SYL­VIE ROYANT-PA­RO­LA. Les pa­rents rentrent plus tard du tra­vail et font da­van­tage par­ti­ci­per les en­fants à la vie de fa­mille, qu’ils soient en ma­ter­nelle ou en pri­maire. Du coup, cer­tains en­fants se couchent à 22 heures ou 22 h 30. Le rythme fa­mi­lial a chan­gé. Et pa­ra­doxa­le­ment, ce sont les pa­rents les plus in­ves­tis qui ont cette at­ti­tude. Ils veulent pro­fi­ter de leurs pe­tits et se disent qu’en les le­vant plus tard, ils com­pen­se­ront en termes de du­rée. Or, c’est faux et nous consta­tons un énorme pro­blème de ré­duc­tion du temps som­meil.

Il faut donc prio­ri­ser le som­meil ?

Oui. Les en­fants ne sont pas des adultes en mi­nia­ture. Ils ont des be­soins propres. Jus­qu’à 10 ans, c’est au moins dix heures de som­meil par nuit. Si l’un des pa­rents manque à l’ap­pel au mo­ment du cou­cher, il faut ac­cep­ter que l’un d’eux le fasse seul. Un jour, c’est plu­tôt pa­pa, un autre, c’est ma­man. C’est im­por­tant que l’un d’eux soit pré­sent pour les sé­cu­ri­ser avant l’en­dor­mis­se­ment, pour qu’il n’y ait pas d’an­goisse. Après, si une ba­by-sit­ter le fait une fois de temps en temps, ce n’est pas grave non plus.

Quid des fa­milles mo­no­pa­ren­tales ?

C’est un fait, c’est plus dif­fi­cile dans ce cas. Mais rien n’em­pêche le pa­rent de faire un bi­sou à son en­fant en cours de route, lors­qu’il est dé­jà cou­ché, ou un pe­tit câ­lin qui dure deux mi­nutes.

Quelles sont les consé­quences de cette ré­duc­tion du temps de som­meil ?

Outre la fa­tigue en classe qui en­traîne une perte d’at­ten­tion, nous re­mar­quons qu’une part crois­sante des diag­nos­tics d’hy­per­ac­ti­vi­té est due à cette in­suf­fi­sance de som­meil. Les en­fants sont dis­si­pés, ont du mal à se concen­trer sur une tâche… Une dette de som­meil aug­mente éga­le­ment le risque d’obé­si­té chez l’en­fant. Elle en­traîne en ef­fet une per­tur­ba­tion des hor­mones de ré­gu­la­tion de la faim et de la sa­tié­té. Nous sommes aujourd’hui très bien do­cu­men­tés là­des­sus. L’im­por­tant n’est pas tant de lais­ser dor­mir les en­fants, il faut les cou­cher tôt, et ce tous les jours.

“LES PA­RENTS VEULENT PRO­FI­TER DE LEURS PE­TITS

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