Un pré­sident du PSG fra­gi­li­sé

Le Parisien (Hauts de Seine) - - SPORTS - F.G.

LA PRO­CÉ­DURE ou­verte par la jus­tice suisse est in­con­tes­ta­ble­ment un coup dur pour Nas­ser Al-Khe­laï­fi. Quelle que soit l’is­sue de cette ac­tion ju­di­ciaire, elle jette une ombre sur la ré­pu­ta­tion sans tache du di­ri­geant qa­ta­rien et fra­gi­lise la po­si­tion du pré­sident du PSG en France mais aus­si dans le concert eu­ro­péen.

Pour le mo­ment, le Qa­ta­rien est pré­su­mé in­no­cent et n’est pas me­na­cé dans ses fonc­tions de di­ri­geant nu­mé­ro un du club de la ca­pi­tale. Do­ha n’a pas pré­vu de se pas­ser de ce­lui qui tient les rênes du PSG de­puis le ra­chat, en 2011, et du groupe BeIN. Et lui n’a pas pré­vu de dé­mis­sion­ner. En France, le pa­tron du club pa­ri­sien a su se faire ac­cep­ter du mi­lieu du foot­ball et du monde po­li­tique. Il fait no­tam­ment par­tie du con­seil d’ad­mi­nis­tra­tion de la Ligue de foot­ball pro­fes­sion­nel et, avec BeIN Sports, la chaîne qu’il di­rige (voir ci­contre), il est un des bailleurs de fonds des clubs hexa­go­naux à tra­vers les droits té­lé­vi­suels (186,5 M€ par an pour la L 1 et la L 2 jus­qu’en 2020). Il en­tre­tient éga­le­ment des re­la­tions ami­cales et construc­tives avec Anne Hi­dal­go, la maire de Pa­ris.

Mais, mal­gré ce poids non né­gli­geable, il a aus­si ses dé­trac­teurs et il cris­tal­lise cer­taines op­po­si­tions. Jean-Mi­chel Au­las, le pré­sident de l’OL, cri­tique ou­ver­te­ment la po­li­tique d’in­ves­tis­se­ment de Qa­tar Sports In­vest­ments, la mai­son mère du PSG, de­puis de longues se­maines. Ré­cem­ment, c’est Noël Le Graët qui dé­cla­rait dans nos co­lonnes com­prendre la « frus­tra­tion » du di­ri­geant lyon­nais et, à de­mi-mot, lais­sait en­tendre qu’il n’était pas un grand fan du mo­dèle éco­no­mique qa­ta­rien.

DÉ­JÀ ESSEULÉ AU SEIN DES GRANDS PA­TRONS DU FOOT­BALL EU­RO­PÉEN

Face aux scep­tiques, Vic­to­ria­no Me­le­ro, le nou­veau se­cré­taire gé­né­ral du PSG, est mon­té au cré­neau, fin sep­tembre lors d’une réunion à la FFF, pour ré­cla­mer plus de so­li­da­ri­té des clubs fran­çais.

Mais c’est au plan con­ti­nen­tal que cette af­faire ju­di­ciaire pour­rait cau- ser le plus de désa­gré­ments au res­pon­sable pa­ri­sien. En ef­fet, ce der­nier fait l’ob­jet, de­puis cet été et le ra­chat de la clause à 222 M€ de Ney­mar sui­vi du spec­ta­cu­laire re­cru­te­ment de Mbap­pé, d’une fronde des prin­ci­paux di­ri­geants des grands clubs eu­ro­péens. Il ne se passe pas une se­maine sans qu’un res­pon­sable al­le­mand ou es­pa­gnol ré­clame des sanc­tions contre le PSG et son di­ri­geant.

Alors qu’il est dé­jà esseulé au sein des grands pa­trons du foot­ball eu­ro­péen, cette af­faire ju­di­ciaire va sans nul doute don­ner du grain à moudre à ses ad­ver­saires dé­cla­rés. D’au­tant qu’elle in­ter­vient dans une sé­quence dé­fa­vo­rable au club pa­ri­sien avec l’ou­ver­ture, le 1er sep­tembre der­nier, d’une « en­quête for­melle » de l’UEFA concer­nant le PSG dans le cadre du fair-play fi­nan­cier. « Re­laxez­vous et pen­sez à votre pro­jet », avait ré­pon­du Nas­ser Al-Khe­laï­fi quelques jours plus tard dans une in­ter­view au « Te­le­graph ». On doute fort qu’il tienne exac­te­ment les mêmes pro­pos au­jourd’hui.

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