Les Bleus vont-ils ga­gner la Coupe du monde ?

FOOT­BALL Mon­dial 2018 Alors qu’ils dé­fient les Al­le­mands en ami­cal, les joueurs de Des­champs semblent ar­més pour ins­crire leur nom au pal­ma­rès.

Le Parisien (Hauts de Seine) - - SPORTS - PAR BERTRANDMÉTAYER

sou­vent la route d’un cham­pion du monde en titre. Les Bleus en ont l’oc­ca­sion ce soir à Co­logne et pour­ront me­su­rer le tra­vail à ac­com­plir pour es­pé­rer s’em­pa­rer du trône du tsar le 15 juillet à Mos­cou. Car si les Bleus ont été sor­tis en quart de fi­nale du Mon­dial bré­si­lien par les fu­turs cham­pions du monde, ils ont, quatre ans plus tard, l’étoffe pour bri­guer un deuxième sacre pla­né­taire. « La France fait par­tie des fa­vo­ris avec le Bré­sil, l’Al­le­magne et l’Es­pagne, es­time le cham­pion du monde et d’Eu­rope Ro­bert Pires. Cette gé­né­ra­tion a énor­mé­ment de ta­lents. Reste à Des­champs à trans­mettre le bon mes­sage. Car lui sait mieux que qui­conque à quel point ga­gner une Coupe du monde est dif­fi­cile. »

UNE GÉ­NÉ­RA­TION EX­CEP­TION­NELLE

La France n’a ja­mais ga­gné le moindre tro­phée sans Mi­chel Pla­ti­ni ou Zi­né­dine Zi­dane. L’ab­sence d’une fi­gure tu­té­laire de cette di­men­sion ne semble pour­tant pas pe­ser sur une gé­né­ra­tion où la res­pon­sa­bi­li­té est ame­née à être par­ta­gée. Les Bleus peuvent sur­tout s’ap­puyer sur un groupe où le ta­lent a la par­ti­cu­la­ri­té d’être ho­mo­gène. Hor­mis pour ses dé­fen­seurs la­té­raux, l’équipe de France peut se van­ter de pos­sé­der à chaque poste des joueurs ti­tu­laires dans des grands clubs eu­ro­péens. Dans la cage, Llo­ris a pris une nou­velle di­men­sion à Tot­ten­ham et peut s’ap­puyer sur des dé­fen­seurs cen­traux tels Va­rane (Real Ma­drid), Um­ti­ti (FC Bar­ce­lone) ou Kos­ciel­ny (Ar­se­nal). Au mi­lieu, la ba­taille est fé­roce pour se faire une place entre Pog­ba (Man­ches­ter Uni­ted), Ma­tui­di (Ju­ven­tus), Kan­té (Chel­sea) ou Ra­biot (PSG). Du cô­té de l’at­taque, c’est plé­tho­rique et choi­sir entre Griez­mann (At­lé­ti­co Ma­drid), Dem­bé­lé (FC Bar­ce­lone), Mbap­pé (PSG), Co­man (Bayern Mu­nich), Mar­tial (Man­ches­ter Uni­ted), Le­mar (Mo­na­co) ou Fe­kir (Lyon) re­lève du casse-tête. « Le coach a des choix dif­fi­ciles et c’est tant mieux, sou­rit Ra­phaël Va­rane. Des jeunes sont par­tis tôt dans des gros clubs et s’y im­posent. Cette réus­site doit ser­vir l’équipe. »

UNE EX­PÉ­RIENCE EN HAUSSE

La jeu­nesse do­rée fran­çaise est l’une de ses armes mais aus­si un leurre. Les Bleus de 2017 n’en sont plus. L’équipe type de Di­dier Des­champs flirte avec les 500 sé­lec­tions cu­mu­lées. Un tiers des joueurs pré­sents au Bré­sil en 2014 sont tou­jours dans le groupe, plus de la moi­tié ont par­ti­ci­pé à l’Eu­ro 2016. Un par­cours conclu par une fi­nale per- due contre le Por­tu­gal (0-1 a.p.) qui a frus­tré le pays mais en­dur­ci le groupe tri­co­lore. De­puis, les Fran­çais ont cu­mu­lé avec leurs clubs les titres. Suf­fi­sant pour pré­tendre au sacre ? « Le ni­veau in­ter­na­tio­nal de­mande du temps, rap­pelle Des­champs. L’Al­le­magne a une his­toire com­mune qui re­monte à 2006, voire 2004, et ils n’ont ga­gné le Mon­dial qu’en 2014. On est en­core en dé­fi­cit à ce ni­veau-là avec beau­coup de jeunes joueurs. » « Il faut du ta­lent mais ce­la ne suf­fit pas, pour­suit Ro­bert Pi­rès. Je trouve que cette équipe manque de cadres ca­pables de te­nir le cap lorsque ça va moins bien. C’est dans le dur que les grands joueurs dé­couvrent leur vrai vi­sage. »

UNE ÉQUIPE QUI COM­MENCE À FAIRE PEUR

« Des­champs va de­voir bien les pré­pa­rer car la pres­sion ne va pas du tout être la même… » Fi­gu­rer par­mi les fa­vo­ris de la Coupe du monde peut être un piège pré­vient Pires. Des­champs le sait et fait tout pour dé­col­ler l’éti­quette qu’on ne cesse d’ap­po­ser dans le dos des Bleus. Y com­pris leurs fu­turs ad­ver­saires. Leo Mes­si, la star de l’Ar­gen­tine, ou Tite, le sé­lec­tion­neur du Bré­sil, ont ain­si pla­cé, il y a quelques jours, la France par­mi les can­di­dats au titre. Un sta­tut de fa­vo­ri que les Fran­çais ont eu du mal à as­su­mer en fi­nale de l’Eu­ro. « C’est vrai, mais le suc­cès face à l’Al­le­magne en de­mie (2-0) a aus­si per­mis à cette équipe de gran­dir à un mo­ment où per­sonne ne la croyait ca­pable de ga­gner, rap­pelle Pires. Aux yeux des autres sé­lec­tions, nous sommes forts et c’est im­por­tant. Je ne dis pas que les autres équipes ont peur mais elles nous craignent. Ce­la fait une grosse dif­fé­rence. »

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