Le PSG s’im­plante en Ara­bie saou­dite

Le club pa­ri­sien, fi­nan­cé à 100 % par le Qa­tar, a ou­vert une aca­dé­mie de foot­ball en Ara­bie saou­dite. Tout un sym­bole : les deux pays ont rom­pu toutes re­la­tions di­plo­ma­tiques en juin 2017.

Le Parisien (Hauts de Seine) - - SPORTS - PAR SÉ­BAS­TIEN NIE­TO

De source in­terne au club, c’est l’un des pro­jets les plus en­thou­sias­mants des pro­chains mois. Le Pa­ris Saint-Ger­main, contrô­lé à 100 % par QSI (Qa­tar Sports In­vest­ments), a po­sé les bases d’une aca­dé­mie de foot­ball en Ara­bie saou­dite à l’au­tomne 2017. Et sou­haite ac­croître cette im­plan­ta­tion en bé­né­fi­ciant de ses propres ins­tal­la­tions à par­tir de dé­but 2019. « C’est au­da­cieux et c’est un vrai pied de nez sur le plan di­plo­ma­tique », s’ex­clame Cla­rence Ro­dri­guez, jour­na­liste cor­res­pon­dante ba­sée en Ara­bie saou- dite de 2005 à 2017. De­puis le 5 juin 2017, les re­la­tions entre le Qa­tar et son voi­sin sont rom­pues. Avec des soup­çons de fi­nan­ce­ment du ter­ro­risme en toile de fond de la crise di­plo­ma­tique.

Au PSG, le sym­bole que re­pré­sente cette aca­dé­mie plaît. Di­manche der­nier, les jeunes filles et gar­çons de l’école saou­dienne ont fou­lé les ter­rains du Centre na­tio­nal du foot­ball fran­çais, à Clai­re­fon­taine (Yve­lines). In­vi­tés à par­ti­ci­per aux fi­nales de l’Aca­de­my Cup, comme les autres aca­dé­mies in­ter­na­tio­nales du club fran­çais. C’est là que nous avons ren­con­tré La­mine Dial­lo, ins­ti­ga­teur du pro­jet pa­ri­sien à Djed­dah, ville si­tuée au bord de la mer Rouge, col­lée à Mecque. Le Fran­çais, sa­la­rié du PSG à Du­baï pen­dant quatre ans, sou­haite y cons­truire un vé­ri­table co­con pa­ri­sien. Son équipe, éga­le­ment com­po­sée de Ta­har Ben Romd­hane, di­rec­teur tech­nique pas­sé no­tam­ment par le Pa­ris FC, bé­né­fi­cie des ins­tal­la­tions de l’école amé­ri­caine de Djed­dah. Mais am­bi­tionne donc de pos­sé­der sa propre struc­ture.

OU­VERT AUX FILLES

« Nous vou­lons créer un réel pro­gramme spor­tif et édu­ca­tif, confie La­mine Dial­lo. Avec du sou­tien sco­laire, des cours de fran­çais. L’Ara­bie saou­dite est le seul pays de la ré­gion à avoir une po­pu­la­tion com­po­sée de très riches et de pauvres. C’est aus­si un dé­fi de mé­lan­ger des en­fants mil­lion­naires et ceux qui ont moins de moyens. » Comme pour ses autres aca­dé­mies, le PSG ne se contente pas d’ap­po­ser son lo­go et de dis­tri­buer quelques cha­subles. « Le but est de faire sor­tir les ga­mins de leur co­con, pour­suit La­mine Dial­lo. Il faut leur don­ner le goût de l’ef­fort, d’un sport col­lec­tif. Ce n’est pas tou­jours simple de faire face aux réac­tions de cer­tains pa­rents mais, quand ils com­prennent que c’est pour le bien des en­fants, tout se passe bien. »

Au­jourd’hui, 150 en­fants sont ins­crits dans cette école de foot­ball, moyen­nant en­vi­ron 500 € l’ins­crip­tion an­nuelle. Le PSG re­garde aus­si du cô­té des jeunes filles afin de dé­veLa

lop­per la pra­tique du foot fé­mi­nin. « Le sport est obli­ga­toire pour tous à l’école de­puis quelques mois, ex­plique Cla­rence Ro­dri­guez, au­teur du livre Ara­bie saou­dite 3.0 : Pa­roles de

la jeu­nesse saou­dienne. Ce n’est pas en­core dans les moeurs mais une fille peut dé­sor­mais pra­ti­quer un sport en pu­blic. » « Les men­ta­li­tés changent, confirme La­mine Dial­lo, ins­tal­lé sur place avec femme et en­fants. Le pays s’ouvre au monde et plein de jeunes filles ont en­vie de jouer au foot­ball. » Si le plan se dé­roule sans ac­croc, l’aca­dé­mie PSG s’ins­tal­le­ra dans ses propres lo­caux à l’hi­ver 2019. D’ici là, le Qa­tar et l’Ara­bie saou­dite au­ront peut-être fait évo­luer leur po­si­tion.

Do­ha (Qa­tar), en 2012. Le prince qa­ta­rien Al-Tha­ni ici au cô­té de Nas­ser Al-Khe­laï­fi, compte-t-il sur le foot pour ré­chauf­fer les re­la­tions entre le Qa­tar et l’Ara­bie saou­dite ?

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