La Na­sa re­part cher­cher des pla­nètes ha­bi­tables

Le té­les­cope amé­ri­cain Tess, dont le dé­part est pré­vu de­main, doit nous per­mettre de sa­voir si une vie ex­tra­ter­restre existe. Fou…

Le Parisien (Hauts de Seine) - - LA UNE - PAR ALINE GÉ­RARD

« Y A QUEL­QU’UN ? » A Tess*, le nou­veau té­les­cope spa­tial de la Na­sa de nous mettre sur la piste ! Il n’est pas plus grand qu’une grosse mo­to. Mais qui sait ? Ce pe­tit en­gin de 350 kg, dont le lan­ce­ment, d’abord pré­vu la nuit der­nière, a été re­por­té à de­main pour « me­ner des ana­lyses sup­plé­men­taires », se­ra peut-être à l’ori­gine de la grande nou­velle : l’exis­tence d’une vie ex­tra­ter­restre ! De­puis plus de vingt ans, la chasse aux exo­pla­nètes — ces pla­nètes si­tuées en de­hors de notre sys­tème so­laire — est ou­verte. Avec comme but ul­time : trou­ver celles ha­bi­tables, sus­cep­tibles d’abri­ter ou de don­ner nais­sance à la vie.

Pour l’ins­tant, en dé­pit des su­perbes images et des an­nonces hol­ly­woo­diennes de la Na­sa, rien ! Rap­pe­lez-vous, Ke­pler-452b, cette su­per-Terre dé­tec­tée en juillet 2015. Pré­sen­tée alors comme notre ju­melle, elle avait l’al­lure d’un pa­ra­dis, avec son at­mo­sphère trans­pa­rente, ses eaux bleu­tées. Trois ans après, « la perle » est re­tom­bée dans l’ou­bli, faute de pou­voir être ana­ly­sée, car bien trop loin­taine…

À LA RE­CHERCHE D’ÉTOILES « PROCHES »

Trou­ver des pé­pites mais plus proches de nous, c’est le but de Tess, qui va prendre la re­lève de Ke­pler, à l’ago­nie faute de car­bu­rant. « A la dif­fé­rence de Ke­pler qui dé­tec­tait l’éclat de lu­mière d’une étoile si­tuée jus­qu’à 3 000 an­nées-lu­mière, Tess va se concen­trer sur des pla­nètes moins loin­taines évo­luant au­tour de 200 an­nées­lu­mière, ex­plique l’exo­bio­lo­giste Mi­chel Vi­so. On pour­ra comme ce­la les étu­dier beau­coup plus en dé­tail, connaître leur masse, pis­ter leur at­mo­sphère éven­tuelle », pour­suit l’ex­pert du Cnes (Centre na­tio­nal d’études spa­tiales). Quitte à ce que les té­les­copes au sol prennent le re­lais.

Et là où Ke­pler ne re­gar­dait que le fin fond du bout de la rue, gar­dant son ob­jec­tif bra­qué dans la seule di­rec­tion de la cons­tel­la­tion du Cygne, Tess, avec ses quatre ca­mé­ras, ob­ser­ve­ra pen­dant deux ans le spec­tacle à 360 de­grés, cou­vrant une zone 350 fois plus vaste, dans la proche ban­lieue de notre ga­laxie, même s’il fau­drait tout de même un voyage de quelque 2 mil­lions d’an­nées en fu­sée pour s’y rendre…

Tess va-t-il af­fo­ler les comp­teurs avec ses dé­cou­vertes ? Lan­cé en mars 2009 de­puis la Flo­ride, Ke­pler s’est ré­vé­lé un vrai sta­kha­no­viste, fai­sant bas­cu­ler la re­cherche d’exo­pla­nètes à une échelle qua­si in­dus­trielle. « Il a fait une très belle mis­sion puisque, sur les quelque 3 758 exo­pla­nètes confir­mées à ce jour, on en doit 2 300 à lui tout seul », pré­cise Vincent Coudé du Foresto, astronome à l’Ob­ser­va­toire de Pa­ris. Si cette mois­son du ciel a per­mis de dé­cou­vrir l’in­croyable di­ver­si­té des sys­tèmes pla­né­taires, elle s’est ré­vé­lée, pour l’ins­tant, sans len­de­main.

« Il y a vingt-cinq ans, on cher­chait une terre ju­melle car on n’avait qu’un seul exemple de sys­tème planétaire : le nôtre. Avec Ke­pler, en a trou­vé 1 632, ex­plique l’astronome. Au­jourd’hui donc, au lieu de cher­cher notre double, on voit plus large : qu’est-ce qui fait qu’une pla­nète peut être qua­li­fiée d’ha­bi­table ou pas ? On cherche. »

Une pla­nète doit-elle être do­tée d’une at­mo­sphère pour don­ner la vie ? Peut-elle avoir plu­sieurs étoiles, comme Ta­tooine, d’où Luke Sky­wal­ker contemple, dans « Star Wars », un double cou­cher de so­leil ? Tess nous per­met­tra de com­prendre. Il fe­ra aus­si la courte échelle à ses fu­turs com­pa­gnons de route : Cheops (ESA-Suisse) qui, dès l’an pro­chain, exa­mi­ne­ra en dé­tail des exo­pla­nètes dé­jà connues, et James-Webb, le mé­ga­té­les­cope (Na­sa/ESA-Ca­na­da) qui ira « flai­rer », mi-2020, les plus pro­met­teuses. *Tran­si­ting Exo­pla­net Sur­vey Sa­tel­lite (Sa­tel­lite de re­le­vé d’exo­pla­nètes en tran­sit).

“AU­JOURD’HUI, AU LIEU DE CHER­CHER NOTRE DOUBLE, ON VOIT PLUS LARGE : QU’EST-CE QUI FAIT QU’UNE PLA­NÈTE PEUT ÊTRE QUA­LI­FIÉE D’HA­BI­TABLE OU PAS ? ON CHERCHE. VINCENT COUDÉ DU FORESTO, ASTRONOME

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