Les Her­biers - Cham­bly, une de­mie vrai­ment pas comme les autres

Phi­lippe Ka­te­rine sou­tient Les Her­biers et Fran­cis La­lanne Cham­bly. Ce soir, les deux chan­teurs se­ront à la Beau­joire pour as­sis­ter à la de­mi-fi­nale de la Coupe de France. Et don­ner de la voix.

Le Parisien (Hauts de Seine) - - LA UNE - PRO­POS RE­CUEILLIS PAR VINCENT MELOSCI ET CH­RIS­TOPHE BÉRARD

CHA­CUN SON CAMP. Les Her­biers - Cham­bly, macth entre deux pen­sion­naires du Na­tio­nal, c’est aus­si un duel des bardes entre Fran­cis La­lanne et Phi­lippe Ka­te­rine. Ce der­nier, ven­déen d’ori­gine, a pris fait et cause pour Les Her­biers à tra­vers une chan­son in­ti­tu­lée « 85 Rouge et Noir ». La­lanne, par ami­tié pour Ful­vio Lu­zi, le pré­sident de Cham­bly, a com­po­sé un re­make de son titre « la Mai­son du bon­heur ». Ils se­ront dans les tri­bunes de la Beau­joire ce soir. Pour­quoi vous êtes-vous en­ti­ché des Her­biers et de Cham­bly ?

PHI­LIPPE KA­TE­RINE. Ce doit être ma crise de la cin­quan­taine. En voyant les ex­ploits des Her­biers, plein de choses me sont re­mon­tées à la gueule. Ce qui se passe est un truc his­to­rique qui a fait vi­brer mes ra­cines ven­déennes et rap­pe­lé les mas­sacres de Ven­dée. Dans ma tête, tout s’est mé­lan­gé, et c’est pour­quoi je parle de « peuple mas­sa­cré » dans ma chan­son. Il y a une fer­veur nou­velle au­tour de la Ven­dée.

FRAN­CIS LA­LANNE. J’ai été pré­sident de Fres­noy-le-Grand (NDLR : club du Dis­trict de l’Aisne qu’il a fait mon­ter en CFA en

2011-2012) pen­dant dix ans. J’ai eu des re­la­tions confra­ter­nelles, de res­pect et d’es­time mu­tuels avec Ful­vio Lu­zi. Quand j’ai ap­pris leur qua­li­fi­ca­tion, je lui ai adres­sé mes fé­li­ci­ta­tions. On a évo­qué le bon vieux temps, il m’a dit : « Phi­lippe Ka­trine a fait une chan­son pour en­cou­ra­ger Les Her­biers, tu ne peux pas en écrire une pour nous ? Ça me fe­rait plai­sir. » Il a sou­hai­té une adap­ta­tion de « la Mai­son du bon­heur », sa chan­son pré­fé­rée. Ful­vio est quel­qu’un dont je par­tage les va­leurs. Ce sont ces gens-là qui au­jourd’hui vé­hi­culent les vraies va­leurs du foot­ball. Qu’est-ce qui vous plaît dans le foot ?

P.K. Plein de choses ! Je ne vais pas men­tir : je n’étais ja­mais al­lé au stade de ce club avant le tour­nage du clip au mi­lieu des sup­por­teurs. Mais mé­lan­ger le foot et la Ven­dée d’où ma fa­mille est ori­gi­naire de­puis 1606, c’est for­mi­dable. Là, je me suis ag­glu­ti­né au­tour du pu­blic et j’ai trou­vé ça for­mi­dable. En plus, Les Her­biers pos­sèdent un grand en­traî­neur. Il ira loin ce gars-là.

F.L. Moi, ce qui m’at­tire, c’est la vie as­so­cia­tive, la vie col­lec­tive, le fait qu’on puisse uti­li­ser le foot comme moyen d’édu­quer la jeu­nesse aux belles va­leurs. J’ai gran­di dans un pays (NDLR :

l’Uru­guay) où les en­fants, avant de dire pa­pa ma­man, disent le nom des joueurs. Après, je suis ar­ri­vé à Mar­seille. Mon­te­vi­deo et Mar­seille sont des grandes ci­tés de foot­ball, j’ai été nour­ri au foot. As­sis­te­rez-vous au match ? P.K. Bien sûr. J’ai pré­vu d’al­ler à la Beau­joire. Je ne sais pas en­core où je se­rai ins­tal­lé. Ce se­rait cool d’être dans le vi­rage ven­déen.

F.L. Oui. Ma place est avec les sup­por­teurs. On se­ra 1 500 bleus contre 30 000 rouges, c’est un rap­port de force qui nous convient. J’irai faire du bruit avec cette pe­tite tache bleue. Que pen­sez-vous l’un de l’autre ? F.L. Phi­lippe a toute mon es­time et mon res­pect. Mais il a eu tort dans sa chan­son de faire comme si le match contre Cham­bly n’était qu’une for­ma­li­té, puis­qu’il ne traite que de l’af­fron­te­ment contre le PSG. Il fait l’im­passe sur deux matchs : Caen - PSG, et il vend la peau de Cham­bly avant d’avoir joué. Il ne faut pas vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué sur­tout quand l’ours, c’est Cham­bly. P.K. On s’est croi­sés il y a un an dans un TGV ma­ti­nal. J’étais très nau­séeux et il m’a of­fert une cho­co­la­tine

en fai­sant des ma­nières de cour et en me lan­çant : « Une cho­co­la­tine pour mon­sieur Ka­te­rine ? » C’était dé­li­cieux. Je n’ou­blie­rai ja­mais la cho­co­la­tine de mon­sieur La­lanne ! Que fe­rez-vous si votre club at­teint la fi­nale ?

F.L. J’irai en fi­nale avec Cham­bly. Jus­qu’au bout de cette sai­son, Cham­bly pour­ra comp­ter sur Fran­cis La­lanne. La fi­nale, ça se ga­gne­ra au men­tal. Et au ni­veau men­tal, à Cham­bly, on a ce qu’il faut.

P.K. La Ven­dée n’est ja­mais al­lée au Stade de France. Je peux vous ga­ran­tir qu’une belle odeur de mo­gettes grillées va em­plir SaintDe­nis. Les mo­gettes, ce sont nos ha­ri­cots blancs de Ven­dée. C’est ma ma­de­leine de Proust ! Ce­la vou­dra dire qu’on va en­suite ta­per le PSG. Cette équipe n’au­ra même plus d’en­traî­neur. Elle part à vau-l’eau. Le plus dif­fi­cile, c’est d’al­ler en fi­nale…

Phi­lippe Ka­te­rine Fran­cis La­lanne

Entre l’ex­cen­trique Phi­lippe Ka­te­rine et le sage Fran­cis La­lanne, le duel pro­met d’être épique.

Stade Massabielle (Les Her­biers), le 20 mars. Phi­lippe Ka­te­rine a mo­bi­li­sé les sup­por­teurs ven­déens pour le clip de sa chan­son « 85 Rouge et Noir ».

Stade Du­vau­chelle (Cré­teil), le 3 avril. Fran­cis La­lanne était ve­nu sup­por­ter les Cam­bly­siens lors de leur vic­toire (2-1) en Na­tio­nal face aux Cris­to­liens.

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