POUR­QUOI ON Y CROIT

La 21e Coupe du monde s’ouvre au­jourd’hui en Rus­sie. Em­me­née par une at­taque de rêve, l’équipe de France fait par­tie des fa­vo­ris.

Le Parisien (Hauts de Seine) - - LA UNE - PAR BER­TRAND MÉTAYER AVEC DO­MI­NIQUE SÉVÉRAC À IS­TRA (RUS­SIE)

pour les Bleus ! La Coupe du monde, ils en rêvent de­puis l’en­fance. C’est dé­sor­mais une réa­li­té tan­gible. L’ho­ri­zon n’est pas dé­ga­gé jus­qu’à Mos­cou et la fi­nale du 15 juillet, mais les co­équi­piers d’Hu­go Llo­ris ont le de­voir de croire en leur des­tin. Ce­lui de dé­cro­cher une deuxième étoile, vingt ans après le sacre de 1998. Ils en sont ca­pables. Et on en a tant en­vie. ILS SONT JEUNES ET BONS La France res­semble un peu à une classe bi­be­ron avec un seul dé­fen­seur qui dé­passe les 25 ans (Ra­mi) et une at­taque où Ous­mane Dem­bé­lé (21 ans) et Ky­lian Mbap­pé (19 ans) sont tel­le­ment ra­pides qu’ils n’ont pas en­core eu le temps de pas­ser leur per­mis de conduire. Avec seule­ment cinq tren­te­naires sur 23 joueurs, peu de na­tions ri­va­lisent ques­tion vi­ta­li­té et fraî­cheur. « La jeunesse, ça peut être une force car on peut ap­por­ter de l’in­sou­ciance, as­sure Mbap­pé. L’in­sou­ciance per­met de pen­ser à autre chose quand la pres­sion est pré­sente. » Mais la va­leur n’at­tend point le nombre des an­nées et les Bleus dé­barquent en Rus­sie gui­dés par Va­rane, qui vient de rem­por­ter une troi­sième Ligue des cham­pions de rang avec le Real, et Griez­mann, double bu­teur en fi­nale de la Ligue Eu­ro­pa pour l’At­lé­ti­co de Ma­drid. Huit autres joueurs sont de­ve­nus cham­pions cette sai­son en France, en Ita­lie, en An­gle­terre, en Es­pagne ou en Al­le­magne. Le par­fum de la vic­toire est en­ivrant. Il pour­ra les gui­der jus­qu’à Mos­cou. ILS ONT UNE BELLE COTE D’AMOUR On a vi­bré en 1998 et on ne se lasse pas des hom­mages qui se mul­ti­plient pour com­mé­mo­rer la vic­toire de Saint-De­nis. Mais les moins de 20 ans ont aus­si le droit de vivre ces folles eu­pho­ries es­ti­vales, ces ins­tants de grâce sus­pen­dus où l’on em­brasse des in­con­nus en hur­lant mer­ci Hu­go, Ky­lian ou Na­bil. Et, hon­nê­te­ment, « Gri­zou pré­sident » sur l’Arc de Triomphe, ce­la au­rait aus­si de la gueule. Les cendres de Knys­na sont froides et plus rien ne semble vou­loir bar­rer la route de la gloire aux Bleus. Les son­dages ne cessent d’ailleurs de faire grim­per les courbes de leur cote d’amour au­près des Fran­çais. « On sent les gens der­rière nous, ça nous donne vrai­ment en­vie de tout don­ner pour leur rendre cette confiance, sou­rit Mbap­pé. On ne veut pas tout gâ­cher et faire tout ce qu’il faut pour rendre la France fière. » ILS POS­SÈDENT UNE AT­TAQUE DE FEU « On construit les suc­cès sur la dé­fense… » L’an­tienne est écu­lée mais fonc­tionne tou­jours. In­quié­tant lors­qu’on vient de prendre huit buts en six matchs ? Peut-être. Mais cette fois-ci, l’équipe de France au­ra tou­jours de quoi mettre un but de plus à l’ad­ver­saire. Un autre pon­cif, mais pas que. Griez­mann a le po­ten­tiel d’un Bal­lon d’or mais a le mal­heur d’être né juste après Cris­tia­no Ro­nal­do et Leo Mes­si. Mbap­pé est pro­gram­mé pour leur suc­cé­der et la pla­nète foot­ball sa­live dé­jà des ara­besques du n° 10 tri­co­lore. « Je vou­lais ce nu­mé­ro 10 (NDLR : ce­lui

de Pla­ti­ni et Zi­dane), il était libre et per­sonne à l’ho­ri­zon. Je l’ai pris et je joue avec », mar­tèle le pe­tit gé­nie pa­ri­sien. Les deux com­plices peuvent s’ap­puyer sur Oli­vier Gi­roud, le meilleur bu­teur en ac­ti­vi­té sous le maillot tri­co­lore (31 buts) ou sur Ous­mane Dem­bé­lé, le feu fol­let que Bar­ce­lone a tout fait pour at­ti­rer la sai­son der­nière. Deux styles, deux am­biances mais une forme d’as­su­rance dans l’ef­fi­ca­ci­té. Sur le banc, Des­champs pour­ra en­core comp­ter sur Tho­mas Le­mar, Na­bil Fe­kir ou Flo­rian Thau­vin. Un ar­se­nal sans égal dans la compétition. ILS AVANCENT MASQUÉS Même Di­dier Des­champs le dit. Le Bré­sil, l’Al­le­magne et l’Es­pagne, mal­gré son chan­ge­ment ba­roque d’en­traî­neur, sont les grands fa­vo­ris du Mon­dial. « Ils dé­butent avec l’ob­jec­tif lé­gi­time de ga­gner, glisse le sé­lec­tion­neur. Ces pays ont des joueurs qui sont en place de­puis de longues an­nées et ont l’ha­bi­tude de ces grands tour­nois. » La thèse de l’ex­pé­rience se tient, mais les Bleus res­tent mal­gré tout sur un quart de fi­nale mon­dial per­du face aux fu­turs cham­pions du monde en 2014 et une cruelle dé­faite en fi­nale de l’Eu­ro 2016. Deux es­sais qui mé­ritent d’être trans­for­més. La France af­fi­chait bien moins de cer­ti­tudes il y a vingt ans au mo­ment de se lan­cer vers son graal. On connaît la suite. ILS ONT UN GUIDE NOM­MÉ DES­CHAMPS Les Bleus sont ha­bi­tés par une foi en eux-mêmes qui dé­tonne par rap­port à la langue de bois of­fi­cielle en vi­gueur chez les spor­tifs fran­çais. « Peu im­porte le style ou qui marque, je veux ga­gner cette Coupe du monde », glisse sans dé­tour Griez­mann, boos­té à l’ADN du suc­cès. La Fé­dé­ra­tion fran­çaise a fixé l’ho­ri­zon des de­mi-fi­nales mais, là en­core, il s’agit d’al­lé­ger la va­lise cen­sée les ac­com­pa­gner jus­qu’au bout. Ce réa­lisme est aus­si in­car­né par un Di­dier Des­champs, le plus beau pal­ma­rès du foot­ball fran­çais. Le sé­lec­tion­neur reste le meilleur à ce jour pour trans­mettre un es­prit col­lec­tif et com­pé­ti­tif. Grâce à lui, tous les rêves bleus ap­par­tiennent au champ des possibles.

Votre guide

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pages pour tout sa­voir sur le Mon­dial GUIDE MON­DIAL DU LE CA­LEN­DRIER COM­PLET EN UN COUP D’OEIL LES23 BLEUS LES32 — ÉQUIPES

Thau­vin, Griez­mann, Fe­kir, Mbap­pé.

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