« Il y a la place pour deux grands clubs à Pa­ris »

l’an­cien pi­lier du XV de France, est de re­tour à Pa­ris pour épau­ler Hey­neke Meyer. Nous avons par­ta­gé leur pre­mière soi­rée.

Le Parisien (Hauts de Seine) - - SPORTS - DA­VID OPOCZYNSKI PAR

RUG­BY. Pie­ter De Villiers (à gauche), l’ex-pi­lier du Stade Fran­çais et du XV de France, est de re­tour au sein du club pa­ri­sien où il au­ra la charge de s’oc­cu­per des avants. Il se sent pri­vi­lé­gié d’en être, de nou­veau, un ac­teur.

À LA BRAS­SE­RIE Au mé­tro, dans le XVe ar­ron­dis­se­ment de Pa­ris, Pie­ter De Villiers, l’ex-pi­lier du Stade Fran­çais et du XV de France (70 sé­lec­tions), est comme chez lui. Il ha­bi­tait en face, bou­le­vard Pas­teur, en 1996. Et il est vite tom­bé amou­reux de la cui­sine du Sud-Ouest de Jean-Pierre Mou­rin et de sa femme Ch­ris­tine. Lun­di, De Villiers, 45 ans, est ve­nu pas­ser la soi­rée avec Hey­neke Meyer, le nou­veau di­rec­teur spor­tif du club pa­ri­sien. Il a ac­cep­té le chal­lenge de ve­nir le se­con­der pour s’oc­cu­per des avants. Il nous ex­plique pour­quoi. Vous re­voi­là Au mé­tro, le QG des avants lors de votre époque pa­ri­sienne. Que res­sen­tez-vous ?

PIE­TER DE VILLIERS. J’ai vé­cu pas mal d’an­nées ici à pré­pa­rer et fê­ter beau­coup de vic­toires. On était dans une pé­riode faste avec le Stade à cette époque. J’ai de très bons sou­ve­nirs. Et quand je vois toutes ces pho­tos, ça me fait pen­ser à tous les grands mo­ments qu’on a pas­sés, entre joueurs ou avec les sup­por­teurs. C’est émou­vant ? J’ai quand même pas­sé treize ans de ma vie ici. Je me sens comme à la mai­son, à Pa­ris. Je re­trouve Jean-Pierre (NDLR :

Mou­rin) qui est un ami, Hey­neke (Meyer) avec qui j’ai en­traî­né, et plein de per­sonnes au club que j’ai connues, même si ça fait dix ans que je suis par­ti. C’est ras­su­rant. Pa­ris vous a man­qué ? Euh… Le Cap était bien aus­si. On est une fa­mille plu­tôt de voya­geurs, donc on ne peut pas dire qu’on a pas­sé un mau­vais mo­ment là-bas. Ça a per­mis à mes en­fants de voir autre chose. Mais c’est vrai que j’ar­rive avec beau­coup d’en­thou­siasme. Aviez-vous ima­gi­né re­ve­nir ? Dans ma tête, la France a tou­jours été une op­tion, vu que mes en­fants sont nés ici et que leurs grands-pa­rents ma­ter­nels sont à Rouen. Mais je ne m’at­ten­dais pas à re­ve­nir si vite. Seule­ment, Hey­neke (Meyer) m’a tan­né, tan­né ! Et puis, plu­sieurs choses dans ma vie per­son­nelle ont fait que c’était le meilleur choix. Hey­neke Meyer sou­haite faire du Stade Fran­çais la meilleure équipe du monde dans les trois ans à ve­nir. Ce­la vous parle-t-il ? Hey­neke a tou­jours mis la barre très haut au ni­veau de la per­for- mance. Il pré­pare mi­nu­tieu­se­ment les choses, il aime re­cru­ter les meilleurs. C’est flat­teur qu’il ait pen­sé à moi. Je pense qu’il sait que je connais bien le Stade Fran­çais. Mais oui, il ira cher­cher les meilleurs joueurs. Il est comme ça. Sur le plan hu­main, il mise sur l’es­prit d’équipe et la fier­té d’ap­par­te­nir à un club. Tout ça m’a sé­duit. Quel re­gard por­tez-vous sur l’am­bi­tion de Hans-Pe­ter Wild, le riche pro­prié­taire du club ? C’est une très grande op­por­tu­ni­té. Il n’y a pas un club au monde qui peut avan­cer sans un pro­prié­taire très mo­ti­vé et avec des moyens. On a la chance in­ouïe d’avoir M. Wild. A nous de lui ren­voyer l’as­cen­seur et de faire du club quelque chose dont tous les Pa­ri­siens pour­ront être fiers. Au­jourd’hui, le Ra­cing est peut-être pas­sé un peu de­vant au ni­veau des ré­sul­tats. Mais il y a la place pour deux grands clubs à Pa­ris. Et il est temps que le Stade Fran­çais re­vienne un peu dans la lu­mière. L’épi­sode du pro­jet de fu­sion avec le Ra­cing est aus­si pas­sé par là… Oui, et vous avez vu la co­lère et l’émo­tion que ça a pro­vo­quées chez les anciens joueurs ! Voi­là, on aime ce club, et je me sens pri­vi­lé­gié d’en être de nou­veau un ac­teur. Comment ju­gez-vous le po­ten­tiel de l’équipe ? Tout est al­lé si vite que je n’ai pas en­core toutes les in­fos sur l’ef­fec­tif mais ce n’est pas grave. Il y a des jeunes de qua­li­té, des joueurs d’ex­pé­rience comme Ser­gio Pa­risse avec qui j’ai joué. Je sais que c’est un grand mon­sieur du rug­by. Main­te­nant, il faut ins­tau­rer des va­leurs col­lec­tives aux­quelles tout le monde doit adhé­rer. Il y a une se­maine, le club a aus­si fê­té les 20 ans du titre de 1998. C’est un hé­ri­tage ? Ce­la montre à quel point les anciens tiennent à ce club. Ce sont de tel­le­ment grands sou­ve­nirs. Je n’ai pas eu la chance d’être là mais je sais que les gars se sont amu­sés. Il est temps de construire de nou­veaux sou­ve­nirs. Une nou­velle ère va com­men­cer et on es­père être à la hau­teur des at­tentes de tout le monde.

HEY­NEKE A TOU­JOURS MIS LA BARRE TRÈS HAUT AU NI­VEAU DE LA PER­FOR­MANCE. IL PRÉ­PARE MI­NU­TIEU­SE­MENT LES CHOSES, IL AIME RE­CRU­TER LES MEILLEURS.

Pa­ris (XVe), lun­di. Pie­ter De Villiers

(à gauche) a re­trou­vé Hey­neke Meyer, le di­rec­teur spor­tif du Stade Fran­çais, dans la bras­se­rie Au mé­tro, là même où il avait ses ha­bi­tudes lors­qu’il jouait à Pa­ris.

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